Les États-Unis ne renouvelleront pas l’accord commercial avec le Canada et le Mexique «dans sa forme actuelle»
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les États-Unis ne renouvelleront pas l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) «dans sa forme actuelle». L’accord commercial demeurera toutefois en vigueur pendant la poursuite des négociations.
«Les États-Unis continueront de collaborer avec le Mexique et le Canada afin de remédier aux lacunes de l’Accord et à nos déficits commerciaux avec ces deux pays», a déclaré Jamieson Greer dans un communiqué publié le 1er juillet.

Cette décision déclenche un processus d’examen annuel renouvelable pouvant s’étendre sur une période maximale de dix ans, au terme de laquelle l’accord expirera si aucune prolongation n’est convenue.
Avant l’échéance prévue, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a tenu une rencontre virtuelle avec le ministre canadien du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et le secrétaire mexicain à l’Économie, Marcelo Ebrard, afin de discuter de l’avenir de l’accord commercial. Cette date marquait l’échéance à laquelle les trois partenaires de l’accord, mieux connu sous le nom d’ACEUM, devaient indiquer s’ils souhaitaient en prolonger la durée.
Le Canada et le Mexique avaient déjà indiqué qu’ils souhaitaient prolonger l’ACEUM pour une nouvelle période de 16 ans.
«Nous avons convenu de l’importance de poursuivre nos discussions et de trouver des moyens de faire en sorte que les cadres régissant le commerce et les investissements entre le Canada, les États-Unis et le Mexique continuent de soutenir la prospérité et la compétitivité de l’Amérique du Nord», a affirmé Dominic LeBlanc par voie de communiqué.
L’ACEUM a permis au Canada et au Mexique d’être épargnés par une grande partie des tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump. Les deux pays demeurent toutefois durement touchés par les tarifs sectoriels distincts imposés par son administration, notamment sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et les armoires de cuisine.
L’ACEUM a été négocié durant le premier mandat de l’administration de Donald Trump afin de remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain. Ces négociations, parfois tumultueuses, ont constitué l’un des premiers tests de l’approche du Canada face à l’administration Trump. Au terme du processus, les trois pays avaient toutefois salué l’entente comme un succès.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump continue toutefois de semer le doute quant à l’avenir de l’ACEUM, dans le contexte de sa vaste campagne tarifaire. Il a qualifié l’accord d’«inutile» et a affirmé qu’il avait peut-être déjà rempli son rôle.
L’ACEUM demeure en vigueur à moins que l’un des pays partenaires ne donne un préavis de six mois annonçant son retrait de l’accord.
Les négociations commerciales entre le Mexique et les États-Unis sont déjà amorcées, tandis qu’Ottawa et Washington n’ont pas encore entamé de pourparlers officiels.
Carlo Dade, directeur des politiques internationales et de la New North America Initiative à l’École de politiques publiques de l’Université de Calgary, a affirmé que le dépassement de cette échéance ne change pas grand-chose à l’avenir de l’ACEUM, «tant qu’un travail constructif et un dialogue se poursuivent».
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