Les ministres du Travail s’attaquent à la classification des camionneurs et à la mobilité de la main-d’œuvre

Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du travail ont placé le secteur du camionnage au cœur de leurs priorités lors de leur rencontre tenue vendredi à Québec, en mettant notamment l’accent sur la lutte contre les erreurs de classification des travailleurs, un enjeu directement lié au phénomène du «Chauffeur inc.»

Réunis pour faire avancer plusieurs dossiers touchant les milieux de travail à l’échelle canadienne, les ministres ont insisté sur l’importance d’améliorer la mobilité de la main-d’œuvre et d’harmoniser les règles en matière de santé et de sécurité, deux éléments jugés essentiels dans un contexte de pénurie persistante de chauffeurs et de transformation rapide de l’industrie.

(Photo ; iStock)

Ils ont souligné les progrès réalisés au cours des dernières années pour rapprocher les cadres réglementaires entre les provinces, une démarche qui vise à faciliter le déplacement des travailleurs, y compris les camionneurs, d’une juridiction à l’autre sans multiplication des exigences administratives.

Mais c’est surtout la question de la classification des travailleurs qui retient l’attention du secteur. Les ministres ont mandaté leurs représentants de mettre sur pied un groupe de travail fédéral-provincial-territorial chargé d’élaborer un plan commun pour s’attaquer aux erreurs de classification dans le transport routier, avec un premier bilan attendu à l’automne 2026. Ce chantier s’inscrit directement dans les préoccupations de l’industrie concernant les modèles de type «Chauffeur inc.»

«Notre approche a toujours consisté à travailler ensemble. Notre collaboration bien établie appuie les efforts que nous faisons à l’échelle nationale pour transformer l’économie canadienne. Nous nous inspirons tous des personnes qui bâtissent notre pays. Et c’est pour elles que nous veillons à ce que notre main‑d’œuvre soit forte, résiliente et agile, partout au pays», a déclaré John Zerucelli, ministre du Travail fédéral.

Du côté du Québec, le ministre du Travail Jean Boulet a insisté sur la nécessité d’une action concertée pour accompagner les transformations du marché du travail.

«Les transformations du monde du travail exigent que les gouvernements travaillent ensemble, dans le respect de leurs compétences respectives, pour soutenir les travailleurs et accompagner les entreprises», a-t-il affirmé. «En facilitant la mobilité de la main-d’œuvre et en maintenant des standards élevés en matière de santé et de sécurité, nous contribuons à bâtir une économie plus forte et des milieux de travail plus modernes.»

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) a fait part de son enthousiasme envers la mise en place du groupe de travail.

«Nous saluons le gouvernement du Canada et les provinces pour continuer à démontrer leur engagement à mettre fin à la crise de la classification erronée dans l’industrie du camionnage, connue sous le nom de Chauffeur inc.», a déclaré Stephen Laskowski, président et chef de la direction de l’ACC. «L’ACC et les associations provinciales travailleront avec tous les ministres afin de s’assurer que le plan reflète l’ampleur du problème. Aucune piste ne doit être négligée, car cette fraude est profondément enracinée et largement répandue.»

L’ACC continuera de réitérer son message selon lequel les organismes provinciaux et fédéraux doivent collaborer en matière d’application des règles sur la mauvaise classification, notamment les commissions des accidents du travail, les agences du revenu et les ministères des Transports.

«La seule façon de mettre fin à la classification erronée est d’avoir une application des règles vaste, continue, rigoureuse et assortie de conséquences. Les pénalités ne doivent pas être perçues comme un simple coût des affaires », a déclaré Stephen Laskowski.

«Des années d’opérations coup de poing menées par les autorités provinciales et fédérales, comme celles réalisées par EDSC, la WSIB et d’autres initiatives routières à travers le Canada, ont été révélatrices. Elles ont mis en lumière l’ampleur du problème dans l’industrie du camionnage au pays. Les ministres doivent adopter un programme d’application des règles complet et significatif, qui coordonne le partage de renseignements entre les organismes fédéraux et provinciaux, avec des pouvoirs d’intervention réels et des pénalités substantielles.»

Au-delà du camionnage, les ministres ont également convenu d’accélérer les travaux visant à harmoniser les exigences en matière de santé et de sécurité dans le secteur de la construction, notamment par l’élaboration d’un curriculum de formation commun. Une approche intergouvernementale en matière de formation devra aussi être précisée d’ici l’automne 2026.

Les ministres ont finalement convenu de se rencontrer plus fréquemment afin d’assurer un suivi serré de ces dossiers. Les prochaines rencontres sont prévues cet automne en Nouvelle-Écosse et au printemps 2027 en Saskatchewan.


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