L’OTA réclame une stratégie conjointe Ontario–Québec pour renforcer la sécurité des conducteurs de véhicules commerciaux
L’Ontario Trucking Association (OTA) demande à l’Ontario et au Québec d’élaborer une approche coordonnée en matière de délivrance des permis de conduire pour véhicules lourds et de surveillance des transporteurs, avertissant que des mesures prises de façon unilatérale ne feront que déplacer les mauvais acteurs d’une province à l’autre.
Cet appel survient quelques jours après que le Québec a annoncé que les titulaires d’un permis de classe A de l’Ontario comptant moins de deux ans d’expérience devront réussir un examen pratique sur route avant de pouvoir échanger leur permis s’ils s’établissent au Québec.
Le président de l’OTA, Mark Bylsma, a déclaré que l’association appuie l’objectif du Québec d’améliorer la sécurité routière et reconnaît que le système ontarien de délivrance des permis de conduire pour véhicules commerciaux présente d’importantes lacunes.

«Nous reconnaissons que le système ontarien actuel de délivrance des permis, de formation et de surveillance des transporteurs comporte d’importantes lacunes et des vulnérabilités critiques, que l’OTA, les intervenants en sécurité routière et la vérificatrice générale de l’Ontario ont dénoncées à maintes reprises», a affirmé Mark Bylsma dans un communiqué de l’OTA.
Toutefois, il soutient que la politique temporaire du Québec risque de créer de nouvelles échappatoires.
«Une approche isolée crée immédiatement des angles morts. Les écoles de formation illégales et les «transporteurs caméléons» déplaceront simplement leurs activités liées à l’obtention des permis vers d’autres provinces afin de contourner ces règles, laissant les routes du Québec et de l’Ontario exposées aux mêmes risques pour la sécurité.»
L’association affirme que des problèmes tels que les écoles de formation de conducteurs de qualité inférieure, la surveillance inégale des transporteurs et les modèles d’emploi clandestins comme Chauffeur inc. sont des enjeux de portée nationale qui nécessitent une application coordonnée de la réglementation.
L’OTA propose la mise en place d’une stratégie conjointe réunissant les gouvernements de l’Ontario et du Québec, ainsi que l’OTA et l’Association du camionnage du Québec (ACQ), une démarche qui, selon elle, pourrait servir de fondement à une approche nationale plus vaste.
«L’OTA et l’ACQ ont une longue tradition de collaboration pour lutter contre les acteurs prédateurs qui compromettent la sécurité routière», a indiqué Mark Bylsma. «Nous souhaitons travailler en étroite collaboration avec nos homologues québécois afin de présenter au ministre Benoit Charette et au ministre ontarien des Transports, Prabmeet Sarkaria, un plan d’action coordonné à l’échelle des deux provinces.»
L’association estime qu’un tel plan devrait notamment prévoir l’exploitation 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des postes d’inspection des véhicules lourds, la modernisation des profils de risque des transporteurs ainsi qu’une offensive coordonnée contre les «transporteurs caméléons», qui exploitent les différences entre les réglementations provinciales.
L’OTA a également réitéré sa demande au gouvernement ontarien de suspendre temporairement le volet camionnage du Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI), jusqu’à la mise en place d’un Programme d’employeurs reconnus visant à garantir que les conducteurs recrutés à l’international soient embauchés uniquement par des transporteurs dûment vérifiés et engagés envers la sécurité. Le Québec a annoncé cette nouvelle exigence en matière de délivrance des permis la semaine dernière, à la suite des préoccupations soulevées par la vérificatrice générale de l’Ontario concernant les faiblesses du système ontarien de formation et de délivrance des permis pour les conducteurs de véhicules commerciaux. Cette mesure temporaire oblige les conducteurs ontariens de véhicules lourds comptant peu d’expérience qui s’établissent au Québec à démontrer leurs compétences au moyen d’un examen pratique sur route avant d’obtenir un permis de classe 1 du Québec
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