Les citrouilles échappent aux tarifs douaniers, mais la hausse des coûts de transport pèse sur les agriculteurs
Les frères Butters connaissent bien la culture des citrouilles.
Ces agriculteurs de deuxième génération du sud-ouest de l’Ontario se sont taillé une place dans la culture de citrouilles, de courges et de maïs décoratifs, des produits saisonniers qui ornent les tables à l’Action de grâce et les porches à l’Halloween.

Mais les coûts de transport pour acheminer les petites citrouilles orange et les petites courges vertes de leur ferme de St. Thomas vers les magasins du Canada et des États-Unis, à l’approche des fêtes automnales, ont grimpé en flèche.
«Nous ne sommes pas touchés par les tarifs douaniers, mais les tensions commerciales continuent de faire grimper nos coûts à tous les niveaux», a déclaré Patrick Butters, qui possède et exploite la ferme avec son frère Christopher.
«Nous avons constaté des hausses graduelles des coûts tout au long de la saison.»
L’exemple de Butters Farms illustre comment les tensions commerciales et les enjeux géopolitiques peuvent avoir des répercussions sur l’ensemble de l’économie.
La hausse des coûts du transport de marchandises, de l’emballage et du diesel exerce une pression supplémentaire sur les marges bénéficiaires déjà minces des agriculteurs. Comme leur capacité à augmenter leurs prix est limitée, les producteurs doivent souvent absorber une partie de ces hausses.
En plus des cultures ornementales et des citrouilles destinées à la confection de tartes, Butters Farms cultive du soya, du blé, de la courge musquée ainsi que du maïs sucré et du maïs de grande culture, qui occupent environ 90% de la superficie agricole de l’exploitation.
Les cultures ornementales, notamment le maïs décoratif, les courges Crown of Thorns en forme d’étoile et les petites citrouilles blanches Baby Boo, de la taille d’une balle de tennis, n’occupent que 10% de la superficie de la ferme, mais génèrent environ la moitié de ses revenus.
Ces ventes dépendent toutefois de la capacité de l’entreprise à acheminer ses produits saisonniers de la ferme familiale, située près du lac Érié, jusqu’aux grandes chaînes d’épicerie partout au Canada et aussi loin au sud que le Texas.
«Notre tarif moyen de transport par camion a augmenté de 30% par rapport à l’an dernier», a affirmé Patrick Butters.
Il a précisé que ses coûts d’emballage en carton ont augmenté d’environ 20% après trois hausses de prix depuis le printemps. Les coûts des engrais, de la main-d’œuvre et des autres intrants agricoles connaissent également une forte augmentation, a-t-il ajouté.
«À un moment donné, ça devient tout simplement trop cher», a-t-il indiqué. «Les consommateurs ne seront pas prêts à payer pour cette citrouille si son prix grimpe trop.»
Butters Farms n’est pas la seule exploitation agricole à devoir composer avec la hausse des coûts.
Les agriculteurs de partout au Canada subissent des pressions similaires, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie, de l’acier et de l’aluminium, a indiqué Keith Currie, président de la Fédération canadienne de l’agriculture.
«Le coût de la machinerie a explosé, tout comme celui des pièces et des réparations de notre matériel», a-t-il souligné. «Il devient également très coûteux de simplement faire fonctionner la machinerie. Le prix du diesel a grimpé en flèche. »
L’incertitude continue de planer sur les frères Butters alors qu’ils planifient leur prochaine saison.
«À l’heure actuelle, je n’ai pas de tarifs douaniers à payer pour faire traverser la frontière à nos produits, mais cela pourrait changer dès demain en fonction de l’évolution de la situation politique. C’est donc une incertitude supplémentaire à laquelle nous ne sommes pas habitués», a expliqué Patrick Butters.
«Nous achetons nos semences en hiver, nous plantons nos cultures au printemps et nous continuons d’investir tout au long de la saison pour les protéger contre les maladies et les insectes, en espérant pouvoir maintenir les relations que nous avons établies avec nos clients depuis des décennies.»
Il a ajouté : «Chaque jour, c’est un pari risqué.»
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