L’ACC prévient que les répercussions des tarifs douaniers feront diminuer les volumes de fret et toucheront les transporteurs
L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) prévient que l’échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis et l’imposition d’une nouvelle série de tarifs douaniers auront des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement transfrontalières, entraînant une baisse des volumes de fret et exposant les transporteurs à des coûts plus élevés.
L’Alliance a déclaré que l’apparition de nouvelles frictions dans le commerce transfrontalier représente une «menace immédiate et systémique» pour la chaîne d’approvisionnement transfrontalière, le recul des exportations canadiennes étant susceptible de se traduire directement par une diminution du nombre de chargements pour les entreprises de camionnage.
Cet avertissement survient après que les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis se soient conclues sans accord et que des tarifs douaniers américains de 50% soient entrés en vigueur samedi sur une série de produits canadiens.
La Presse canadienne a rapporté lundi que le président américain Donald Trump menace maintenant de porter à 50% les tarifs douaniers sur tous les véhicules, les pièces automobiles et l’acier en provenance du Canada à compter du 1er janvier. Le premier ministre Mark Carney a déclaré que le Canada ripostera aux tarifs douaniers entrés en vigueur samedi en imposant, d’ici le 8 septembre, des contre-mesures équivalentes, dollar pour dollar.

L’ACC a affirmé que les gouvernements devront placer le transport commercial au cœur de leur réponse, alors que le différend commercial affecte de plus en plus les flux de marchandises.
«L’économie canadienne entre dans une période difficile sur le plan opérationnel», a déclaré l’Alliance.
L’ACC a également indiqué que les effets du recul des exportations canadiennes ne se limiteraient pas au fret à destination des États-Unis.
Une baisse des exportations signifierait que moins de camions canadiens circuleraient aux États-Unis et, par conséquent, que moins d’équipements canadiens seraient disponibles pour transporter des marchandises américaines vers le nord. L’ACC a averti que cette situation pourrait créer un déséquilibre en matière de matériel roulant, ce qui accroîtrait la complexité logistique et les coûts pour les entreprises des deux côtés de la frontière.
«Le transport commercial ne peut être considéré comme une composante isolée de l’écosystème commercial», a déclaré l’Alliance.
L’ACC exhorte également les gouvernements à veiller à ce que le camionnage soit inclus dans toute mesure financière ou réglementaire mise en place pour soutenir les industries touchées par le différend commercial. Elle souligne que les précédents programmes d’aide fédéraux destinés à des secteurs comme celui de l’acier n’ont pas tenu compte des entreprises de camionnage chargées de transporter ces produits, laissant ainsi les transporteurs absorber les répercussions de la baisse des volumes de fret.
Selon l’ACC, toute aide gouvernementale ou possibilité de contrats publics devrait également être réservée aux transporteurs qui respectent les règles en vigueur.
L’Alliance a appelé les gouvernements fédéral et provinciaux à adopter des politiques d’«approvisionnement responsable» qui excluent les flottes ayant recours à des modèles non conformes de classification erronée des chauffeurs, comme le stratagème Chauffeur inc. L’ACC estime que les fonds publics, les programmes de stabilisation et les contrats gouvernementaux de transport de marchandises ne devraient pas profiter aux transporteurs qui ne respectent pas les exigences réglementaires, les normes du travail et les règles de sécurité.
L’ACC a également réitéré son appel à Ottawa afin qu’il collabore avec l’industrie du camionnage à la mise en place de mesures visant à lutter contre la contrebande transfrontalière et d’autres activités illégales. La sécurité frontalière et l’interception des drogues figurent parmi les points de friction dans les discussions entre le Canada et les États-Unis, et l’ACC affirme avoir élaboré un plan d’action destiné à aider les autorités à identifier les transporteurs et les chauffeurs impliqués dans des activités transfrontalières illégales.
De son côté, l’Association canadienne du camionnage d’entreprise (ACCE) s’est également dite préoccupée par l’absence d’un accord commercial.
«L’ACCE est déçu et préoccupé par l’absence d’un accord commercial entre le Canada et les États-Unis», a déclaré Mike Millian, président de l’ACCE, à notre publication sœur trucknews.com.
«Évidemment, cette situation aura des répercussions négatives sur l’économie canadienne et sur l’ensemble de l’industrie du transport. 72% des échanges commerciaux du Canada se font avec les États-Unis, et environ 60% de l’ensemble de ces échanges sont transportés par camion. Dans l’intérêt de notre pays, de l’industrie et de l’Amérique du Nord dans son ensemble, un accord commercial équitable est nécessaire. Cela dit, nous comprenons que le Canada ne peut pas accepter un accord simplement pour parvenir à une entente. Un mauvais accord vaut moins que l’absence d’accord. Nous nous attendons à ce que nos dirigeants gouvernementaux continuent de travailler avec leurs homologues américains afin de parvenir, le plus rapidement possible, à un accord équitable pour notre pays.»
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