Quels sont les facteurs d’accident qui mènent le plus souvent à des verdicts nucléaires?

Avatar photo

Les accidents routiers qui aboutissent à des verdicts particulièrement sévères comportent généralement des facteurs aggravants susceptibles de provoquer une forte réaction émotive chez les jurés.

Les situations où une flotte savait qu’un conducteur présentait des antécédents de conduite problématiques figurent parmi les plus délicates. La distraction au volant, notamment l’utilisation du téléphone cellulaire, ainsi que la fuite après un accident constituent également des signaux d’alarme majeurs, explique Jeremy Goodall, responsable des réclamations en responsabilité civile chez CBCS Inc.

(Photo : iStock)

M. Goodall s’exprimait dans le cadre d’un webinaire organisé par Cottingham & Butler, au cours duquel il a partagé des conseils visant à aider les transporteurs routiers à réduire leur exposition aux verdicts dits « nucléaires ». Il a également rappelé qu’un rapport publié l’an dernier par l’U.S. Chamber of Commerce Institute for Legal Reform et le Brattle Group révèle que chaque augmentation d’un million de dollars des coûts liés à la responsabilité civile entraîne une réduction d’environ 2 millions de dollars du produit intérieur brut.

Selon M. Goodall, une partie de la solution consiste à savoir quand régler une réclamation rapidement. Il a relaté le cas d’un accident impliquant un camionneur ayant déjà été sanctionné à deux reprises pour l’utilisation de son téléphone au volant. Craignant que le conducteur ait été distrait au moment de l’accident, la flotte a choisi d’adopter une approche proactive et de négocier rapidement. Une entente financière avec la famille de la victime blessée a ainsi été conclue en moins d’une journée.

Les caméras vidéo, un outil incontournable pour protéger les flottes

M. Goodall souligne que de plus en plus de transporteurs investissent dans des caméras orientées vers l’avant, l’intérieur et l’arrière des véhicules, en plus de technologies de prévention des collisions.

«Les caméras sont la meilleure chose qui soit arrivée à l’industrie du camionnage du point de vue des assurances, du moins de mémoire», a-t-il affirmé.

Lorsque la flotte n’est pas en tort, les images permettent de contredire rapidement toute autre version des faits et de disculper le transporteur. À l’inverse, si la vidéo démontre une responsabilité de la flotte, celle-ci peut prendre plus rapidement la décision de régler la réclamation afin de limiter les dommages financiers.

Toutefois, l’utilisation de caméras doit s’accompagner d’un programme structuré de formation et de suivi des conducteurs, particulièrement ceux qui présentent des comportements à risque. Comme le souligne M. Goodall, un avocat de la partie plaignante pourrait aisément demander pourquoi une flotte n’a pas pris de mesures correctives plus sévères après avoir constaté qu’un conducteur avait accumulé une douzaine d’infractions internes.


Donnez votre avis

Vos données ne seront ni publiées, ni partagées.

*