Plus de 1,3 million de permis de travail temporaires expireront d’ici 2026, un défi pour les PME

Plus de 1,3 million de permis de travail temporaires expireront d’ici la fin de 2026, une situation qui pourrait créer d’importants défis économiques et de main-d’œuvre pour les PME canadiennes, avertit la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Selon un sondage mené en 2024-2025 auprès d’entreprises ayant eu recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), 57 % des répondants affirment qu’ils devront réduire leurs plans de croissance s’ils ne peuvent pas retenir ou recruter des travailleurs étrangers. Plus de la moitié (52 %) indiquent également qu’ils seraient incapables de traiter certaines commandes ou de fournir certains services.

Près d’un quart des entreprises (24 %) disent qu’elles devraient réduire leurs heures d’ouverture, tandis que 18 % estiment qu’il est très probable qu’elles soient forcées de fermer leurs portes.

(Photo : Volvo Trucks)

«De nombreux employeurs ne pourront pas être en mesure de garder leurs travailleurs étrangers en raison des récents changements fédéraux. Cela fragilisera des secteurs clés qui sont déjà confrontés à des pénuries de main-d’œuvre à un moment où le pays doit renforcer son économie et ses chaînes d’approvisionnement », a déclaré Jasmin Guénette, vice-président aux Affaires nationales à la FCEI.

L’organisme souligne que plusieurs Canadiens croient à tort que les travailleurs étrangers temporaires prennent des emplois aux candidats locaux. Or, selon une note de recherche de la FCEI, les PME y ont recours principalement pour combler des postes lorsque la main-d’œuvre qualifiée locale n’est pas disponible.

«Les PME veulent embaucher des Canadiens, y compris des jeunes et des personnes issues de groupes sous-représentés, mais certains emplois exigent des compétences précises qu’elles ne parviennent pas à trouver. En fait, la proportion de jeunes travaillant dans plusieurs des secteurs où les travailleurs étrangers temporaires sont employés, comme le secteur agricole ou manufacturier, demeure extrêmement faible. Dans certains cas, sans ces travailleurs étrangers qualifiés, il y a moins d’emplois pour les Canadiens. C’est pourquoi l’accès aux travailleurs issus de l’immigration demeure essentiel», a expliqué M. Guénette.

Afin d’éviter des perturbations et de préserver les chaînes d’approvisionnement, la FCEI demande notamment au gouvernement fédéral de faciliter le maintien au pays des travailleurs étrangers temporaires déjà présents, d’offrir une voie d’accès à la résidence permanente pour certains travailleurs et de réduire le fardeau administratif du programme.

«Les entreprises et leurs employés ont besoin de stabilité. Bon nombre de détenteurs de permis de travail, y compris des travailleurs étrangers temporaires, sont déjà intégrés à leurs communautés et y contribuent. Les politiques d’immigration doivent répondre aux besoins économiques. Le gouvernement doit présenter un plan concret pour assurer la stabilité de la main-d’œuvre», soutient Christina Santini, directrice des Affaires nationales à la FCEI.


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