Immigration : Québec retire les chauffeurs de camion du traitement simplifié, l’ACQ réagit vivement
Le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, dénonce vivement la décision du gouvernement de retirer le poste de conducteur de véhicule lourd de la liste des professions admissibles au traitement simplifié du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
Une décision qu’il qualifie d’«inacceptable», et qui s’ajoute à une série de changements récents dans les programmes d’immigration qui inquiètent l’industrie du camionnage.

Une décision «incompréhensible» pour l’industrie
Le retrait du métier de conducteur de véhicule lourd de la liste des professions admissibles au traitement simplifié survient peu après l’annonce, en janvier, de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) au profit du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Pour l’ACQ, ces changements successifs créent un climat d’incertitude pour un secteur déjà confronté à un important défi de renouvellement de sa main-d’œuvre.
«C’est un coup de semonce supplémentaire qui creuse un peu plus le fossé entre les ambitions du gouvernement et les réalités du camionnage», affirme Marc Cadieux.
L’association estime que cette orientation politique va à l’encontre des prévisions gouvernementales elles-mêmes. En 2021, le ministre du Travail, Jean Boulet, évoquait d’ailleurs la perspective d’un «creux historique» de main-d’œuvre à l’horizon 2030.
L’ACQ intensifie ses représentations
Face à cette situation, l’ACQ affirme avoir multiplié les interventions auprès des responsables politiques concernés.
L’association dit avoir transmis ses préoccupations au ministre de l’Immigration Jean‑François Roberge, à la ministre de l’Emploi Pascale Déry ainsi qu’aux candidats à la chefferie Bernard Drainville et Christine Fréchette.
Marc Cadieux indique notamment avoir échangé avec Christine Fréchette afin de réitérer les préoccupations de l’industrie.
«Que ce soit du côté de la clause grand-père, de la liste des professions admissibles au traitement simplifié ou du PSTQ, nous maintenons une pression constante afin que le camionnage demeure parmi les secteurs prioritaires», affirme-t-il.
Les travailleurs étrangers au cœur de l’enjeu
Pour l’ACQ, les travailleurs étrangers constituent une composante essentielle de la solution au manque de main-d’œuvre dans l’industrie.
Selon l’ACQ, plusieurs facteurs expliquent l’importance de ces enjeux: certains postes ne trouvent pas preneur dans le bassin de travailleurs québécois; les entreprises ont déjà consenti d’importants investissements pour recruter et former des travailleurs étrangers; et le vieillissement de la main-d’œuvre laisse présager un renouvellement important des effectifs dans les prochaines années.
Depuis 2024, les resserrements progressifs imposés aux programmes liés aux travailleurs étrangers, tant au fédéral qu’au provincial, fragilisent toutefois la capacité des entreprises à planifier leurs besoins en main-d’œuvre.
Dans ce contexte, l’ACQ demande au gouvernement du Québec de reconnaître officiellement le camionnage comme secteur prioritaire dans la nouvelle mouture du PSTQ et d’en défendre les intérêts auprès d’Ottawa.
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