Mark Carney dénonce le péage prévu au Nouveau-Brunswick et répète que les barrières commerciales doivent disparaître
Le premier ministre Mark Carney a critiqué le projet du Nouveau-Brunswick d’instaurer un péage autoroutier à sa frontière avec la Nouvelle-Écosse, alors que son gouvernement tente d’éliminer les barrières commerciales intérieures au pays.
Mark Carney a déclaré jeudi qu’il accentuera la pression sur les provinces afin qu’elles fassent leur part, après que son gouvernement eut adopté une loi visant à éliminer toutes les barrières fédérales au commerce interprovincial.
«Non, je ne suis pas content de l’intention du Nouveau-Brunswick, et nous allons continuer d’en discuter avec eux», a déclaré Mark Carney aux journalistes à Ottawa.

En réponse aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur des produits canadiens comme l’aluminium et l’acier, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux travaillent à réduire les barrières commerciales internes qui limitent la mobilité de la main-d’œuvre et la circulation des marchandises.
Plus tôt cette année, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que l’élimination des barrières commerciales internes pourrait faire croître le PIB du Canada de 7%, soit près de 210 milliards $.
«Nous avons une série de tables, ou de négociations, au niveau provincial afin que les provinces fassent ce qu’elles doivent faire», a affirmé Mark Carney. «Nous allons continuer à exercer de la pression et nous allons accentuer cette pression sur les provinces.»
Au cours de la dernière année, le Nouveau-Brunswick a pris certaines mesures pour faciliter le commerce interprovincial en présentant des projets de loi et en signant des ententes unilatérales avec d’autres provinces. Toutefois, le gouvernement libéral de la province a annoncé en mars qu’il commencerait à imposer un péage aux véhicules immatriculés hors province d’ici 2028 sur une autoroute à Aulac, située près de la frontière avec la Nouvelle-Écosse.
Le péage figurait dans le budget 2026-2027 du gouvernement, qui prévoyait un déficit record de 1,3 milliard $, comme moyen de générer environ 10 millions $ de revenus pour l’entretien des routes.
La première ministre Susan Holt a réitéré le raisonnement de son gouvernement dans une déclaration en réponse aux commentaires de Mark Carney. «Le Nouveau-Brunswick montre la voie en matière de réduction des barrières commerciales et de renforcement de notre économie régionale», a indiqué Susan Holt.
«Cette proposition vise à garantir que nous puissions continuer à entretenir les infrastructures essentielles qui la soutiennent.»
Son gouvernement a essuyé des critiques au sujet du péage, qui pourrait atteindre 4 $ par véhicule ne portant pas une plaque d’immatriculation du Nouveau-Brunswick.
La Chambre de commerce de l’Atlantique a affirmé que le péage proposé va à l’encontre des efforts visant à stimuler le commerce interprovincial et qu’il risque de décourager les investissements.
Stephen Laskowski, président de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC), a déclaré plus tôt ce mois-ci que le péage viserait les transporteurs hors province et qu’il serait «probablement inconstitutionnel».
Susan Holt a défendu à plusieurs reprises cette redevance en soulignant que d’autres provinces imposent elles aussi des péages.
«À l’heure actuelle, le Nouveau-Brunswick est la seule province des Maritimes sans péage. La Nouvelle-Écosses et l’Île-du-Prince-Édouard disposent déjà de systèmes où l’usager paie», a souligné Susan Holt jeudi. «S’aligner sur cette réalité est raisonnable.»
Le péage du Cobequid Pass, en Nouvelle-Écosse, a été instauré en 1997 afin de financer la construction de l’autoroute. Le péage a été aboli en 2021 pour les véhicules immatriculés en Nouvelle-Écosse, mais il est demeuré en vigueur pour tous les autres.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le Pont de la Confédération est assujetti à un péage perçu par le gouvernement fédéral afin de verser une subvention annuelle à son exploitant privé. Le pont relie l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick.
Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, a déclaré plus tôt cette semaine qu’il était mal à l’aise tant avec le péage proposé par Susan Holt qu’avec le prélèvement déjà en vigueur au Cobequid Pass. «Exempter les citoyens de certaines provinces ne me convient pas entièrement», a affirmé Rob Lantz, alors qu’il se tenait aux côtés de Susan Holt lors de la conférence de presse.
Malgré les «situations budgétaires serrées» des provinces de l’Atlantique, Rob Lantz a dit espérer que Susan Holt serait disposée à poursuivre les discussions au sujet du péage.
Mark Carney et Susan Holt se sont rencontrés lundi et ont discuté de la façon dont leurs gouvernements pourraient collaborer dans les secteurs de l’énergie, des soins de santé et des ressources naturelles.
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