Le pont international Gordie-Howe ouvre avec la promesse d’un camionnage plus rapide et plus efficace

Le Canada a officiellement inauguré le pont international Gordie-Howe le 24 juillet, mettant en service un nouveau poste frontalier conçu pour accélérer le transport des marchandises entre le Canada et les États-Unis.

Les camions commenceront à emprunter le pont le 27 juillet. Les transporteurs devraient profiter d’un accès plus rapide aux autoroutes, d’installations d’inspection agrandies et de nouvelles technologies frontalières destinées à réduire les délais dans le plus important corridor commercial d’Amérique du Nord.

Premier nouveau lien routier entre l’Ontario et le Michigan depuis plus de 60 ans, l’ouvrage permettra aux transporteurs d’économiser environ 850 000 heures par année, selon Gregor Robertson, ministre canadien du Logement, de l’Infrastructure et ministre responsable de Développement économique Canada pour le Pacifique.

Des dignitaires procèdent à la traditionnelle coupure du ruban inaugurant le nouveau pont. (Photo: Leo Barros)

Les liaisons directes entre l’autoroute 401 et l’Interstate 75 éliminent les feux de circulation entre le réseau autoroutier et la frontière. De plus, les nouveaux postes douaniers, plus vastes des deux côtés de la rivière Détroit, ont été conçus pour répondre à la croissance des volumes de marchandises.

«Le grand jour sera celui où les camions commenceront à traverser le pont», a déclaré Stephen Laskowski, président de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC). «Ce sera un signal fort pour les chaînes d’approvisionnement des deux côtés de la frontière que nous disposons maintenant d’un passage fiable et pleinement opérationnel.»

Des inspections plus rapides

Pour les entreprises de camionnage, les avantages vont bien au-delà d’un simple nouveau lien routier.

Selon Stephen Laskowski, l’un des principaux gains opérationnels réside dans la possibilité de passer directement de l’autoroute au poste frontalier sans devoir s’arrêter à des feux de circulation. Il souligne également que de nombreuses inspections qui exigeaient auparavant le déchargement complet des marchandises pourront désormais être effectuées grâce à des systèmes d’imagerie avancés.

«Bon nombre des inspections qui nécessitaient auparavant le déchargement des cargaisons ne l’exigeront plus ici», a-t-il expliqué. «Les camions passeront simplement dans le système de radiographie.»

Les inspections des produits agricoles et des viandes pourront également être réalisées directement dans le complexe frontalier plutôt que dans des installations situées à l’extérieur du site, ce qui réduira les délais et permettra aux camionneurs de reprendre la route plus rapidement.

La plus grande capacité commerciale au pays

Selon Sydney Kale, directrice du district du pont international Gordie-Howe pour la région du sud de l’Ontario à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le poste canadien a été conçu pour faciliter le traitement des véhicules commerciaux.

L’aire commerciale comprend 14 baies d’inspection secondaire, soit le plus grand nombre à un poste frontalier canadien, ainsi qu’un bâtiment permanent de radiographie à grande échelle fonctionnant 24 heures sur 24. Contrairement aux systèmes mobiles utilisés ailleurs, cette installation fixe permet aux agents d’effectuer rapidement des inspections non intrusives des ensembles routiers afin de repérer d’éventuelles anomalies sans imposer automatiquement un déchargement complet.

«Cela nous aide à cibler les chargements qui nécessitent une inspection plus approfondie», a indiqué Mme Kale. «Nos agents reçoivent une formation poussée pour interpréter les images et reconnaître les différents types de matériaux pouvant être dissimulés. Ils peuvent ainsi sélectionner efficacement les cargaisons qui méritent une vérification supplémentaire, plutôt que de faire perdre inutilement du temps aux camionneurs avec un déchargement complet.»

Le poste frontalier peut exploiter jusqu’à 16 voies primaires d’inspection commerciale durant les périodes de fort achalandage, ce qui lui confère la plus grande capacité de traitement des camions au Canada. Chaque guérite est équipée de technologies permettant de convertir rapidement n’importe quelle voie en voie Express, offrant ainsi une grande flexibilité selon les volumes de circulation.

L’installation comprend également une voie réservée aux véhicules hors normes, une aire d’inspection des matières dangereuses et un bureau commercial où les camionneurs peuvent obtenir de l’aide pour leurs formalités douanières. L’aire destinée aux matières dangereuses est munie d’un système environnemental autonome permettant d’inspecter en toute sécurité des cargaisons présentant des fuites.

En plus des systèmes de radiographie, l’ASFC dispose d’équipements de détection de traces, d’endoscopes, d’équipes cynophiles et d’autres technologies d’inspection afin de cibler les expéditions nécessitant un examen approfondi tout en limitant les retards pour les transporteurs conformes.

Un corridor stratégique

Bien que le transport commercial ait largement dicté la conception du projet, le poste canadien compte au total 24 voies d’inspection primaire, soit le plus grand nombre au pays, avec la possibilité d’ajuster en temps réel la répartition entre les véhicules de promenade, les camions, ainsi que les voies Express et NEXUS selon les besoins.

Le pont, long de 2,5 kilomètres, relie Windsor (Ontario) à Detroit (Michigan). Nommé en l’honneur de la légende canadienne du hockey Gordie Howe, il comprend 16 voies de péage du côté canadien, tandis que le poste américain dispose de 36 voies d’inspection.

Gregor Robertson a souligné que cette capacité accrue, combinée aux accès autoroutiers directs, permettra une circulation plus fluide des marchandises.

«Ce pont témoigne de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble», a déclaré le ministre. «Chaque année, nos deux pays échangent environ 1,3 billion de dollars en biens et services, ce qui en fait la plus importante relation commerciale au monde. »

Il a ajouté que le corridor Windsor-Detroit représente à lui seul plus de 300 milliards de dollars d’échanges commerciaux annuels.

L’ambassadeur du Canada aux États-Unis, Mark Wiseman, a rappelé que près de trois millions de camions franchissent chaque année la frontière entre Windsor et Detroit, transportant environ le quart de l’ensemble des marchandises échangées entre les deux pays.

«Les camionneurs sont les moteurs de notre économie», a-t-il déclaré. « Au cours de sa durée de vie prévue de 125 ans, le pont international Gordie-Howe deviendra l’une des principales artères économiques de la région des Grands Lacs.»

Stephen Laskowski estime également que cette nouvelle infrastructure envoie un message positif aux entreprises qui envisagent d’investir des deux côtés de la frontière.

«Là où le transport de marchandises se développe, les emplois dans le camionnage suivent, et c’est ce qui compte le plus», a-t-il conclu.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a qualifié le nouveau pont «d’incroyable symbole des possibilités qui s’offrent aux travailleurs et aux familles des deux côtés de la rivière Détroit», affirmant qu’il contribuera à renforcer l’intégration économique entre le Canada et les États-Unis malgré les tensions commerciales actuelles.

Le Dr Murray Howe, fils de Gordie Howe, a pour sa part indiqué que le pont reflète l’engagement de ses parents à rapprocher les gens.

Ils ont consacré leur vie à bâtir des ponts entre les personnes, les familles, les communautés et les nations », a-t-il déclaré. Ce pont sera un symbole durable du lien exceptionnel qui unit les peuples du Canada et des États-Unis. »


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