Rapport : malgré l’intérêt pour l’automatisation, les opérations de quai restent largement manuelles
Les flux de travail manuels, les perturbations chez les fournisseurs et les défis liés à la mise en œuvre continuent de ralentir la modernisation des opérations de quai et de cour, même si la plupart des organisations explorent l’automatisation, selon un nouveau rapport de C3 Solutions.
Le rapport 2026, basé sur un sondage mené auprès de 149 professionnels de la chaîne d’approvisionnement occupant des postes de direction, met en lumière un écart entre les efforts de modernisation du secteur et sa capacité à les concrétiser. Alors que la majorité des répondants, soit près de 73%, indiquent explorer l’automatisation des quais et des cours, seulement 12,9 % affirment disposer d’un plan défini, en baisse par rapport à 19,4 % l’an dernier.
Les processus manuels inefficaces demeurent le principal défi opérationnel, cités par 40,3 % des répondants, en hausse par rapport à 35,9 % en 2025. De nombreuses opérations continuent de s’appuyer sur des feuilles de calcul et des solutions de contournement humaines entre les systèmes.

Cette dépendance se reflète dans la manière dont les entreprises gèrent les perturbations. Selon le rapport, en période de pointe, 51% des répondants indiquent recourir aux heures supplémentaires, 50,3 % à de la main-d’œuvre temporaire et 34,2 % à la technologie.
Les pénuries de main-d’œuvre, mentionnées par 28,2 % des répondants, ont légèrement reculé par rapport à 32,4 % un an plus tôt, mais demeurent un enjeu. «Un pourcentage plus faible ne signifie pas nécessairement que la main-d’œuvre est facilement disponible; cela peut plutôt indiquer que les entreprises se sont adaptées à une pénurie chronique en s’appuyant davantage sur les heures supplémentaires, les travailleurs temporaires et une discipline accrue en matière de planification», indique le rapport. «Cela permet de maintenir les opérations, mais souvent au prix d’une fatigue accrue, d’une formation inégale et de coûts unitaires plus élevés.»
Les enjeux liés aux fournisseurs figurent également parmi les principaux défis, cités eux aussi par 28,2 % des répondants.
Les arrivées tardives, les produits manquants et l’irrégularité des flux entrants perturbent de plus en plus les horaires, entraînant des changements de quais et créant de l’incertitude quant aux besoins en main-d’œuvre et en matériel roulant. Combinés aux perturbations du transport (24,8 %), ces constats suggèrent que la résilience devient tout aussi importante que l’efficacité, selon le rapport.
Mais d’autres enjeux opérationnels continuent d’affecter la performance. Le manque de visibilité en temps réel est cité par 25,5 % des répondants, l’automatisation limitée par 24,2 %, et la congestion des cours par 22,8 %. Cette dernière est toutefois en baisse par rapport à 34,1 % en 2025.
Et les réponses opérationnelles aux perturbations demeurent largement réactives, selon le rapport. En cas de retards des transporteurs, les entreprises misent le plus souvent sur la replanification et la communication avec les parties prenantes (49%), la planification d’urgence (37,6 %), l’ajout de temps tampon (35,6 %) et des ajustements manuels (34,9 %).
Mise en œuvre technologique fragmentée
Le rapport souligne également la fragmentation dans la mise en œuvre des technologies de la chaîne d’approvisionnement.

La plupart des répondants utilisent une combinaison de systèmes, comme les systèmes de gestion d’entrepôt (62,4 %) et les systèmes de gestion du transport (41,6 %), mais beaucoup font encore face à une automatisation limitée, à des flux de travail déconnectés et à un soutien insuffisant en cas de perturbation.
Les systèmes de gestion de la relation client (CRM), de planification des ressources de l’entreprise (ERP) et de gestion de cour se situent chacun dans une fourchette d’utilisation d’environ 30 à 35 %. La planification des quais demeure un enjeu, puisque seulement 18,8 % des répondants utilisent un système de planification des quais, alors que 30,9 % identifient la planification automatisée comme une fonctionnalité clé recherchée dans une solution de gestion des quais et des cours.
La facilité d’utilisation et la mise en œuvre influencent le taux de satisfaction à l’égard des logiciels
Globalement, le taux de satisfaction à l’égard des systèmes actuels est mitigé. Au total, 53,2 % des répondants se disent satisfaits ou très satisfaits, tandis que 35,5 % se disent neutres et 11,3 % insatisfaits.
L’efficacité de la mise en œuvre s’impose comme le principal facteur de satisfaction, citée par 55,7 % des répondants, suivie de la facilité d’utilisation (52,3 %), des fonctionnalités clés (41,6 %) ainsi que du soutien et de la réactivité des fournisseurs (35,6 %).
En ce qui concerne les fonctionnalités recherchées, la visibilité en temps réel des cours demeure la plus importante, sélectionnée par 59,1 % des répondants. Toutefois, le rapport observe un virage vers des systèmes plus intégrés, la demande pour l’intégration aux systèmes existants ayant grimpé à 43%, tandis que les besoins en matière d’évolutivité et de personnalisation ont presque doublé pour atteindre 23,5 %, contre 12,4 % en 2025.
La planification automatisée des quais a été citée par 30,9 % des répondants, tandis que les rapports et l’analytique ont été mentionnés par 29,5 %.
Critères de sélection des fournisseurs
En ce qui concerne le choix d’un fournisseur, les gestionnaires de cour indiquent que le coût et l’abordabilité demeurent le principal facteur de sélection, cités par 54,4 %, suivis de la capacité à personnaliser les solutions, de l’éventail et de la qualité des fonctionnalités, de la facilité d’intégration et de la réputation du fournisseur.
Interrogés sur les obstacles à la sélection, les répondants ont le plus souvent évoqué les contraintes budgétaires et un décalage entre les offres et les besoins, ainsi qu’un manque d’alignement à l’interne.
La durabilité est désormais un critère largement intégré dans le choix des fournisseurs, 95,7 % des répondants la jugeant importante ou extrêmement importante.
L’expérience des conducteurs gagne également en importance, citée par 87,1 % des répondants.
Consultez le rapport complet ici.
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