Armement et déploiement sur les routes: les contrôleurs routiers s’inquiètent d’une ingérence électorale

Dans une lettre adressée à Serge Lamontagne, PDG de la SAAQ, le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), Jean-Claude Daignault, a fait part des inquiétudes des contrôleurs routiers concernant leur armement et leur déploiement sur les routes.

Ces inquiétudes découlent du départ de Guy Tremblay de son poste de vice-président de Contrôle routier Québec. Ce dernier a joué un rôle important dans le retour des contrôleurs routiers sur les routes après leur suspension l’an dernier. Avec son départ, M. Daignault craint la perte d’une personne expérimentée sur les enjeux liés au port et à l’utilisation d’une arme de service dans le cadre des fonctions de contrôleur routier, ce qui pourrait entraîner le départ d’autres personnes d’expérience.

(Photo : SAAQ)

«À l’aube d’un retour sur route, nous ne devons pas nous permettre de perdre des ressources expérimentées et une connaissance organisationnelle aussi précieuse», a déclaré M. Daignault.

Le président de la FCCRQ souligne d’autres enjeux, comme la structure de gestion de Contrôle routier Québec, également fragilisée par un manque d’expertise estime-t-il, mais surtout le manque d’information concernant le déploiement des contrôleurs armés. Il appert qu’ils ne seraient pas déployés par la SAAQ, mais seraient plutôt sous la responsabilité du ministère de la Sécurité intérieure (MSI) dès le 1er janvier prochain. D’autres sources soutiennent qu’aucun déploiement ne sera effectué pendant la période électorale.

«Nous souhaitons être très clairs : si ces informations s’avéraient fondées, elles soulèveraient de sérieuses questions quant à la priorité accordée à la sécurité routière», a affirmé M. Daignault. «Les contrôleurs routiers ne sont pas un outil de communication destiné à mettre en valeur une organisation ou un gouvernement à l’approche d’une élection. Nous sommes des agents de la paix. Nous sommes des professionnels formés et prêts à intervenir, à répondre aux situations qui se présentent sur le terrain et à servir la population.»

M. Daignault déplore également le manque d’effectifs au sein de Contrôle routier Québec, dont le nombre est passé de 321 à 279 en deux ans, ce qui diminue sa capacité d’intervention.

Face à toutes ces inquiétudes, la FCCRQ formule plusieurs demandes :

  • «Nous demandons donc que la sécurité routière demeure la priorité absolue dans toutes les décisions de la SAAQ entourant Contrôle routier Québec.»
  • «Nous demandons également que les membres et leurs représentants soient informés rapidement et de façon transparente des intentions gouvernementales concernant le déploiement, le transfert au MSI et la structure organisationnelle qui en découlera.»
  • «Enfin, nous vous demandons de prendre toutes les mesures nécessaires afin de préserver l’expertise développée au cours des 18 derniers mois et d’assurer une stabilité suffisante au sein de l’organisation pour éviter des départs d’employés.»

«La sécurité routière exige des ressources suffisantes, une organisation stable, une chaîne de commandement claire et des personnes qui possèdent l’expertise nécessaire pour intervenir efficacement», conclut M. Daignault.


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