Cellulaire au volant: l’industrie a les mains libres

L’Association du camionnage du Québec (ACQ), conjointement avec des organismes représentant le transport de personnes, de machinerie lourde, les locateurs et des syndicats des chauffeurs, a obtenu gain de cause dans sa démarche d’opposition à l’interdiction complète du cellulaire au volant.

 
En octobre dernier, l’ACQ a pris connaissance d’un projet de texte de recommandation devant faire l’objet d’un dépôt auprès de la ministre des Transports, Julie Boulet, qui aurait rendu impossible toute utilisation du téléphone cellulaire au volant, y compris pour les conducteurs de véhicules lourds.
 
Une utilisation encadrée et une série d’actions
 
L’ACQ a fait valoir au président de la Table québécoise sur la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, que «ses membres ont été sensibilisés à l’utilisation du cellulaire seulement lorsque le véhicule n’est pas en mouvement ou lorsque nécessaire, avec l’utilisation d’un dispositif mains-libres». Dans une lettre envoyée à M. De Koninck, l’Association soulignait en outre qu’au cours de la dernière année, «plusieurs transporteurs routiers ont mis en place diverses procédures visant à encadrer l’utilisation du cellulaire au volant, à des fins d’affaires uniquement, et à contrôler la fréquence et la durée des appels».
 
Dans son argumentation, le président-directeur général de l’ACQ, Marc Cadieux, a souligné que le téléphone cellulaire est devenu un outil de travail et de sécurité indispensable pour les conducteurs de véhicules lourds. «Cette technologie est devenue un moyen de communication incontournable pour l’industrie», explique-t-il. «Nous avons besoin du cellulaire dans différentes situations, que ce soit pour recevoir de l’information relative à une cueillette ou à une livraison, répondre à une demande particulière d’un client, recevoir une indication quant à l’accès ou à la configuration des lieux du client ou en cas d’un imprévu sur la route. »
 
Sensible aux représentations de l’industrie, la Table québécoise sur la sécurité routière a préparé la «Recommandation 27 : processus de non-utilisation du téléphone au volant». Elle tient compte des «considérations pratiques et des problèmes qui restent à surmonter» quant à l’interdiction totale du cellulaire au volant, et propose une «série d’actions afin de réduire au maximum l’utilisation du téléphone cellulaire au volant », écartant de ce fait une interdiction complète, du moins pour le moment.
 
Parmi les actions proposées, la Table mentionne la sensibilisation de la population à l’utilisation d’un appareil muni d’une fonction téléphonique (mains-libres ou non) et la promotion auprès des employeurs de l’adoption de politiques d’autorégulation visant à restreindre l’utilisation, par les employés, d’un appareil muni d’une fonction téléphonique en conduisant.
 
Une rencontre était prévue à Québec à la fin novembre en vue d’adopter la recommandation.
 
Ailleurs au Canada
 
Par ailleurs, l’Ontario pourrait adopter une mesure fort controversée en interdisant non seulement le cellulaire et les messages textes au volant, mais en incluant aussi la radio CB parmi les appareils bannis. Il s’agirait, à notre connaissance, d’une première en Amérique du Nord. Le cellulaire et les messages textes au volant sont interdits en Ontario depuis le 26 octobre. L’interdiction de parler au CB se ferait graduellement sur une période de trois ans. Le ministère des Transports de l’Ontario espère que cette période transitoire donnera à l’industrie assez de temps pour mettre sur le marché une technologie bidirectionnelle main libre de remplacement.
 
Enfin, la Saskatchewan n’a pas l’intention de couper le cordon des CB, mais elle veut mettre en vigueur elle aussi une réglementation qui interdira les messages textes et le cellulaire au volant. Selon cette réglementation, prévue pour le 1er janvier prochain, il sera complètement interdit aux nouveaux chauffeurs (ceux qui font partie du programme Graduated Driving Licencing) d’utiliser tout type de cellulaire que ce soit. Les chauffeurs d’expérience seraient autorisés à utiliser un appareil mains-libres en conduisant.
 

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 25 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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