L’électrification du Canada pourrait générer 114 milliards $ de croissance dans les transports
Doubler l’approvisionnement en électricité du Canada et accélérer l’électrification de l’économie pourraient générer des milliers de milliards de dollars d’activité économique supplémentaire d’ici 2050. Le secteur des transports, y compris le camionnage, profiterait lui aussi de cette croissance, selon une nouvelle étude de Nouvelle économie Canada et de la Chambre de commerce du Canada.
Le rapport Alimenter la croissance du Canada : arguments économiques en faveur d’une économie électrifiée, publié le 29 septembre, repose sur une modélisation macroéconomique réalisée par l’initiative Open Insights, un consortium dirigé par des chercheurs de l’Université de Victoria. Il compare un scénario où l’offre d’électricité du pays double et où l’électrification s’accélère à un scénario de statu quo fondé sur les politiques et mesures actuelles.

Selon cette modélisation, une économie davantage électrifiée pourrait générer une production économique cumulative supplémentaire de 3 000 milliards $ au Canada d’ici 2050 et soutenir 1,6 million d’emplois supplémentaires cette année-là. Chaque dollar investi dans le secteur de l’électricité pourrait produire cinq dollars en retombées économiques par rapport au maintien du statu quo.
Le secteur des transports, qui englobe le transport de passagers et de marchandises par route, rail, voie navigable et avion, enregistrerait une production économique cumulative supplémentaire de 114 milliards $ entre 2026 et 2050, soit une augmentation de 3,5 % par rapport au scénario de statu quo.
L’emploi dans le secteur serait également supérieur de 82 250 postes en 2050, une hausse de 5,4 %.
Plus d’électricité, mais aussi davantage de marchandises
Les répercussions potentielles pour le camionnage ne se limitent toutefois pas à l’électrification des véhicules lourds. Une bonne partie de la croissance économique anticipée se concentrerait dans des industries qui génèrent d’importants volumes de fret routier.
L’industrie et la fabrication pourraient ainsi produire 486 milliards $ d’activité économique supplémentaire entre 2026 et 2050, une hausse de 6,8 % par rapport au statu quo. Le commerce de détail et de gros en ajouterait 394 milliards $.
La construction profiterait également de cette transformation, avec une production économique supplémentaire de 458 milliards $, ou 8 %, et 203 000 emplois additionnels en 2050.
Le développement du réseau nécessiterait notamment la construction de nouvelles infrastructures de production, de transport et de stockage d’électricité. Ces projets mobiliseraient des chaînes d’approvisionnement et nécessiteraient le déplacement de matériaux, de machinerie et d’équipements, ce qui pourrait créer des besoins supplémentaires en transport routier.
D’autres secteurs fortement dépendants du camionnage afficheraient également une croissance. L’exploitation minière générerait 74 milliards $ de production économique supplémentaire et l’agriculture, 73 milliards $.
La capacité du réseau, un enjeu pour les flottes
Cette transformation soulève aussi une question directement liée au camionnage : la disponibilité d’une quantité suffisante d’électricité pour alimenter les véhicules commerciaux.
Si l’électrification des transports s’accélère comme le prévoit le scénario étudié, le développement du réseau devra suivre la demande. Pour les flottes souhaitant adopter des camions électriques, la puissance disponible aux terminaux, les infrastructures de recharge et le coût de l’électricité deviendront donc des considérations importantes dans leurs décisions d’investissement.
Le rapport estime que le secteur de l’énergie générerait lui-même 246 milliards $ de production économique supplémentaire d’ici 2050, une croissance de 17,4 % par rapport au statu quo.
Les auteurs préviennent toutefois que l’augmentation de la capacité électrique devra s’accompagner d’investissements, de gains de productivité, du développement de la main-d’œuvre et d’un renforcement des chaînes d’approvisionnement.
Le rapport établit ainsi quatre priorités : maintenir les investissements publics et l’engagement politique envers l’électrification, mobiliser davantage de capitaux, développer la main-d’œuvre parallèlement au réseau électrique et sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
«Accélérer le développement des infrastructures électriques est à la fois un impératif national et économique», affirme Bryan Detchou, de la Chambre de commerce du Canada, qui souligne également la nécessité d’investissements soutenus, d’une main-d’œuvre qualifiée et de chaînes d’approvisionnement résilientes.
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