La formation PEP est-elle accessible?

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Le programme d’entretien préventif (PEP) est devenu une pierre angulaire de la conformité mécanique dans l’industrie du camionnage au Québec. Cependant, certains acteurs de l’industrie estiment que certains problèmes subsistent au sein du programme, rendant notamment compliqué son accessibilité, ce qui pourrait accentuer la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Mis en place en collaboration avec la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), le programme PEP vise à assurer que les inspections et entretiens préventifs des véhicules lourds soient réalisés selon des normes rigoureuses, avec la garantie d’une qualité uniforme des inspections ainsi que la conformité des flottes aux exigences.

Le programme se décline en deux volets : une formation initiale, destinée à amener les mécaniciens à maîtriser l’ensemble des exigences réglementaires, et une formation de mise à niveau pour ceux qui détiennent déjà leur certification.

Coordonné depuis plus de 25 ans par Camo-Route, la formation est aujourd’hui exclusivement offerte par un réseau d’une douzaine de centres de services scolaires répartis à travers la province. Ce choix, assumé par les autorités, vise à maintenir des standards communs et une cohérence dans la diffusion du programme.

(Photo : PacLease)

«On parle d’un programme qui doit être harmonisé, encadré et administré de façon rigoureuse. Les centres de services scolaires permettent d’assurer cette uniformité», a expliqué Nathalie Messias, directrice générale de Camo-Route.

Ce modèle centralisé qui est assuré par les centres de services scolaires est toutefois questionné par certaines personnes du secteur. En effet, plusieurs entreprises du secteur du transport affirment éprouver des difficultés à former leurs mécaniciens dans des délais compatibles avec leurs besoins opérationnels.

Selon eux, l’accès à la formation demeure inégal selon les régions. C’est particulièrement le cas dans la Grande région de Montréal, où la demande est plus forte et les capacités de formation parfois limitées.

Dans certains cas, des classes sont annulées à la dernière minute faute de participants, forçant les entreprises à reporter la formation de leurs employés. Dans d’autres situations, les délais pour constituer une cohorte peuvent s’étendre sur plusieurs mois.

«Le besoin de formation est immédiat, mais on nous demande parfois d’attendre plusieurs mois avant qu’une cohorte soit complète», a déclaré Isabelle Pépin, directrice générale de l’Association des mandataires en vérification mécanique du Québec (ASMAVERMEQ). «Quand une classe est annulée, les entreprises se retrouvent sans solution, alors qu’elles ont des postes à combler.»

Ces contraintes peuvent entraîner des répercussions concrètes. Faute de mécaniciens certifiés en nombre suffisant, certaines entreprises peinent à effectuer les entretiens préventifs dans les délais prescrits. Une situation qui soulève des préoccupations, tant sur le plan opérationnel que sur celui de la sécurité.

«On parle d’entretien obligatoire. Si les ressources ne sont pas disponibles, ça peut retarder des inspections et compliquer la gestion des flottes», indique Philippe Langlois, aviseur technique de l’ASMAVERMEQ et PDG de PLC Consultant.

Camo-Route apporte cependant un portrait nuancé de la situation, affirmant que le réseau actuel permet de couvrir l’ensemble du territoire québécois et qu’un mécanisme de coordination est en place pour répondre aux besoins des entreprises.

L’organisation offre d’ailleurs une carte géographique mettant en avant les endroits où la formation est offerte, ainsi qu’une liste des partenaires du programme et leurs contacts.

«Lorsqu’une entreprise fait une demande, on s’assure de la diriger vers le centre le plus approprié. S’il y a une difficulté dans une région, d’autres centres peuvent prendre le relais», a souligné Lydia Massimiani, directrice des opérations chez Camo-Route.

L’organisation insiste également sur le fait que le programme ne vise pas à combler la pénurie de main-d’œuvre, mais plutôt à assurer la qualification des mécaniciens déjà en poste. Elle soutient que le modèle actuel garantit un encadrement solide et une qualité uniforme de la formation, éléments jugés essentiels dans un contexte réglementaire strict.

L’organisme reste conscient des préoccupations exprimées sur le terrain. Elle annoncé avoir amorcé une démarche d’amélioration continue, notamment avec un sondage en cours auprès des centres de services scolaires afin de mieux cerner les besoins des entreprises et d’identifier d’éventuels ajustements.

«On veut être à l’écoute de l’industrie et s’assurer que le programme évolue en fonction des réalités du terrain», a fait part Nathalie Messias. Des discussions seraient également en cours pour élargir le réseau de diffusion si nécessaire.


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