Les commandes de camions lourds sont demeurées solides en mars

La firme spécialisée FTR rapporte que les flottes d’Amérique du Nord ont commandé un total de 38 200 camions de classe 8 en mars. C’est un déclin (- 19%) par rapport à février mais plus que le double (+ 137%) des commandes enregistrées en mars de l’an dernier.

C’est le quatrième mois de suite que les commandes sont d’au moins 20% supérieures sur une base annuelle et le deuxième mois consécutif où cette croissance surpasse les 135%.

Ouvriers assemblent un camion sur une chaîne de montage
(Photo : International Motors)

Par rapport à février, les commandes de camions vocationnels ont grimpé alors que celles des camions autoroutiers ont décliné de façon notable. Malgré cette différence, les deux segments ont connu de fortes hausses sur une base annuelle.

FTR estime que le marché des camions repose présentement sur des bases solides, grâce à l’amélioration des indicateurs fondamentaux du transport de marchandise.

Comme au cours des derniers mois, la bonne tenue du marché s’expliquerait par une forme de rattrapage du remplacement de leurs camions par les flottes. Les volumes plus élevés de fret à transporter et des attentes à l’effet que les taux de transport augmentent expliqueraient également que les entreprises de camionnage soient davantage prêtes à délier les cordons de la bourse pour commander des camions neufs, dans un contexte où la capacité de transport est en baisse.

Des risques demeurent

Selon Dan Moyer, analyste principal chez FTR, certains risques planent cependant toujours au-dessus du marché de la fabrication de poids lourds, dont la trajectoire de la reprise en demande de services de transport, les frais de financement qui demeurent élevés ainsi que la géopolitique qui affecte le prix du carburant pour les flottes clientes.

« Par ailleurs, plusieurs risques sont induits par la hausse des commandes elle-même », dit M. Moyer, selon qui il est possible que plusieurs flottes placent des commandes de camions de classe 8 de façon préventive pour s’assurer d’obtenir des cases de production, ce qui pourrait entraîner une augmentation des arriérés de production et des taux d’annulation de commandes élevés plus tard en cours d’année, surtout si la reprise du marché du fret devait ralentir ou faire du surplace.

L’analyse ajoute que la situation actuelle de commandes très élevées soulève la question à savoir si l’industrie est capable de hausser et de soutenir sa production de poids lourds à de tels niveaux, malgré les contraintes de main-d’œuvre et de chaînes d’approvisionnement.


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