L’utilisation de l’IA par les flottes canadiennes bondit à 49% en deux ans

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L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) par les entreprises canadiennes de camionnage et de logistique a plus que doublé en deux ans, mais de nombreux dirigeants de l’industrie affirment ne toujours pas disposer du personnel, des compétences et des plans nécessaires pour exploiter pleinement cette technologie.

Près de la moitié (49%) des dirigeants sondés par RH Camionnage Canada (RHCC) et Abacus Data ont indiqué que leur organisation utilise déjà l’intelligence artificielle sous une forme ou une autre, comparativement à environ 19% lors du précédent sondage réalisé en 2024. Un autre 30% prévoit l’utiliser au cours des cinq prochaines années, tandis que 21% n’ont actuellement aucun projet d’adoption de cette technologie, une proportion en forte baisse par rapport aux 46% enregistrés deux ans plus tôt.

Mais la mise en œuvre de l’IA apparaît comme un défi encore plus important, puisque 79% des répondants estiment que le principal obstacle à son utilisation réside dans les ressources humaines et les compétences, plutôt que dans la technologie elle-même.

81% des répondants ont indiqué que cette technologie crée des besoins croissants en compétences pour des postes autres que ceux de chauffeurs, notamment en informatique, en données et en intelligence artificielle. En revanche, seulement 49% affirment que leur équipe de direction dispose d’un plan clair pour adapter le fonctionnement de leur organisation à l’IA.

(Graphique : RHCC/Abacus Data)

Mais même si l’adoption de l’IA progresse rapidement, de nombreux dirigeants de l’industrie du camionnage cherchent encore à déterminer comment exploiter concrètement cette technologie.

«Même ceux qui sont enclins à dire : “Je veux le faire” ou “Je le fais déjà” ne sont pas à l’aise d’affirmer : “Nous avons un plan clair pour savoir comment mettre cette technologie en œuvre”», a déclaré David Coletto, fondateur d’Abacus Data, lors du webinaire du 1er octobre.

Parallèlement, les attentes des clients augmentent. Plus de la moitié des répondants (51%) ont indiqué que leurs clients exigent désormais davantage de données et de visibilité que leur organisation n’est actuellement en mesure de leur fournir. Selon M. Coletto, cette situation accentue la pression sur les entreprises pour qu’elles adoptent des outils capables de fournir de l’information en temps réel. Cela signifie également que les entreprises de camionnage seront de plus en plus en concurrence avec d’autres secteurs pour recruter des travailleurs possédant les compétences nécessaires à la mise en œuvre de ces systèmes.

«Les clients veulent maintenant davantage de données. Ils veulent pouvoir suivre les choses en temps réel. Leurs attentes ont augmenté parce qu’ils savent que ces outils existent; il n’y a donc plus d’excuse», a-t-il affirmé. «Vous devez maintenant aussi rivaliser avec tous les autres secteurs pour recruter les mêmes spécialistes en technologie capables de comprendre comment concevoir, déployer et mettre en place ces outils.»

Interrogés sur leurs défis de recrutement, 19% des répondants ont indiqué éprouver des difficultés à pourvoir les postes liés à la technologie, aux données et aux systèmes.

L’IA utilisée pour aider les travailleurs, et non pour les remplacer

Mark Seymour, PDG de Kriska Transportation Group, une entreprise établie en Ontario, et président de la Truckload Carriers Association (TCA), considère avant tout l’IA comme un moyen d’aider les employés à prendre des décisions plus éclairées et plus rapidement, plutôt que de les remplacer.

«Je continue de croire que la plupart des tâches que nous accomplissons sont réalisées par des personnes, qu’il s’agisse de conduire un camion ou de le réparer», a-t-il indiqué. «L’IA peut certainement aider à élaborer une stratégie, mais elle ne va pas l’exécuter. Pour cela, il faut des gens.»

M. Seymour a ajouté que l’une des possibilités offertes par l’IA consiste à analyser de grandes quantités de données d’entreprise que les employés ne pourraient, de façon réaliste, traiter manuellement.

Il a également encouragé les travailleurs à réfléchir à la façon dont l’IA pourrait les rendre plus efficaces, plutôt que de se concentrer uniquement sur le risque qu’elle puisse remplacer certains emplois.

«Si j’avais 25 ans et que je cherchais à conserver mon emploi, j’essaierais de comprendre comment l’IA peut m’aider à être meilleur dans mon travail afin de protéger mon poste», a souligné M. Seymour. «Je ne craindrais pas que l’IA me vole mon emploi.»

M. Coletto partage cet avis, soulignant que la plupart des dirigeants sondés ne voient pas l’IA principalement comme un moyen de supprimer des emplois, mais plutôt comme un outil permettant d’accroître la productivité de leur main-d’œuvre actuelle.

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