Nouveau regroupement pour améliorer l’état des routes au Québec

Miser sur l’entretien préventif pour freiner la détérioration du réseau routier québécois : voilà l’une des initiatives que le gouvernement doit mettre de l’avant, estime le Regroupement pour de meilleures routes au Québec.

L’organisation est composée d’entreprises qui construisent et entretiennent les routes du Québec, d’associations de professionnels en infrastructures, de représentants des usagers, d’associations économiques et d’experts universitaires.

Gros plan de nid de poule avec camion au loin en arrière-plan
(Photo : iStock)

En conférence de presse plus tôt aujourd’hui à Montréal, le Regroupement a recommandé de revoir en profondeur la façon d’entretenir les infrastructures routières afin de privilégier des interventions plus durables, plus innovantes et moins coûteuses pour les contribuables.

L’organisation évalue que plus de 50% des routes sont en mauvais état et que le déficit de maintien des actifs routiers avoisine maintenant les 30 milliards de dollars. Le Regroupement estime que le Québec doit changer de modèle et intervenir plus tôt pour éviter que les routes se détériorent jusqu’au point de nécessiter des reconstructions majeures beaucoup plus coûteuses.

« Le Québec reconstruit trop souvent ses routes lorsqu’il est déjà trop tard. Tant que l’on continuera à privilégier les interventions majeures et les reconstructions d’urgence plutôt que l’entretien préventif, le déficit de maintien d’actifs va continuer d’augmenter et les coûts vont grimper pour les contribuables », affirme Caroline Amireault, directrice générale de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ).

Recommandations

Le Regroupement recommande d’agir sur cinq fronts prioritaires : protéger les budgets d’entretien préventif et créer un fonds de prévoyance dédié au maintien du réseau; accélérer l’intégration de technologies et de matériaux innovants; augmenter le recyclage des matériaux routiers; uniformiser les normes et pratiques à l’échelle du Québec et renforcer les transferts d’expertise entre le gouvernement, l’industrie et les universités.

« Un entretien préventif réalisé au bon moment coûte une fraction du prix d’une reconstruction complète. Plus on tarde à intervenir, plus la facture augmente pour les contribuables. Le Québec doit sortir d’une logique de réaction et adopter une véritable culture de prévention », souligne Marc Joncas, président d’Eurovia Québec, une firme de construction qui forme ses chauffeurs de camions à l’écoconduite, notamment par la réduction des périodes de marche au ralenti.

Pour les membres du Regroupement, l’innovation et le transfert des connaissances devront également jouer un rôle central dans l’amélioration de l’état du réseau routier québécois.

« Le Québec possède une expertise de calibre mondial en génie routier et en innovation des matériaux. Plusieurs technologies permettant de prolonger significativement la durée de vie des routes existent déjà et sont utilisées ailleurs en Amérique du Nord. L’enjeu maintenant est d’accélérer leur intégration à grande échelle », ajoute Éric Lachance-Tremblay, ingénieur et professeur au département de génie de la construction à l’École de technologie supérieure (ETS).

À l’approche des prochaines élections provinciales, le Regroupement lance un appel à l’ensemble des partis politiques, disant que les Québécois sont en droit de savoir comment ceux qui aspirent à les gouverner comptent freiner la détérioration du réseau routier et réduire le déficit d’entretien qui continue de s’accumuler année après année.

« Nous espérons pouvoir rencontrer les différents partis dans les prochaines semaines et que nos propositions puissent les inspirer », peut-on lire dans le communiqué émis peu après la conférence de presse soulignant la création du Regroupement.


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