Camo-Route : formation, relève et main-d’œuvre au cœur d’une année charnière

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Formation obligatoire pour accéder à la classe 1, développement de nouveaux prestataires, pénurie de main-d’œuvre, transfert des compétences et changement à la coprésidence : l’Assemblée générale annuelle 2025-2026 de Camo-Route a mis en lumière une industrie du transport routier qui doit accélérer ses efforts pour préparer sa relève.

L’organisation a d’abord présenté un bilan marqué par plus de 12,5 millions $ en subventions gouvernementales directement liées à ses projets. Au total, 15 projets ont été développés et proposés aux entreprises, auxquels ont participé 171 entreprises et organismes. Plus de 1 618 personnes ont été formées, 66 actions ont été menées et l’organisation a participé à 20 événements grand public.

Parmi les initiatives, 369 personnes ont été formées dans le DEP en transport par camion spécialisé en alternance travail-études. Camo-Route a également formé 151 personnes provenant de 19 entreprises dans le cadre de la formation de formateurs en conduite de camion.

Nathalie Messias (Photo : David Simard-Jean)

Pour Nathalie Messias, directrice générale de Camo-Route, l’organisation occupe une position particulière puisqu’elle permet de réunir les différents acteurs du transport autour des enjeux de main-d’œuvre, favorisant ainsi la circulation des connaissances et des points de vue afin d’apporter des solutions adaptées aux réalités du secteur.

«Nous réunissons les expertises, faisons émerger les besoins et créons les conditions pour transformer les idées et les constats en projets et en actions concrètes», a-t-elle déclaré lors de l’AGA.

Le Programme d’entretien préventif (PEP) a rejoint 647 personnes, dont 467 en formation initiale et 180 en mise à niveau. Dans le transport scolaire, 183 conducteurs et conductrices provenant de 40 entreprises ont suivi une formation en gestion des comportements. La formation à l’utilisation d’un téléphone intelligent a quant à elle rejoint 293 personnes dans 41 entreprises.

Camo-Route se prépare déjà pour la suite. Les prochaines initiatives comprennent notamment la poursuite du DEP en alternance travail-études, dont les cohortes d’automne sont déjà complètes et une liste d’attente a été établie pour janvier; une formation sur l’intelligence artificielle destinée aux répartiteurs; le deuxième volet de la formation en gestion des comportements dans le transport scolaire et une enquête sur la rémunération.

La formation de classe 1 prend son rythme

L’AGA a également permis de faire le point sur les changements réglementaires entrés en vigueur à la fin de 2025 et rendant obligatoire une formation pour accéder à la classe 1.

Au 31 août 2026, 47 prestataires étaient reconnus par la SAAQ pour offrir cette formation, soit 28 écoles de conduite, 17 entreprises et deux établissements d’enseignement. Le nombre de formateurs admis atteignait 116, ce qui représentait environ 67% du nombre estimé nécessaire pour répondre à la demande québécoise.

La SAAQ souhaite d’ailleurs que davantage d’entreprises participent directement à cet effort de formation. «Ce ne sont pas uniquement les écoles de conduite ou les centres de formation professionnelle qui peuvent offrir les formations. Un exploitant peut également le faire», a expliqué Geneviève Lachance, notamment conseillère normative pour les règles d’accès à la conduite pour les classes 1, 2, 3, 4A et 4B à la SAAQ.

Sept nouvelles entreprises avaient été acceptées parmi les demandes reçues, mais la sélection demeure rigoureuse. «C’est un processus extrêmement complexe, mais cette rigueur est nécessaire dans la sélection de nos prestataires de formation», a indiqué Mme Lachance.

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle exigence, le 15 décembre 2025, et jusqu’au 31 août, 2 004 attestations de réussite théorique avaient été enregistrées, soit 577 dans le parcours réglementaire et 1 427 dans le DEP. À cela s’ajoutaient 1 101 réussites des étapes pratiques, pour un total de 3 105 attestations reçues par la SAAQ.

La progression contraste avec les premiers mois du programme. «Nous étions conscients de l’importance du changement demandé et du temps nécessaire pour que l’industrie et le marché de la main-d’œuvre s’adaptent à cette nouvelle formation», a ajouté Mme Lachance, constatant maintenant que «progressivement, les gens s’adaptent».

Une concurrence grandissante pour la main-d’œuvre

Cette adaptation devra toutefois se produire dans un contexte démographique difficile. Jean Lortie, président de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), a prévenu les représentants de l’industrie que plusieurs secteurs chercheront simultanément à attirer des travailleurs au cours des prochaines années.

La concurrence pourrait notamment provenir de l’aérospatiale, des infrastructures et du secteur de la défense. Elle pourrait être particulièrement forte et contribuer à attirer des travailleurs actuellement présents dans le transport routier.

«Vous devrez redoubler d’efforts pour attirer, recruter et retenir vos talents actuels et vos futurs employés, parce que vous n’êtes pas les seuls à chercher de la main-d’œuvre», a déclaré M. Lortie.

Il conseille donc à l’industrie de planifier dès maintenant ses stratégies pour attirer, recruter et retenir la main-d’œuvre de demain, dans un contexte marqué par la transition verte et les changements technologiques.

«Vous évoluez dans un secteur d’activité économique stratégique, qu’il s’agisse de la chaîne logistique ou du transport des personnes, mais vous faites également partie d’une économie en pleine mutation», a souligné M. Lortie.

Un changement à la coprésidence

Cette réflexion sur l’avenir accompagne également une transition à la direction de Camo-Route. Josyanne Pierrat, directrice, Conformité et affaires juridiques à l’ACQ, et Richard Potvin, chauffeur chez Sobeys, quittent la coprésidence du conseil d’administration, alors que Christine Deslauriers, directrice générale adjointe et secrétaire corporative de la Fédération des transporteurs par autobus, prend la relève à titre de coprésidente patronale.

«Notre industrie évolue rapidement. Le recrutement demeure un défi important, mais les entreprises doivent aussi réussir à intégrer et à retenir leur personnel, à développer les compétences et à préparer la relève, tout en s’adaptant aux transformations technologiques», a-t-elle affirmé.

Elle souhaite notamment faire entendre la perspective du transport de personnes, tout en travaillant sur les enjeux communs avec le transport de marchandises, selon une approche reposant sur la concertation.

«Je souhaite également apporter à la coprésidence la perspective du transport de personnes, tout en travaillant sur les nombreux enjeux que nous partageons avec le transport de marchandises.»

Josyanne Pierrat demeurera pour sa part membre du conseil d’administration, tandis que Richard Potvin quitte Camo-Route dans le contexte de sa retraite, tout en poursuivant ses activités de camionneur et de formateur.


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