Échec des négociations Canada–États-Unis: Québec annonce des mesures pour soutenir les entreprises
Face à l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, le gouvernement Fréchette a annoncé la mise en place de deux programmes pour protéger les entreprises québécoises qui subissent directement les effets de la guerre tarifaire.
«Dans un contexte comme celui que nous vivons, on ne peut pas demander à nos entrepreneurs et à nos travailleurs de porter seuls le poids de cette incertitude», a déclaré Bernard Drainville, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.
«Avec ces deux programmes, on vient aider nos entreprises à demeurer résilientes et compétitives sur leurs marchés. Ça fait partie de la solution pour protéger l’économie québécoise, les emplois et les entreprises d’ici.»

La première mesure est le Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME) – Tarifs douaniers américains, géré par les MRC, qui a pour objectif de maintenir en activité les PME dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 2 millions $ et qui font face à des difficultés financières causées par ces tarifs.
Les entreprises admissibles sont celles qui exportent vers les États-Unis et dont les marchandises (produits et matières premières) sont visées par des tarifs douaniers américains, ainsi que leurs fournisseurs et leurs sous-traitants, ce qui inclut les transporteurs.
Le programme, qui offre une aide financière sous forme de prêts pouvant atteindre 150 000 $, permettra de répondre temporairement aux besoins de liquidités des entreprises afin qu’elles puissent poursuivre leurs activités et mettre en place les mesures nécessaires pour s’adapter à leur nouvel environnement d’affaires.
La deuxième mesure est le Fonds offensif pour le renforcement des capacités économiques (FORCE), administré par Investissement Québec. Il s’inscrit dans la continuité du programme FRONTIERE, arrivé à échéance le 31 mars dernier, et vise à soutenir les entreprises québécoises du secteur manufacturier ou d’un secteur primaire dont le chiffre d’affaires est considérablement réduit en raison de tarifs douaniers américains de 25 % et plus imposés sur les exportations canadiennes.
«Le Québec ne subira pas cette crise : nous allons nous battre pour notre économie. Avec les programmes FORCE et PAUPME – Tarifs douaniers américains, notre gouvernement met en place des mesures concrètes pour que les entreprises poursuivent leur croissance. On ne ménage aucun effort pour défendre les travailleurs et les entreprises québécoises. Nous n’avons pas choisi cette guerre commerciale, mais nous choisirons la façon dont le Québec y répondra», a affirmé la première ministre Christine Fréchette.
L’ACQ demande d’en faire plus pour le camionnage
Dans une lettre adressée à la première ministre et au ministre Drainville, le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, a salué la vitesse à laquelle le gouvernement a mis en place les programme PAUPME – Tarifs douaniers et FORCE, mais rappelle comment le camionnage reste affecté par la guerre commerciale est n’est pas adéquatement couvert par ces nouvelles mesures.
M. Cadieux est préoccupé par les critères actuels du programme FORCE, qui ne vise que les entreprises des secteurs manufacturier et primaire, faisant en sorte que les entreprises de transport ne pourraient pas avoir accès à la mesure.
L’ACQ partage également la préoccupation exprimée par la Fédération canadienne de l’entreprise
indépendante (FCEI), qui estime que les prêts à taux avantageux constituent un outil utile, mais ne pourront être la seule réponse si la crise se prolonge. La FCEI et le Conseil du patronat du Québec ont d’ailleurs tous deux appelé à des mesures rapides et adaptées à une crise dont les effets dépasseront largement les seuls secteurs directement visés par les tarifs.
L’ACQ demande au gouvernment du Québec :
- De reconnaître explicitement le transport routier de marchandises comme un secteur directement exposé
aux conséquences de la guerre commerciale; - De permettre aux entreprises de camionnage démontrant une diminution importante de leurs volumes
ou revenus attribuable aux échanges avec les États-Unis d’accéder aux mesures d’aide, notamment en
élargissant FORCE ou en créant un volet équivalent pour le secteur du transport; - D’envisager, lorsque la situation le justifie, des mesures temporaires complémentaires aux prêts,
notamment des allègements fiscaux, des mesures de soutien aux liquidités ou d’autres formes d’aide
permettant de préserver les emplois et la capacité de transport.
«Il est essentiel de protéger les entreprises qui fabriquent et exportent les produits québécois. Il est tout aussi essentiel de protéger les entreprises qui permettent à ces produits de circuler», a indiqué le PDG de l’ACQ. «Le Québec aura besoin de sa capacité de transport non seulement pour traverser cette crise, mais également pour soutenir la reprise lorsque les conditions commerciales se stabiliseront.»
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