Un mandat rempli de défis pour Jean-Claude Fortin

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Jean-Claude Fortin se rappelle précisément le jour où il a obtenu son permis de classe 1. C’était le 11 mars 1961 et il avait 17 ans. Plus tôt cette semaine, il a été nommé à la présidence du Conseil de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC). Il est le deuxième Québécois seulement à occuper ce poste, après Claude Robert.

«Cela fait plus de 60 ans que je suis dans le transport. J’avais 10 ans quand j’ai commencé à me promener en camion avec mon père», dit-il. Il a dirigé l’une des plus vieilles entreprises de camionnage du Québec, J.E. Fortin, fondée en 1923, durant plus de 30 ans. Ses filles ont pris la relève : Annie à la tête de J.E. Fortin, et Caroline à la présidence de TSX, acquise en 2009.

Jean-Claude Fortin a toujours appuyé et s’est toujours impliqué dans son association provinciale. Il a siégé 20 ans au Conseil d’administration de l’Association du camionnage du Québec et Annie lui a succédé. Caroline était la présidente du congrès 2020, qui n’a pas pu avoir lieu pour les raisons que l’on connaît. Elle sera la présidente du congrès l’an prochain, en espérant qu’il ait lieu.

«L’adhésion à l’association nous apporte des contacts. On a besoin de l’association pour défendre les dossiers de l’industrie au niveau provincial et fédéral. Elle permet d’être informé en premier, de savoir ce qui s’en vient et d’être conforme au point de vue de la sécurité», énumère M. Fortin.

Il entreprend son mandat quelques mois plus tard que prévu en raison de la pandémie de COVID-19. En 60 ans, il n’a jamais rien de vu de comparable. Ni les récessions des années 70 et 80, ni le 11 Septembre n’ont fait aussi mal à l’économie et à l’industrie. «Si mon père [Eugène] était en vie, il pourrait te parler de la Grande Dépression. De ce qu’il me racontait, c’était semblable à ce qui se passe en ce moment.»

Alors que l’économie et l’industrie tentent de se relever, l’ACC se donne comme rôle de recueillir et de transmettre le maximum d’informations à ses membres, au niveau provincial et national, afin de les aider à prendre les meilleures décisions d’affaires possibles, affirme M. Fortin. L’Alliance va intensifier son lobby auprès du fédéral, et encourager les associations provinciales à faire de même, afin que les différents paliers de gouvernement mettent en place des programmes pour accompagner les entreprises en ces moments de turbulence.

Le dossier des Chauffeurs Inc. est particulièrement préoccupant. «Selon ce que l’on rapporte dans le milieu, c’est un phénomène qui se répand au pays. C’est le plus gros dossier de mon mandat», assure le nouveau président du conseil de l’ACC. «Avec les taux que certaines entreprises facturent autour de nous, on ne comprend pas comment elles font pour arriver. Ces entreprises ne payent pas les retenues à la source, les vacances, les journées de congé. C’est un stratagème qui a des effets pervers, qui ne protège pas les chauffeurs et qui cause une concurrence déloyale.»

Le manque de main-d’œuvre demeure une préoccupation. L’ACC veut organiser une campagne nationale sur les médias sociaux en vue d’améliorer l’image de l’industrie et de promouvoir le camionnage comme carrière pour les jeunes.  «La pandémie actuelle n’aide pas à attirer de la main-d’œuvre. Les expéditeurs doivent aussi être sensibilisés à l’importance de respecter nos chauffeurs», constate Jean-Claude Fortin.

La réglementation canadienne sur les dispositifs de consignation électronique occupe aussi une place importante dans les priorités de l’ACC. Jean-Claude Fortin reconnait le sérieux de la démarche canadienne qui prévoit la certification des appareils par des firmes indépendantes. Il croit qu’il y aura un nombre limité de fournisseurs certifiés au Canada et il a confiance que la transition va bien se passer.

L’ACC s’intéressera aussi aux tarifs des primes d’assurance qui sont très élevés et qui risquent d’augmenter encore. L’ACC et ses représentants provinciaux veulent discuter avec les transporteurs de l’importance de la tarification qui est de plus en plus difficile à absorber, et s’assurer qu’ils aient une protection adéquate.

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