La moitié des PME canadiennes ne considèrent plus les États-Unis comme un partenaire commercial fiable
Selon de nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), un an après l’imposition de tarifs douaniers américains sur les produits canadiens, 52% des PME canadiennes ne considèrent plus les États-Unis comme un partenaire commercial fiable.
«Depuis l’imposition des premiers tarifs américains l’an dernier, les propriétaires de PME font face à beaucoup d’incertitude malgré la protection que procure l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour plusieurs exportateurs», a déclaré Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI. «Avec la révision de l’ACEUM qui approche, c’est le moment idéal pour s’assurer de retrouver stabilité et prévisibilité dans nos échanges commerciaux.»

Les trois quarts des PME disent que la guerre tarifaire a nui à leurs relations avec leurs clients ou partenaires commerciaux américains, une hausse marquée par rapport à 49% en mars 2025. La récente décision de la U.S. Supreme Court sur les taux tarifaires ne change pas la situation pour la plupart des exportations canadiennes, mais apporte un soulagement nécessaire aux 27% d’entreprises touchées par les tarifs sur les produits non conformes à l’ACEUM.
Les tarifs sur l’acier et l’aluminium imposés par les deux pays demeurent un défi majeur pour de nombreuses PME, touchant 44% d’entre elles. Dans l’ensemble, 68% des propriétaires affirment continuer de subir les effets négatifs des tarifs américains.
La FCEI révèle également que très peu de PME utilisent l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT) du gouvernement fédéral : moins de 1% d’entre elles ont présenté une demande et 77% ignorent complètement l’existence du programme.
Selon l’organisation, cela s’explique par des critères d’admissibilité trop stricts, qui rendent le programme inaccessible à de nombreuses PME durement touchées par les tarifs. Par exemple, au Québec, les demandes étaient limitées aux entreprises manufacturières générant au moins 2 M$ en revenus annuels.
La FCEI a récemment envoyé une lettre au premier ministre Mark Carney, au ministre des Finances François‑Philippe Champagne ainsi qu’aux agences de développement régional du Canada, remettant en question la conception et l’efficacité du programme.
«L’Initiative régionale de réponse tarifaire a été mal conçue. De nombreux petits détaillants et grossistes ne sont pas admissibles alors qu’ils ont été durement touchés par les contre‑tarifs. Plutôt que de rester les bras croisés, le gouvernement doit retourner à la table de dessin pour s’assurer que les programmes qu’il met en place fonctionnent réellement. Sans compter qu’il doit réduire la fiscalité et la paperasserie qui étouffent nos PME», a affirmé M. Guénette.
La FCEI demande notamment :
- une réduction du taux d’imposition des petites entreprises de 9% à 6% ;
- la mise en place d’un programme de remise pour les PME touchées par les tarifs ;
- que les remises et remboursements gouvernementaux ne soient pas considérés comme un revenu imposable ;
- le maintien de l’ACEUM afin de rétablir la stabilité, réduire l’incertitude commerciale et protéger les chaînes d’approvisionnement transfrontalières dont dépendent les PME.
«Les propriétaires de PME nous disent qu’ils se sentent abandonnés face aux coûts des tarifs. Compte tenu du déclin entrepreneurial observé dans l’ensemble du pays, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les entreprises qui existent déjà. Ottawa doit prendre ses responsabilités et trouver de meilleures façons de les soutenir», a indiqué Michelle Auger, directrice des Échanges commerciaux et de la compétitivité des marchés à la FCEI.
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