TFI dépasse les attentes au deuxième trimestre et mise sur une hausse des tarifs en transport LTL
TFI International a publié des résultats supérieurs aux attentes au deuxième trimestre. Ses revenus ont progressé de 12% par rapport à la même période l’an dernier, pour atteindre 2,29 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a bondi de 39%, à 136,2 millions de dollars, grâce à l’amélioration du marché du transport et aux acquisitions.
Le bénéfice d’exploitation a augmenté de 29%, à 220,4 millions de dollars, tandis que le bénéfice dilué par action a grimpé de 41%, à 1,65$. Le bénéfice dilué ajusté par action s’est accru de 38%, à 1,85$, et les revenus avant les suppléments de carburant ont progressé de 6%, à 1,9 milliard de dollars.

Le président du conseil, président et chef de la direction, Alain Bédard, a indiqué que les trois secteurs d’exploitation avaient enregistré une hausse de leurs revenus et de leur bénéfice d’exploitation durant le trimestre, ce qui a permis à l’entreprise de dépasser ses prévisions de bénéfices. Le transport de lots complets a mené la croissance, avec une hausse de 50% du bénéfice d’exploitation, tandis que celui de la logistique a augmenté de 32% et celui du transport de lots brisés (LTL), de 17%.
TFI a généré des flux de trésorerie disponibles de 202,1 millions de dollars durant le trimestre, en hausse de 11% sur un an.
Lors d’une discussion sur les résultats avec des analystes, M. Bédard a déclaré que TFI International s’employait activement à relever ses tarifs dans ses activités américaines de transport LTL, après avoir reconnu que l’entreprise était devenue «le fournisseur le moins cher du pays» dans certaines parties de son réseau.
Il a également indiqué que le resserrement de la capacité en transport de lots complets et l’application plus stricte des règles visant les transporteurs non conformes contribuaient à créer un cycle du fret plus durable.
M. Bédard a reconnu devant les analystes que les activités américaines de transport LTL de l’entreprise avaient accepté trop de fret à bas prix provenant de fournisseurs de services logistiques tiers, ce qui a entraîné une forte augmentation des volumes. Celle-ci a exercé des pressions sur la capacité sans générer des marges suffisantes.
«Nous avons trop de volume et des tarifs trop bas. C’est ce que nous nous employons à corriger», a ajouté le chef de la direction financière, David Saperstein, précisant que l’entreprise croyait pouvoir remédier à la situation assez rapidement.
Priorité aux tarifs
M. Bédard a indiqué que le principal problème provenait du fret des fournisseurs de services logistiques tiers assujetti à une tarification uniforme.
«Nous avons été submergés de volume parce que nous étions probablement le fournisseur le moins cher du pays», a-t-il déclaré. «C’est à proscrire […] Nos tarifs sont actuellement très, très bas dans certains secteurs. Nous sommes donc en train de corriger la situation.»
L’entreprise s’attend à ce que le volume d’expéditions diminue quelque peu à mesure que les tarifs augmenteront. Les dirigeants estiment toutefois que cette stratégie devrait améliorer la rentabilité, tout en réduisant les coûteuses pressions sur la capacité qui ont entraîné des heures supplémentaires et un recours accru à des transporteurs tiers durant le trimestre.
Bien que les activités LTL demeurent en chantier, M. Bédard s’est montré beaucoup plus optimiste à l’égard du transport de lots complets. Il a affirmé que le contexte tarifaire actuel différait des cycles précédents du fret, puisqu’il est alimenté par une capacité limitée plutôt que par une forte hausse de la demande.
«Ce qui me plaît dans la situation actuelle, et que je n’avais jamais vu auparavant en 30 ans dans le camionnage, c’est que tout repose maintenant sur l’offre», a déclaré M. Bédard.
Il a évoqué une série d’initiatives américaines en matière d’application de la réglementation — notamment le resserrement des exigences relatives aux permis de conduire commerciaux, l’application des règles sur la maîtrise de l’anglais et la surveillance accrue des conducteurs présentant des risques pour la sécurité — qui réduisent la capacité de l’industrie.
M. Bédard a également laissé entendre que le Canada commençait à profiter d’une application plus rigoureuse des règles visant le modèle Chauffeur inc. Il a souligné que l’obligation de remettre des feuillets T4A aux chauffeurs compliquait l’évitement fiscal.
«Le phénomène existe toujours, mais il est moins répandu qu’auparavant», a-t-il déclaré.
Une reprise durable?
Interrogé sur la durabilité de la reprise actuelle du transport de lots complets, M. Bédard a affirmé croire que ce marché, soutenu par une réduction de l’offre, serait plus durable que lors des cycles précédents.
«Je pense que le mouvement que nous observons actuellement […] est plus permanent que ceux que nous avons vus auparavant», a-t-il déclaré.
M. Saperstein a ajouté que les courtiers en transport devenaient également plus sélectifs dans le choix des transporteurs auxquels ils font appel.
«L’ensemble de l’industrie est en train de s’assainir, ce qui se traduira par une amélioration de la sécurité», a-t-il affirmé.
«Oui […] fini la tricherie», a répondu M. Bédard.
L’entreprise a également souligné la vigueur persistante de ses activités de transport spécialisé de lots complets, soutenues par une forte demande liée aux projets dans les secteurs de l’énergie éolienne, de l’aérospatiale, de l’acier et des centres de données.
M. Bédard a indiqué que la réorganisation des anciennes activités de Daseke autour de créneaux spécialisés commençait à porter ses fruits. M. Saperstein a pour sa part souligné que les revenus par tracteur en transport de lots complets avaient accéléré tout au long du trimestre et que les coûts d’amortissement avaient fortement diminué, la taille de la flotte étant désormais mieux adaptée à la demande.
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