Mobilité régionale : Vaudreuil-Soulanges réclame des décisions

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La congestion routière, la croissance démographique, les besoins en transport collectif et les grands chantiers en cours ont dominé les échanges lors d’un panel aux enjeux de mobilité dans Vaudreuil-Soulanges pendant le colloque Transport & Mobilité régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges (CCIVS). Élus municipaux, représentants du milieu économique et responsables du ministère des Transports et de la Mobilité durable ont dressé un constat clair : la région ne peut plus attendre.

Danie Descènes (Photo : David Simard-Jean0

Une région en forte croissance

Les intervenants ont rappelé que Vaudreuil-Soulanges connaît depuis plusieurs années une forte croissance démographique et économique. La population régionale, qui s’élevait récemment à plus de 170 000 habitants, continue d’augmenter rapidement et la région devrait accueillir encore des milliers de nouveaux résidents et emplois au cours des prochaines années.

À cela s’ajoute l’arrivée du futur hôpital, qui entraînera à lui seul quelque 3 500 emplois directs et 1 500 emplois indirects, accentuant encore davantage la pression sur les infrastructures routières.

Selon les données présentées, plus de 23 millions de véhicules circulent chaque année sur ce corridor, dont environ 2,6 millions de camions. Avec neuf feux de circulation sur le tronçon actuel, la situation est jugée intenable par plusieurs acteurs du milieu.

Patrick Boussez (Photo : David Simard-Jean)

L’importance du prolongement de l’autoroute 20

Le projet de grand chantiers jugé le plus important pour la région est le prolongement de l’Autoroute 20. Les intervenants ont insisté sur l’importance de ne plus parler simplement d’une voie de contournement, mais bien d’un projet global reliant l’Île-Perrot à Vaudreuil-Dorion.

«Ce n’est pas la voie de contournement de Vaudreuil et le bout d’autoroute 20. C’est l’autoroute 20, incluant la voie de contournement située à Dorion», a fait valoir Danie Deschênes, présidente de Développement Vaudreuil-Soulanges et mairesse de Notre-Dame-de l’Île-Perrot

Les élus régionaux ont martelé que le statu quo entraîne déjà des coûts importants pour l’économie. Selon les chiffres évoqués, le temps perdu dans la congestion représenterait environ 28,8 millions $ par année, tandis que les pertes de revenus fiscaux atteindraient 9 millions $ annuellement, soit plus de 1,1 milliard $ sur 20 ans.

«Ce qui coûte cher, ce n’est pas de construire une autoroute. C’est de ne pas la construire», a déclaré Patrick Boussez, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette.

Le message porté tout au long de la rencontre était clair : les répercussions ne touchent pas seulement Vaudreuil-Soulanges, mais l’ensemble de l’économie québécoise, cette région étant présentée comme l’un des principaux carrefours de circulation et de commerce du Québec.

Fadi Moubayed et Mélanie Saint-Cyr, directeur général principal de la région métropolitaine de Montréal et directrice générale des projets routiers en mode alternatif au MTMD. (Photo : David Simard-Jean)

Un dossier techniquement avancé, mais politiquement bloqué

Les élus ont affirmé que le projet avait franchi d’importantes étapes au cours des dernières années grâce à une collaboration étroite entre les municipalités, la MRC et le ministère des Transports. Une table technique a permis de faire évoluer le concept afin qu’il réponde aux besoins actuels, en intégrant non seulement les enjeux autoroutiers, mais aussi le transport collectif, la mobilité active et les milieux de vie.

Selon les élus, le projet serait désormais prêt à franchir une nouvelle étape, soit son inscription au Plan québécois des infrastructures (PQI). La région se dit ouverte à une réalisation par phases, mais exige que l’ensemble du projet soit budgété d’un seul coup afin d’éviter qu’un seul tronçon soit construit sans garantie pour la suite.

«Tant qu’il n’y a pas une décision politique qui est prise, malheureusement, ça n’arrivera pas», a affirmé M. Boussez.

Le ministère des Transports a indiqué avoir reconnu le besoin, mais qu’il faut compléter les étapes formelles avant de pouvoir faire progresser le projet dans les processus gouvernementaux, notamment en mettant en place une étude d’opportunité pour ramener à jour un projet conçu à l’origine dans les années 1980.

Les représentants de la région demandent cependant que les enjeux de mobilité de Vaudreuil-Soulanges soient mis en avant lors de la prochaine campagne électorale.

Les autres grands chantiers

Le Ministère a aussi présenté l’avancement du projet de réaménagement de la route 340. Les travaux comprennent l’amélioration de plusieurs intersections, l’ajout de feux de circulation et de carrefours giratoires ainsi qu’une piste polyvalente. Le chantier, amorcé en 2025, doit s’étendre jusqu’en 2028.

Enfin, un état de situation a été présenté concernant le pont de l’Île-aux-Tourtes, tant pour le maintien de l’ouvrage actuel que pour la construction du nouveau pont. Ce dernier progresse selon l’échéancier, la mise en service de la première structure, qui mettra hors-service l’ancien pont, étant prévue pour fin 2027. La deuxième structure devrait ouvrir en 2027, et la démolition de l’ancien pot et la fin des travaux seront faits d’ici 2030.

D’autres enjeux ont été mis de l’avant, comme la transformation du boulevard Harwood, à Vaudreuil-Dorion, en un milieu de vie complet si le transit de longue distance était éventuellement déplacé vers

Des enjeux pour le camionnage et la logistique

La discussion a également fait ressortir les préoccupations du milieu des affaires et du transport. Certains participants ont rappelé que la région est non seulement un territoire résidentiel en croissance, mais aussi un important carrefour logistique où les besoins du camionnage, de la livraison et de l’industrie doivent continuer d’être pris en compte.

Des questions ont été soulevées sur la disparition graduelle de certains usages liés au camionnage dans la région, sur la rentabilité de tels services et sur les choix de zonage qui ont progressivement éloigné certaines activités du territoire.

Les représentants municipaux ont reconnu la nécessité de mieux concilier développement urbain, qualité de vie et maintien d’une activité économique essentielle.


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