Ottawa accorde un sursis de 12 mois à certains travailleurs étrangers du Québec

Le gouvernement fédéral a annoncé plus tôt aujourd’hui une nouvelle mesure temporaire qui, dit-il, vise à aider le gouvernement du Québec à retenir les travailleurs qualifiés en voie d’obtenir la résidence permanente.

Avec cette mesure, les travailleurs admissibles pourront continuer à travailler pour leur employeur actuel pour une période supplémentaire maximale de 12 mois.

Camionneur au teint basané au volant de son camion
(Photo : Volvo Trucks)

« Le gouvernement du Québec aura ainsi le temps d’examiner leur admissibilité à un Certificat de sélection du Québec avant qu’ils ne présentent une demande de résidence permanente », peut-on lire dans le communiqué émis par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

« La mesure que nous annonçons aujourd’hui constitue un levier stratégique qui offrira à Québec davantage de temps pour planifier la transition de son immigration temporaire vers la résidence permanente », se félicite pour sa part Joël Lightbound, lieutenant du Québec du gouvernement Carney.

Beaucoup, beaucoup d’exclus

Le diable se trouve souvent dans les détails, et cette annonce ne fait pas exception. De nombreux travailleurs étrangers sont en effet exclus de ce sursis, même si le ministre québécois de l’Immigration, Jean-François Roberge, clame qu’il a réussi à faire reculer le fédéral.

Dans un premier temps, Ottawa précise que « Cette mesure ne s’applique qu’aux personnes ayant reçu une invitation à présenter une demande de sélection permanente du Québec. »

Au Conseil du patronat du Québec (CPQ) et à la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), on déplore que le sursis annoncé exclue les travailleurs de plusieurs régions telles que celles du Grand Montréal, de Québec-Lévis, de Gatineau, de Sherbrooke, de Trois-Rivières, de Saguenay et de Drummondville.

« Ensemble, elles regroupent près des ¾ de la population et des emplois du Québec. Les entreprises qui se trouvent dans ces régions seront donc pénalisées et continueront de perdre leurs travailleurs étrangers temporaires simplement en raison de la municipalité où elles opèrent », dénonce la FCCQ.

« Dans un an, on va revivre la même crise: tous les travailleurs non sélectionnés au PSTQ feront face à la même échéance qu’aujourd’hui. En excluant des assouplissements au PTET la plupart des grandes villes du Québec, on fragilise encore plus les entreprises qui s’y trouvent », affirme Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.


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