Du biométhane pour les camions à R-D-L

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La ville de Rivière-du-Loup a annoncé, il y a deux ans, son intention de construire une usine de biométhanisation en vue de produire du carburant à partir des déchets organiques acheminés à son site d’enfouissement. Dans le cadre d’une séance d’information réunissant des transporteurs de la région, Transport Routier a appris que la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup (SÉMER) souhaite que la valorisation du biométhane qui sera produit à Rivière-du-Loup se fasse en fonction du transport, et principalement en fonction du transport par camions.

C’est en effet ce que nous a expliqué Dominic Lapointe, directeur du développement à la SÉMER : «Nous visons la production de biométhane pour le monde du transport et nous voyons vraiment cela dans le camionnage», nous a-t-il dit. La SÉMER se doterait ainsi d’une station publique d’approvisionnement en biométhane et gaz naturel liquéfié pour les camions lourds. La région du Bas-Saint-Laurent rejoindrait celle de Québec, où Gaz Métro prévoit ouvrir une station publique d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié d’ici la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, probablement à Saint-Nicolas ou dans les environs.
Le biométhane liquéfié possède la même structure moléculaire que le gaz naturel (CH4), seule la source de fabrication est différente. Le biométhane produit à partir des matières résiduelles peut donc sans problème alimenter les moteurs au gaz naturel des camions.
 
La SÉMER prévoit produire du biométhane à Rivière-du-Loup d’ici 12 à 24 mois; la construction de l’usine de biométhanisation devrait être terminée au printemps 2013, alors que les premiers litres de biométhane devraient être produits entre juin et août 2013. L’usine devrait traiter annuellement un volume de 18 000 tonnes métriques de résidus organiques produisant 1,4 million de mètres cubes de biométhane épuré (ou 1,4 million de litres de biométhane liquéfié).
 
La SÉMER est une société d’économie mixte à but lucratif et à propriété majoritairement publique répartie ainsi : 25,5% à la Ville de Rivière-du-Loup; 25,5% à la MRC de Rivière-du-Loup et 49% à la société Envirogaz. Le projet bénéficie d’aide financière des deux paliers de gouvernement, soit 4,1 millions de dollars du fédéral, provenant du Fonds pour l’infrastructure verte, et 4,7 millions de dollars du provincial provenant du Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage.
 
Martin Blanchet, directeur du développement des affaires pour Gaz Métro Solutions Transport, était présent à la séance d’information pour, notamment, expliquer en détail les particularités du gaz naturel comme carburant dans les camions lourds, ses avantages environnementaux et financiers, le développement du réseau d’approvisionnement en Amérique du Nord, l’évolution de la technologie des moteurs au gaz naturel et faire une mise à jour sur l’adoption de la technologie par des flottes nord-américaines.
 
La SÉMER discute présentement avec Gaz Métro afin de voir comment les deux parties pourraient travailler ensemble dans l’approvisionnement et la distribution du biométhane. Rien n’est encore conclu, mais Gaz Métro pourrait par exemple sécuriser l’approvisionnement et assurer un certain niveau de distribution dans la région.
 
«Par exemple, Gaz Métro pourrait écouler ailleurs les surplus de production de l’usine de Rivière-du-Loup. Le but n’est pas d’avoir des surplus, mais il faut éviter le gaspillage s’il y en a. À l’inverse, Gaz Métro pourrait sécuriser l’approvisionnement en cas de manque de gaz naturel dans la région», explique Martin Blanchet. «En termes simples, Gaz Métro pourrait apporter son expertise afin d’assurer que tout fonctionne bien.»
 
«Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs nous oblige à valoriser notre biométhane; de là viennent donc nos discussions avec Gaz Métro en vue de potentiellement faire en sorte que notre station fasse partie de la Route bleue du Ministère», explique Dominic Lapointe. 
 
La biométhanisation est un procédé naturel basé sur la dégradation par des micro-organismes de la matière organique, en conditions contrôlées et en l’absence d’oxygène. Cette dégradation aboutit à la production de biogaz, mélange gazeux composé d’environ 50% à 70% de méthane (CH4). Cette énergie renouvelable peut être utilisée sous différentes formes, comme la combustion pour la production d’électricité et de chaleur et la production d’un carburant.
 
«Le biométhane provient d’une source renouvelable et non pas d’une source fossile. On évite la production de gaz à effet de serre lors de sa transformation, faisant en sorte qu’il permet de réduire les émissions à hauteur de 80-85%, ce qui en fera un carburant de choix lorsque le gouvernement mettra en place sa bourse du carbone», précise Dominic Lapointe.
L’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup visera initialement la production de biogaz liquéfié, mais il n’est pas exclu que le gaz comprimé soit aussi offert éventuellement.
 
La vision de Gaz Métro vise pour le moment à établir un corridor d’approvisionnement public en gaz naturel liquéfié de Rivière-du-Loup à Windsor en Ontario. Une station publique pourrait être érigée dans la région de Montréal, plus particulièrement le long de l’autoroute 30, et les localités de Brockville et de Cardinal en Ontario constitueraient aussi des emplacements de choix pour Gaz Métro.
 
Par ailleurs, il est intéressant de noter que le nouveau traversier qui remplacera le Camille-Marcoux, qui fait la navette entre Matane, Baie-Comeau et Godbout, ainsi que les deux traversiers qui font la navette entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine seront alimentés au gaz naturel liquéfié par Gaz Métro en 2014.
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