Oser, apprendre et avancer: des femmes à succès en logistique livrent leurs conseils de carrière

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Oser accepter une occasion avant de se sentir parfaitement prête, demander de l’aide sans hésiter et assumer ses choix sans culpabilité. Voilà quelques-uns des messages clés lancés par un panel de dirigeantes issues du transport ferroviaire, maritime, logistique et portuaire lors de l’événement Femmes en logistique du Club de Trafic de Montréal (CTMTL).

Les participantes ont partagé des témoignages francs sur la réalité derrière les titres de direction. Toutes ont rappelé que leur cheminement n’avait rien de linéaire et que les carrières se construisent souvent au gré des occasions saisies en cours de route.

De gauche à droite, Andreea Crisan, PDG d’Andy Transport, Svenja Clausen, Janet Drysdale et Nathalie Pilon.

Nathalie Pilon, présidente du conseil d’administration du port de Montréal, a raconté avoir commencé sa carrière dans un bureau comptable avant d’occuper divers rôles en recrutement et en formation. Elle a ensuite intégré un milieu industriel où certains doutaient encore qu’une femme puisse accéder à certains postes.

Plutôt que de se laisser freiner, elle a choisi de se concentrer sur ses compétences plutôt que sur les préjugés.  Elle a aussi affirmé s’être toujours donné comme mission de ne pas être « la dernière », soulignant l’importance d’ouvrir la voie aux femmes qui suivront.

Dire oui avant d’être prête

Un thème est revenu à plusieurs reprises : les femmes ont souvent tendance à attendre d’être entièrement qualifiées avant de poser leur candidature ou d’accepter un nouveau défi.

Selon les panélistes, cette hésitation peut freiner des carrières prometteuses.

«Si quelqu’un vous tape sur l’épaule et pense que vous êtes faite pour un rôle, osez », a lancé Janet Drysdale, vice-présidente exécutive et cheffe de la direction des Affaires commerciales au CN, ajoutant que plusieurs hommes n’attendent pas nécessairement qu’on les sollicite avant de lever la main.

La dernière panéliste, Svenja Clausen, vice-présidente principale et directrice générale pour le Canada chez Hapag-Lloyd, a raconté avoir d’abord refusé une affectation internationale en Asie durant la pandémie, estimant ne pas être prête pour un tel défi. Son supérieur lui aurait alors répondu que plusieurs avaient confiance en elle, sauf elle-même. Après réflexion, elle a finalement accepté le poste, une décision qu’elle considère déterminante dans son parcours.

La confiance se bâtit dans l’action

Le panel a insisté sur l’idée que la confiance ne précède pas toujours l’action. Elle se développe souvent en relevant les défis, même dans l’inconfort.

Les participantes ont encouragé les jeunes professionnelles à ne pas attendre le moment parfait, qui n’arrive parfois jamais.

L’apprentissage continu a également été présenté comme un moteur essentiel. Mme Clausen a indiqué être toujours en croissance après plus de 20 ans au sein de la même entreprise.

Demander de l’aide

Les panélistes ont aussi cherché à déconstruire l’idée voulant que demander de l’aide soit un signe de faiblesse.

Au contraire, elles ont soutenu que les gens aiment généralement partager leur expertise et soutenir les autres.

Poser des questions, chercher des conseils et bâtir un réseau de soutien peuvent accélérer le développement professionnel, ont-elles expliqué.

Les sacrifices du leadership

La conversation a également abordé les compromis liés aux postes de direction.

Voyages fréquents, longues heures de travail, responsabilités accrues et temps manqué auprès de la famille ont été mentionnés parmi les réalités du leadership.

Janet Drysdale a raconté avoir raté plusieurs moments importants lorsque ses enfants étaient jeunes, dans un contexte où elle et son conjoint voyageaient tous deux pour le travail.

Svenja Clausen a quant à elle évoqué les sacrifices liés à l’expatriation : éloignement de la famille, perte de certaines amitiés et adaptation constante à de nouveaux environnements.

L’équilibre parfait n’existe pas

Plutôt que de parler de conciliation travail-vie personnelle, Nathalie Pilon a préféré le concept de «déséquilibre assumé».

Selon elle, rien n’est parfaitement équilibré en permanence. L’important est de faire des choix alignés avec ses priorités du moment et de ne pas se laisser envahir par la culpabilité.

«Assumez vos décisions», a conseillé Mme Pilon, ajoutant que les compromis font partie du parcours de toute personne ambitieuse.

Ouvrir la porte aux suivantes

En conclusion, les intervenantes ont livré un message à la fois réaliste et mobilisateur : les carrières se construisent dans l’incertitude, avec des erreurs, des détours et beaucoup d’efforts.

Mais en osant avancer, en s’appuyant sur les autres et en continuant d’apprendre, il est possible d’atteindre des rôles influents — tout en inspirant la prochaine génération à faire de même.


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