Daimler ouvre l’IAA avec un tour du monde en camion électrique et une avancée dans l’hydrogène

Comme le veut la tradition, Daimler Truck a donné aujourd’hui le coup d’envoi de l’IAA Transportation. Le grand rendez-vous mondial du véhicule commercial a amorcé son édition 2026 avec sa journée de presse.

Premier constructeur à prendre la parole, Daimler a profité de l’occasion pour célébrer les 130 ans du camion, mais surtout pour exposer sa vision de son avenir. Au programme : un eActros 600 électrique qui s’apprête à faire le tour du monde, un camion NextGenH2 à hydrogène liquide qui passera bientôt aux mains de clients et une édition anniversaire offerte tant en version diesel qu’électrique.

Ces deux véhicules misent sur des sources d’énergie différentes, mais partagent désormais plusieurs composants. Ils illustrent aussi la stratégie à deux voies de Daimler : privilégier les batteries lorsque les parcours et la recharge le permettent, tout en développant la pile à combustible pour les activités exigeant davantage d’autonomie et des arrêts plus courts.

Un tour du monde en 80 recharges

Le conducteur professionnel et créateur de contenu Tobias Wagner prendra le départ de Hanovre, dès la clôture du salon, au volant d’un eActros 600 spécialement transformé.

Son objectif : parcourir environ 45 000 km, traverser une trentaine de pays sur cinq continents et compléter ce qui serait le premier tour du monde réalisé avec un camion lourd électrique à batterie. Le voyage devrait durer environ un an et nécessiter un maximum de 80 arrêts de recharge.

Tobias Wagner fera le tour du monde en camion électrique (Photo: Daimler)

« Je veux montrer au monde ce que les camions électriques à batterie peuvent déjà accomplir aujourd’hui », a expliqué M. Wagner lors de la conférence de presse de Mercedes-Benz Trucks.

Le trajet commencera en Europe centrale et du Sud-Est, avant de traverser la Turquie et l’Asie centrale. Tobias Wagner prévoit ensuite de rejoindre la Chine, puis l’Asie du Sud-Est et l’Australie. Le camion sera finalement expédié vers les États-Unis afin d’entreprendre la portion américaine du voyage.

Wagner a indiqué à Transport Routier que le véhicule devrait arriver à Seattle en mars ou avril 2027, puis descendre la côte ouest. Le parcours prévu ne passerait pas par le Canada.

Pour Daimler, l’expédition doit démontrer les capacités du camion dans des conditions extrêmement variées. Son conducteur devra composer avec des routes, des climats et des infrastructures de recharge très différents.

« Ce n’est qu’en affrontant les difficultés, particulièrement celles liées à l’infrastructure de recharge, que l’on peut déterminer ce qu’il faudra faire au cours des prochaines années pour généraliser le camionnage électrique », a-t-il souligné.

Le véhicule d’expédition est construit à partir d’un eActros 600 de série assemblé à l’usine Mercedes-Benz de Wörth, en Allemagne. Ses trois batteries au lithium-fer-phosphate offrent une capacité installée totale de 621 kWh.

Le camion a toutefois reçu plusieurs modifications pour le voyage, dont une cellule d’habitation, de l’équipement hors route, des pneus adaptés et une configuration particulière à l’essieu arrière. Une unité de recharge supplémentaire doit également lui permettre de se brancher dans des endroits qui ne disposent pas nécessairement d’une borne destinée aux poids lourds.

Cette polyvalence sera particulièrement importante en Amérique du Nord, selon M. Wagner, qui nous a indiqué que le camion transportera des adaptateurs CCS1 et NACS, ainsi que différents adaptateurs pour la recharge en courant alternatif.

« Je suis bien préparé pour toutes les prises que nous rencontrerons — du moins, je l’espère », a-t-il lancé.

Son passage aux États-Unis permettra ainsi d’observer comment un camion électrique européen peut s’adapter à un réseau nord-américain caractérisé par plusieurs connecteurs, différentes puissances de recharge et une disponibilité encore limitée pour les véhicules lourds.

L’expédition pourrait démontrer que l’autonomie du véhicule n’est plus nécessairement le principal obstacle. La capacité de trouver une borne fonctionnelle, accessible à un camion et suffisamment puissante risque d’être tout aussi déterminante.

Plus de 1 000 km à l’hydrogène liquide

Daimler poursuit parallèlement le développement du Mercedes-Benz NextGenH2, présenté publiquement pour la première fois à l’IAA Transportation.

Ce tracteur à pile à combustible est propulsé à l’hydrogène liquide et offrirait, selon le constructeur, une autonomie nettement supérieure à 1 000 km avec un seul plein. Daimler destine cette technologie aux activités lourdes de longue distance où la flexibilité, la grande autonomie et la rapidité du ravitaillement sont prioritaires.

(Photo: Daimler)

Le NextGenH2 conserve la pile à combustible BZA150 de cellcentric, déjà mise à l’épreuve dans les camions GenH2 de première génération. Ces véhicules ont collectivement parcouru près de 600 000 km dans le cadre d’essais menés avec des clients.

Daimler prévoit commencer à déployer une petite série d’environ 100 NextGenH2 auprès de clients allemands à la fin de 2026. Près de la moitié de ces véhicules seraient déjà attribués, malgré une infrastructure de ravitaillement encore très limitée. Le logisticien Dachser doit mettre les premiers exemplaires en service.

Mercedes-Benz Trucks a également profité du salon pour dévoiler sa « 130 Years Trucks Edition », qui commémore l’invention du premier camion par Gottlieb Daimler en 1896.

Limitée à 400 exemplaires, cette édition sera proposée aussi bien sur l’Actros L diesel que sur l’eActros 600 électrique. Il s’agit de la première édition spéciale de la marque offerte avec ces deux types de motorisation.


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