L’usine Paccar de Sainte-Thérèse est délaissée par les sociétés d’État, déplore Unifor

Unifor Québec demande au gouvernement Fréchette d’émettre une directive claire à l’ensemble des sociétés d’État, les enjoignant à adopter et à renforcer une véritable politique d’approvisionnement au Québec, citant en exemple l’usine Paccar de Sainte-Thérèse.

Cette réaction fait suite à deux appels d’offres lancés par la Société des alcools du Québec (SAQ) pour l’acquisition de nouveaux camions, dont le seul critère d’adjudication est le plus bas prix. Le syndicat déplore que ces appels d’offres privilégient les soumissionnaires les moins chers, sans tenir compte de l’usine de Sainte-Thérèse. Unifor reproche également à la SAQ de ne pas prendre en considération les retombées économiques au Québec, la résilience des chaînes d’approvisionnement ou encore les emplois manufacturiers d’ici.

(Photo: Paccar)

«Un camion assemblé à Sainte-Thérèse par des travailleuses et des travailleurs québécois y est évalué exactement comme un véhicule importé. Pour Unifor Québec, c’est le symbole d’une profonde incohérence», a indiqué le syndicat par voie de communiqué.

«D’un côté, Québec répète vouloir défendre son économie et ses emplois industriels face à l’offensive tarifaire de Donald Trump, alors même qu’une nouvelle salve de tarifs douaniers de 50% vient de s’abattre sur des produits québécois. De l’autre, ses propres sociétés d’État magasinent leurs camions au plus bas prix, peu importe d’où ils viennent.»

Unifor met aussi de l’avant la situation difficile de l’usine de Sainte-Thérèse, où 600 emplois ont été perdus depuis la mise en place des tarifs douaniers de 25% sur les camions lourds.

«On ne peut pas prétendre se battre pour nos emplois le lundi et acheter à l’étranger le mardi, avec l’argent des Québécoises et des Québécois», a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor. «La guerre commerciale, on ne la contrôle pas. Nos achats publics, oui. C’est le levier le plus direct que le Québec a en main pour protéger son usine, et il refuse de s’en servir.»

À l’approche des élections du 5 octobre, Unifor demande à tous les partis de mettre en place des politiques permettant d’aligner les achats des sociétés d’État sur les intérêts économiques du Québec.

«Prévenir une fermeture avec ce qu’on contrôle, c’est ça, le vrai test de cohérence économique de cette campagne», a affirmé Daniel Cloutier. «Les travailleuses et les travailleurs de Sainte-Thérèse ne veulent pas de la sympathie. Ils veulent des commandes.»


Donnez votre avis

Vos données ne seront ni publiées, ni partagées.

*