Sam Hamad devant l’industrie

Le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, s’est fait de nouveaux amis après son allocution au 60e Congrès de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), tenu du 28 au 30 avril dernier au Château Frontenac de Québec. Son entregent, sa connaissance des dossiers, mais surtout son désir évident à éviter que les choses ne traînent en longueur ont créé une connivence instantanée avec les gens d’affaires de l’industrie.

D’entrée de jeu, le ministre Hamad a parlé de la «liste Cadieux», (qu’il a comparée avec humour à la «liste Labaume»), en référence aux cinq demandes prioritaires que le président-directeur général de l’ACQ, Marc Cadieux, lui a défilées lors de leur première rencontre. C’est à ce moment que Sam Hamad a prononcé une phrase courte et qui peut paraître étonnante, mais qui est également très révélatrice: «Mon mandat, a-t-il dit, c’est de faciliter votre tâche.»
 
Promesse tenue jusqu’à présent si l’on considère la rapidité avec laquelle le ministre Hamad a réglé, ou est sur le point de régler, ces dossiers. (Marc Cadieux a toutefois averti le ministre des Transports qu’une autre liste l’attendait).
 
L’an dernier, pour la première fois de son existence, l’ACQ a été conviée à une rencontre auprès du Comité de consultation du ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, dans le cadre des consultations prébudgétaires 2010-2011. Un mémoire sur les demandes fiscales de l’industrie du camionnage au Québec avait aussi été déposé afin «d’améliorer sa compétitivité, abolir les iniquités fiscales, augmenter les investissements et prendre le virage environnemental».
 
«Ce dossier a été réglé», a annoncé le ministre Hamad aux congressistes. Parmi les mesures fiscales qui ont été adoptées au cours des derniers mois, soulignons le taux d’amortissement de 40 % applicable aux camions ou tracteurs conçus pour le transport de marchandises qui a été augmenté à 60 % pour tout équipement neuf acquis à partir du 31 mars 2010. De plus, une déduction additionnelle de 85 % du montant déduit pour amortissement a été accordée à l’égard d’un camion ou tracteur si celui-ci est alimenté au gaz naturel liquéfié.
 
Le second dossier prioritaire présenté à Sam Hamad avait trait aux ressources humaines, un dossier également réglé, confirme Sam Hamad, du moins si l’on considère la contribution qui a été demandée au gouvernement en ce sens. Comme nous l’avons écrit dans le numéro de mars de Transport Routier, l’ACQ a demandé la mise en œuvre d’un projet pilote qui permettrait d’évaluer la possibilité d’assouplir les règles de délivrance des permis afin de permettre aux jeunes candidats camionneurs de joindre plus rapidement l’industrie et d’éviter qu’une interruption dans le processus ne les dirige vers d’autres métiers. 
 
En effet, comme nous l’écrivions, un jeune de 16 ans qui veut obtenir son permis de conduire de classe 5 (véhicule de promenade) est soumis à une période probatoire de dix mois, qui l’amène tout près de ou à ses 17 ans. Une période de 24 mois doit ensuite s’écouler avant qu’il puisse être titulaire d’un permis de conduire pour véhicule lourd, alors qu’il aura presque 19 ans, dans le meilleur des cas. Le hic, c’est qu’il peut sortir de l’école de formation à 18 ans, mais il doit attendre un an avant de pouvoir travailler.
 
«Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, trouver une relève compétente et intéressée est un facteur essentiel. Il reste quelques questions juridiques à régler avant de pouvoir mettre le projet pilote en branle, mais nous allons les régler et nous allons vous aider», a affirmé le ministre Hamad.
 
Dossier numéro trois: l’utilisation des grands trains routiers à longueur d’année au Québec. Ce dossier traînait en longueur jusqu’à l’arrivée de Sam Hamad. Un projet pilote vient d’être terminé et «il a tellement bien fonctionné que je crois que la prochaine étape consistera à les mettre en circulation douze mois par année», a déclaré le ministre des Transports, dans ce qui a tout l’air d’un autre dossier réglé. «Ce fut une belle expérience, nous allons aller de l’avant», a même confirmé M. Hamad.
 
Même ouverture quant à l’harmonisation de la réglementation sur le transport des marchandises dangereuses avec le reste du Canada, la quatrième demande de la «liste Cadieux». Réponse du ministre: «Ça va être réglé».
 
Enfin, la dernière demande visait la réduction des permis spéciaux. On se rappellera qu’au Congrès de 2009, le sous-ministre des Transports de l’époque, Denys Jean, avait annoncé l’intention du Ministère d’éliminer plusieurs permis spéciaux, notamment ceux pour l’utilisation des pneus simples et des semi-remorques à quatre essieux. «Nous avons simplifié les choses et diminué de 80 % les permis spéciaux de circulation et les dérogations», d’annoncer le ministre Hamad, qui a ajouté la nouvelle définition des véhicules lourds parmi les dossiers qui ont été réglés au cours des derniers mois.
 
Des sommes encore disponibles
 
En juin 2009, le gouvernement du Québec a annoncé la mise en place du Programme d’aide gouvernementale à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le transport des marchandises. Disposant d’un budget de 45 millions de dollars, ce programme vise à favoriser l’introduction de nouvelles technologies qui améliorent l’efficacité énergétique dans le transport des marchandises.
 
Dans le volet «camionnage», le programme aide à financer l’acquisition, l’installation, la modification ou le remplacement de certains appareils ou d’équipement permettant l’amélioration de l’efficacité énergétique. Sam Hamad a confié que c’était la première fois que le gouvernement acceptait même de rendre le programme rétroactif mais, en même temps, il s’est étonné que les flottes n’en profitent pas davantage: «Ce n’est pas tout le monde qui l’utilise. Je ne comprends pas», s’est-il exclamé. «Il reste de l’argent… il faut voir comment on peut travailler ensemble.»
 
 La route sera ardue
 
Évidemment, le discours du ministre a dévié vers les travaux routiers et les problèmes de congestion routière encore plus importants qui en découleront. M. Hamad a souligné que l’échangeur Turcot, «c’est le cœur de l’économie de Montréal». Le gouvernement veut que les travaux commencent le plus rapidement possible et que le nouveau Turcot maximise la circulation des camions. «Le nouveau Turcot va devenir un symbole pour Montréal», prédit le ministre des Transports.
 
En ce qui a trait au pont Mercier, dont la circulation en direction Sud est interdite aux camions depuis quelque temps déjà, M. Hamad a assuré que son ministère souhaite que la situation se rétablisse au plus tôt. «Vous comprendrez que c’est une question de sécurité et que nous ne pouvons pas jouer avec ça, mais nous voulons ramener les camions sur le pont le plus vite possible.»
 
Enfin, pour ce qui est du pont Champlain, «le pont le plus achalandé au Canada où transitent plus de 2,6 milliards de dollars de marchandises par année», de préciser Sam Hamad, la position du ministère des Transports du Québec est très claire: «Il faut un nouveau pont». Le ministre invite d’ailleurs le fédéral à ouvrir les discussions le plus tôt possible. «Nous devons, de notre côté, évaluer quelles mesures de coordination et de planification devront être mises en place avec les élus des municipalités environnantes afin de favoriser la fluidité durant les travaux. Notre intérêt se trouve dans la mobilité sur le pont », de conclure le ministre.

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 20 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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