Tarifs douaniers : 65% des entreprises québécoises subissent ou anticipent une hausse de leurs coûts

Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent de peser sur les entreprises québécoises. Selon un nouveau coup de sonde de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), 65% des répondants constatent déjà ou anticipent une augmentation de leurs coûts en raison des contre-tarifs canadiens. Une situation qui pourrait également avoir des répercussions sur l’industrie du camionnage.

Publié le 2 octobre, le rapport Incertitude commerciale : les entreprises face aux coûts et aux défis d’adaptation présente les résultats d’une consultation réalisée du 8 au 25 septembre 2026 auprès de 160 participants issus des réseaux de la CCMM et de la FCCQ.

Les résultats montrent que les conséquences du conflit commercial dépassent largement les entreprises qui exportent directement aux États-Unis.

(Photo : iStock)

Ainsi, 45% des répondants affirment être touchés par le ralentissement économique ou l’incertitude générale, même sans entretenir de relations commerciales directes avec le marché américain.

Par ailleurs, 30% des entreprises interrogées importent des produits américains, 26% importent des produits visés par les contre-tarifs canadiens et 25% exportent directement des marchandises vers les États-Unis.

Des coûts en hausse et peu de solutions de remplacement

Selon le sondage, 29% des répondants constatent déjà une hausse directe de leurs coûts en raison des contre-tarifs canadiens, tandis que 18% anticipent une augmentation prochaine. Une autre proportion de 18% signale des hausses indirectes transmises par leurs fournisseurs canadiens.

La recherche de solutions de remplacement représente également un défi. Seulement 4% des répondants affirment disposer d’une solution comparable en matière de coûts et de délais.

Une proportion de 23 % indique avoir trouvé des solutions plus coûteuses ou nécessitant des délais supplémentaires, tandis que 27 % évaluent toujours leurs possibilités.

Face à ces difficultés, 49 % des entreprises interrogées jugent nécessaire une exemption ou une remise de droits de douane.

Des programmes d’aide encore méconnus

Malgré les difficultés économiques, seulement 8% des répondants déclarent avoir reçu du soutien gouvernemental.

Près du tiers, soit 32%, reconnaissent ne pas connaître suffisamment les programmes disponibles, tandis que 17% indiquent que leur entreprise ou leur projet n’est pas admissible aux mesures existantes.

Le manque d’information constitue d’ailleurs le principal obstacle à l’utilisation des programmes gouvernementaux liés au contexte tarifaire, selon 35% des répondants à cette question.

Le fardeau réglementaire préoccupe les entreprises

Au-delà des tarifs douaniers, 64% des répondants estiment que leur fardeau réglementaire et administratif a augmenté au cours des cinq dernières années.

48%, placent sa réduction parmi les trois principales mesures susceptibles de renforcer leur compétitivité. La diversification des marchés arrive ensuite à 34%, suivie de l’amélioration de la compétitivité fiscale, à 32%. Par ailleurs, 13% des entreprises identifient le recrutement de main-d’œuvre internationale parmi leurs principaux fardeaux administratifs.

Pour alléger ces contraintes, 39% des répondants souhaitent une révision systématique des règlements existants et 37% privilégient le principe «Une fois suffit», visant à éviter la multiplication des démarches administratives.

La CCMM et la FCCQ recommandent finalement de faciliter les exemptions tarifaires pour les intrants essentiels, de mieux faire connaître les programmes d’aide et de réduire le fardeau réglementaire.


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