Les concessionnaires de camions mettent en garde contre une crise d’approvisionnement imminente liée aux règles d’émissions de 2027

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Les concessionnaires de camions du Canada avertissent qu’un vide réglementaire lié aux futures normes d’émissions EPA27 de l’Environmental Protection Agency (EPA) pourrait perturber l’approvisionnement en nouveaux camions lourds au Canada dès cet été et aura des conséquences potentiellement importantes pour l’économie et la chaîne d’approvisionnement.

Lors d’une conférence de presse sur la Colline du Parlement, des représentants de la Division canadienne du camionnage (DCC), une division de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA), ont affirmé que le Canada doit apporter rapidement des ajustements réglementaires afin d’assurer la poursuite de l’arrivée sur le marché canadien des camions lourds certifiés aux États-Unis.

Kevin Disher, directeur général de la DCC, prononce une allocution lors d’une conférence de presse à Ottawa. (Photo : CADA)

«Nous sommes ici aujourd’hui parce que notre industrie fait face à un défi majeur concernant les réglementations qui permettent l’importation de camions lourds au Canada», a déclaré Kevin Disher, directeur général de la DCC. «Sans intervention rapide et certitude réglementaire de la part des autorités canadiennes, il existe un risque que la disponibilité et l’importation de nouveaux camions au Canada subissent d’importantes perturbations dès le 1er janvier 2027.»

M. Disher a indiqué que le Canada dépend fortement des camions construits aux États-Unis, qui représentent environ 95% de l’approvisionnement canadien. Il a précisé qu’environ 30 000 camions de classe 8 sont vendus chaque année au Canada, ce qui représente plus de 8 milliards $ en activité économique.

Les inquiétudes découlent de l’évolution des réglementations sur les émissions aux États-Unis, où les changements apportés à la surveillance réglementaire et aux processus de certification ont créé un décalage administratif et de conformité avec les exigences canadiennes.

Huw Williams, responsable des affaires publiques de la CADA, a décrit l’enjeu comme étant moins lié aux objectifs d’émissions qu’à l’harmonisation réglementaire.

«Ces camions seront plus propres que jamais en ce qui concerne les émissions de NOx et plus propres que jamais en matière d’émissions de gaz à effet de serre», a déclaré Williams. «Mais sans la reconnaissance réglementaire appropriée, nous ne pourrons pas vendre ces camions au Canada.»

M. Williams a insisté sur le fait que le problème est plus urgent que ce que les autorités gouvernementales semblent croire, puisque les cycles de commandes des flottes sont déjà en cours.

«La période de précommandes pour l’année-modèle 2027 débute en août», a-t-il indiqué. «Je pense que le gouvernement croit qu’il s’agit d’un problème pour 2027. En réalité, c’est un problème qui aurait déjà dû être réglé.»

Les concessionnaires ont averti qu’une perturbation, même d’un an, dans la disponibilité des camions aurait des répercussions sur les secteurs du transport de marchandises, de la construction, des mines, de l’agriculture et des infrastructures.

«Les grandes flottes renouvellent en moyenne leurs véhicules tous les trois ans», a souligné M. Williams. «Pour une grande flotte, perdre complètement une année-modèle serait une catastrophe absolue pour la chaîne d’approvisionnement et la logistique canadiennes.»

M. Williams a ajouté que les petites flottes seraient également fortement touchées, décrivant la situation comme une menace non seulement pour les concessionnaires de camions, mais aussi pour l’ensemble de l’économie canadienne.

«Une perte de la capacité de vendre des camions lourds serait catastrophique pour l’économie», a-t-il affirmé.

Les associations ont indiqué que les fabricants discutent de cet enjeu avec les autorités canadiennes depuis plus d’un an, mais que les concessionnaires ont seulement récemment réalisé qu’aucune solution n’avait encore été trouvée.

Dans le cadre de ses démarches de représentation, la DCC a sondé des concessionnaires partout au pays et a constaté que les préoccupations liées à l’approvisionnement en camions constituaient leur principal enjeu d’affaires, ce qui a poussé l’association à rencontrer des fabricants et des représentants gouvernementaux.

M. Williams a indiqué que les discussions avec les autorités fédérales se sont intensifiées cette semaine et comprenaient des rencontres avec Transports Canada, Environnement et Changement climatique Canada ainsi qu’avec le bureau du ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.

«Nous avons eu hier des discussions très productives avec la haute direction du ministre des Transports», a déclaré M. Williams. «Le bureau de Dominic LeBlanc a immédiatement compris la gravité de la situation.»

Malgré cela, M. Williams a expliqué que l’industrie n’a toujours pas reçu de confirmation quant à une solution officielle pour régler le problème.

«Jusqu’à présent, personne n’a été en mesure de dire que nous avons une voie claire et que nous avançons immédiatement dans cette direction», a-t-il déclaré.

La DCC représente plus de 700 concessionnaires de camions lourds employant environ 40 000 personnes à travers le Canada.


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