Encadrement des grèves dans les chaînes d’approvisionnement : l’industrie du camionnage applaudit, les syndicats montent aux barricades

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) dit accueillir favorablement le projet de loi C-39, baptisée Loi visant à bâtir un Canada fort, estimant qu’il permettra de réduire la paperasse et d’améliorer les conditions de travail des chauffeurs professionnels de partout au pays.

Cette loi encadre, entre autres dispositions, les différentes étapes que franchissent les conflits de travail dans les secteurs de la chaîne d’approvisionnement sous réglementation fédérale, tels que les ports ou le ferroviaire, ainsi que les manières d’y mettre fin. Des grèves prolongées dans ces secteurs ont récemment nui à l’industrie du camionnage.

Camion entouré de conteneurs au port de Montréal
(Photo : Port de Montréal)

« À titre de principal mode de transport de la nation – transportant plus de 80% des marchandises outre-frontière et alimentant les économies régionales – l’industrie du camionnage a besoin d’une infrastructure efficace, de corridors commerciaux fiables et de normes du travail équitables », dit l’ACC par voie de communiqué, plaidant pour la stabilité.

Atteinte aux droits fondamentaux

Au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente notamment les débardeurs des ports de Montréal et de Québec, on estime que le gouvernement Carney profite de la rentrée parlementaire pour faire volte-face en s’attaquant aux droits les plus fondamentaux des travailleurs.

« Dorénavant, les entreprises sous compétence fédérale sauront que le gouvernement est dans leur camp lors de négociations; elles n’auront donc aucun intérêt à négocier de bonne foi », estime la secrétaire générale du SCFP-Québec, Fanny Demontigny.

Syndiqués d’Unifor manifestent contre C-39
(Photo : Unifor)

Son de cloche similaire chez Unifor, qui évoque une atteinte au droit de grève protégé par la Charte des droits.

« Les modifications proposées au Code canadien du travail confèrent au ministre du Travail un pouvoir spécial lui permettant de prévaloir sur la capacité des travailleuses et travailleurs à exercer leur droit de grève », dénonce Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.

Unifor négocie au nom de quelque 70 000 travailleuses et travailleurs dans des secteurs sous réglementation fédérale, dont les transports routier, maritime, ferroviaire et aérien.

« Quels intérêts sont protégés ici? Ceux des grandes entreprises ou ceux des travailleuses et travailleurs? Ce processus risque d’implanter durablement l’intervention préventive du gouvernement et de créer un système où les effectifs risqueraient d’être dépouillés de leurs droits simplement en fonction de l’endroit où ils travaillent », affirme pour sa part Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.


Donnez votre avis

Vos données ne seront ni publiées, ni partagées.

*