Les entreprises canadiennes et les marchés émergents

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Les entreprises canadiennes sont prêtes à prendre les rênes des mains du gouvernement et des consommateurs et à devenir la principale source de croissance dans l’économie canadienne, selon un nouveau rapport publié par Marchés mondiaux CIBC inc.

Alors que les gouvernements, fédéral autant que provinciaux, ne parlent maintenant que de restrictions et que les consommateurs réduisent leurs dépenses, les entreprises canadiennes sont prêtes à accroître leurs investissements dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements avec comme objectif de développer des possibilités d’exportation.
« À tous les égards, la reprise actuelle des dépenses en immobilisations est impressionnante », affirme Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque CIBC. « Le rendement réel sur le capital investi est en hausse et se situe actuellement à un peu moins de 6 %, soit tout un point de pourcentage au-dessus de sa moyenne à long terme, et le rendement des capitaux propres dépasse maintenant les 12 %. »
Le rapport indique qu’on s’attend à ce que les trois principaux secteurs canadiens de dépenses en immobilisations, soit les sables bitumineux, les services publics et le secteur manufacturier, contribuent de manière importante à une hausse de la capacité, faisant en sorte que les investissements des entreprises demeurent une source stable de croissance pour l’économie domestique, non seulement en 2011, mais aussi pour les prochaines années.
Tandis que la vigueur du huard fait mal aux exportations du secteur manufacturier canadien, M. Shenfeld remarque que la monnaie plus forte joue aussi un rôle en stimulant les investissements dans ce secteur.
« On a tenu de nombreuses discussions sur les chiffres décevants de la productivité, mais la réalité est que nous voyons une corrélation plus étroite entre la valeur du dollar et les achats de machines et de matériel de l’étranger. Il est évident que le raffermissement du dollar canadien a contribué à la forte augmentation des importations de machines et de matériel. Nous prévoyons que la vigueur du huard va persister à plus long terme, ce qui devrait favoriser la progression des investissements dans des secteurs qui peuvent demeurer concurrentiels. »
Par ailleurs, sachez que le secteur manufacturier utilise actuellement 81 % de sa capacité de production, soit six points de plus que le taux du reste de l’économie, un taux record qui s’approche rapidement de son niveau d’avant la récession. Puisque l’utilisation de la capacité de production est en progression et que les taux de rendement du capital investi sont de plus en plus près de leur sommet des dix dernières années, M. Shenfeld s’attend à une forte hausse des investissements des entreprises manufacturières en 2011.
Aux États-Unis, les entreprises voient aussi des augmentations de leurs budgets d’investissement, en raison en partie de l’amélioration des débouchés pour les exportations américaines. Le dollar américain est relativement faible par rapport à la monnaie de nombre de ses partenaires commerciaux et il est probable que la part de marché des marchandises américaines à l’étranger en profitera. Les dépenses en immobilisations pour répondre à cette demande seront une source importante de croissance.
« Les exportations canadiennes tireront parti de l’amélioration de l’économie américaine qui en résultera, en particulier pour les entreprises qui peuvent s’amarrer aux chaînes d’approvisionnement des États-Unis pour des produits ultimement destinés à des économies étrangères qui connaissent une croissance plus forte », déclare M. Shenfeld. « La vigueur du dollar canadien continuera de représenter une difficulté pour les exportateurs, mais l’économie mondiale s’améliorant, nous nous attendons à ce qu’elle offre davantage de débouchés au cours des prochaines années. »
Pour ce qui est des PME du Canada, M. Shenfeld est d’avis que beaucoup d’entre elles devront envisager leur croissance dans une perspective plus globale. Les tendances récentes de l’activité commerciale des PME et les comparaisons à l’échelle internationale donnent à penser que les PME canadiennes n’ont pas fait face à la mondialisation d’une manière permettant d’optimiser leur potentiel de croissance à long terme et leur contribution à l’économie canadienne dans son ensemble.
Seulement 9 % des PME canadiennes effectuent des exportations, un pourcentage qui est probablement surestimé puisqu’il tient compte des entreprises pour qui une telle activité est occasionnelle et non une partie intégrante de leur modèle opérationnel. Il semble également que, malgré la mondialisation, le nombre relatif de PME du Canada qui se livrent à des activités d’exportation est en déclin.
Selon le rapport, la forte croissance des marchés émergents et les possibilités accrues de participer aux chaînes logistiques mondiales, lesquelles découlent de la place de plus en plus importante des exportations dans l’économie des États-Unis, donnent l’occasion aux PME canadiennes de renverser cette tendance. Actuellement, on estime que 3 % des produits d’exploitation des PME et 5 % de leurs emplois sont directement liés au commerce avec les marchés émergents.
« C’est dans ce secteur que nous entrevoyons le plus de possibilités à court terme pour les PME canadiennes compte tenu de la hausse prévue des activités d’impartition aux États-Unis », ajoute M. Shenfeld.
Les entreprises qui ont réussi à pénétrer des marchés étrangers comptent habituellement aussi des cadres de direction qui ont une expérience internationale. « Vu le nombre croissant de nouveaux immigrants provenant de marchés émergents en général, ainsi que de la Chine et de l’Asie du Sud en particulier, l’occasion de tirer parti de cette tendance est évidente », peut-on lire dans le rapport.
 
 
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