Les comportements liés à la fatigue et à la distraction au volant sont similaires à l’échelle mondiale
Une analyse portant sur plus de 3 millions d’incidents de conduite dangereuse impliquant des camionneurs à travers le monde révèle que le risque de fatigue matinale est universel, tandis que la distraction au volant est davantage observée durant la journée.
Le rapport Guardian Insights de Seeing Machines s’appuie sur les données de 58 476 véhicules issus de 4 516 flottes commerciales dans plusieurs régions du monde. Les 3 millions d’événements répertoriés couvrent plus de 2,2 milliards de milles (3,7 milliards de km) parcourus entre octobre 2024 et septembre 2025. Basée en Australie, Seeing Machines développe une technologie de surveillance de la fatigue et de la distraction des conducteurs.

«Presque toutes les régions ont présenté des profils horaires quotidiens incroyablement similaires pour les cas de fatigue et de distraction», souligne le rapport. «La stabilité de ces tendances offre aux exploitants de flottes une occasion unique de concevoir des interventions ciblées autour des périodes à haut risque connues.»
Fatigue – Un risque prévisible et accentué le week-end
L’analyse conclut que les cas de fatigue atteignent régulièrement leur pic entre 3 h et 5 h du matin, ce qui «souligne la prévisibilité du risque de fatigue lié au rythme circadien».
Les données montrent également un risque accru les samedis et dimanches, possiblement lié à des routines de sommeil irrégulières ou à la pression opérationnelle de la demande en fin de semaine.
«Ces facteurs peuvent aggraver le risque de fatigue, même lorsque le nombre total d’heures de conduite reste dans les limites légales», mentionne le rapport.
Distraction — Plus élevée de jour, en hausse hors téléphones mobiles
La distraction au volant est davantage observée pendant la journée, avec des pics constatés le matin dans la plupart des régions.
Alors que l’usage du téléphone mobile affiche une baisse dans de nombreux marchés, la distraction due à d’autres sources est en progression.
En Amérique du Nord :
- Les incidents de distraction ont augmenté de 37 % ;
- Les distractions liées au téléphone sont en baisse ;
- Les incidents sont les plus fréquents vers 8 h ;
- Ils surviennent davantage durant les mois chauds que froids.
Les incidents liés à la fatigue ont quant à eux diminué de 30 %, avec un pic observé vers 4 h du matin. Le samedi demeure la journée la plus à risque.
Comment les incidents sont-ils définis ?
Seeing Machines classe les événements liés à la fatigue en trois catégories :
- micro-sommeil (fermeture incontrôlée des yeux ou mouvement de tête incontrôlé, détecté sur un seuil de 1,5 s),
- somnolence,
- bâillements.
Les cas de distraction incluent :
- détourner le regard de la route pendant au moins quatre secondes,
- l’utilisation d’un appareil mobile,
- la perte temporaire de contrôle (par exemple, interférence d’un passager ou les deux mains quittant le volant).
« Un seuil de quatre secondes permet d’atteindre un équilibre entre sécurité et expérience de conduite, et cible les comportements distraits qui sont plus susceptibles d’être liés à la conduite », indique le rapport.
Recommandations aux flottes
Seeing Machines recommande aux exploitants de surveiller les périodes critiques, les itinéraires et les conditions opérationnelles qui amplifient la fatigue et la distraction. Ces données peuvent orienter les programmes de formation, soutenir la prévention, et même mener à des ajustements d’horaires afin d’améliorer la sécurité — et potentiellement sauver des vies.
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