Propulsion Québec propose un corridor de camionnage électrique entre Québec et Toronto
Propulsion Québec, la grappe industrielle des transports zéro émission, a dévoilé hier une étude de faisabilité portant sur la mise en place d’un corridor de recharge permettant à des camions moyens et lourds 100% électriques d’effectuer des trajets de longue distance entre Québec et Toronto.
L’itinéraire retenu compte sept points de cheminement entre le départ et la destination. Ceux de Saint-Liboire, Cardinal et Napanee seraient les trois arrêts à privilégier pour la recharge afin de se rendre à destination.

Toutefois, le fait que le réseau compte davantage de points de recharge que nécessaire permettrait de réduire « l’angoisse de l’autonomie » des chauffeurs et d’accommoder ceux qui doivent quitter la route, pour une pause repas ou une livraison locale par exemple, explique Romain Gayet, directeur de la filière des véhicules zéro émission chez Propulsion Québec, à l’occasion d’une discussion avec Transport Routier.
Selon le poids en charge et la vitesse du camion, le temps requis pour relier les deux grandes villes varierait de 11,5 à 13,1 heures, dont 2,8 à 3,9 heures passées à recharger la batterie du camion.
En tenant compte du fait que même un chauffeur au volant d’un camion conventionnel doit s’arrêter près d’une heure entre Québec et Toronto pour faire des pauses ou des rondes de sécurité, Propulsion Québec estime que les camions électriques (dont le chauffeur ferait ses pauses et rondes pendant les recharges) prendraient de 11% à 27% plus de temps que des camions diesel pour couvrir la distance. Cette durée demeure néanmoins à l’intérieur des normes sur les heures de service.
Il convient également de noter que les scénarios retenus demeurent conservateurs puisqu’à aucun moment on ne laisse la batterie du camion baisser en-dessous de 45% de sa capacité de charge.
Les points d’arrêts stratégiques pour la recharge ont été identifiés grâce à l’analyse de données télématiques, notamment par la firme Attrix.
Ces sites ont été choisis selon quatre critères : leur positionnement géographique le long de l’axe routier principal, la distance entre les points de cheminement (fixée entre 60 et 150 kilomètres), la configuration des lieux et la disponibilité d’espace sur les sites pour accueillir des bornes et des véhicules lourds.

Faisabilité démontrée
Selon Propulsion Québec, tous les scénarios modélisés confirment qu’un trajet Québec–Toronto en camion électrique est techniquement réalisable avec les technologies actuelles, à condition de prévoir des arrêts de recharge stratégiques et de privilégier les bornes de recharge rapide à courant continu (BRCC).
« La réussite du projet reposera sur une coordination étroite entre acteurs publics, énergétiques et industriels, ainsi que sur une planification progressive des infrastructures », plaide Propulsion Québec.
L’organisation estime que, d’ici 2050, la quasi-totalité des propriétaires et exploitants de véhicules lourds (PEVL) qui comptent en ce moment sur des combustibles fossiles devront remplacer leurs actifs existants par des technologies électriques.
« Cette transition permettra une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre (GES) et contribuera aux cibles de carboneutralité du secteur », peut-on lire dans l’étude de faisabilité.
Vous pouvez consulter et télécharger l’étude de faisabilité de Propulsion Québec en cliquant ici.
*Ce texte a été mis à jour afin d’y apporter des compléments d’information technique.
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