La révision du Programme des travailleurs étrangers temporaires nuira au camionnage

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Jean-Marc Picard, directeur général de l’Atlantic Provinces Trucking Association (APTA) a déclaré : «Le Conference Board du Canada a publié un document en 2013 soulignant la pénurie de chauffeurs à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui et indiquant à quoi nous devons nous attendre d’ici 2020. Jusqu’à 33 000 chauffeurs seront nécessaires à notre industrie d’ici 2020 et vous pouvez certainement revoir ce nombre dès maintenant puisque le Programme des travailleurs étrangers temporaires est presque inaccessible.»

Le ministre de l’Emploi, Jason Kenney, a déclaré à la radio de Radio-Canada qu’il supprimerait progressivement le volet des travailleurs faiblement qualifiés du programme après avoir considéré de l’éliminer complètement.

 «Nous avons sérieusement considéré dire ce que tous les autres pays développés disent : nous ne voulons pas de volet des travailleurs étrangers généraux temporaires faiblement qualifiés», a déclaré M. Kenney. «Nous en sommes venus à la conclusion que les coûts économiques en général, de même que les coûts d’ajustement pour les entreprises seraient trop extrêmes.»      

Voici quelques-uns des changements au Programme des travailleurs étrangers temporaires :

  • Davantage d’inspections : un employeur sur quatre fera l’objet d’une inspection annuelle. Le gouvernement prévoit embaucher environ 20 inspecteurs supplémentaires, portant le nombre à 60 environ.
  • Des frais plus élevés : les frais de demande que doivent payer les employeurs pour chaque travailleur passent de 275$ à 1000$, en vigueur immédiatement.   
  • De lourdes amendes allant jusqu’à 100 000$ pour les employeurs qui abusent du programme débuteront cet automne.
  • Davantage de financement pour que l’Agence des services frontaliers du Canada mène plus d’enquêtes criminelles.
  • Affichage du nom des employeurs qui reçoivent la permission d’embaucher des travailleurs étrangers.
  • Publication du nombre de postes approuvés par le programme sur une base trimestrielle.
  • Réduction de la durée d’emploi maximale d’un travailleur étranger temporaire au Canada, de quatre à deux ans. 

«Nos membres sont extrêmement préoccupés par cette situation. Le programme a bien fonctionné pour notre industrie et, maintenant, ils ne savent pas où ni comment ils trouveront des chauffeurs pour transporter les marchandises de leurs clients», de commenter M. Picard.

«Chaque entreprise transportant des marchandises commerciales aujourd’hui est à la recherche de chauffeurs; c’est bien connu, l’industrie fait face à une pénurie de chauffeurs. Cela a simplement amplifié la situation et contribuera à changer le paysage de notre industrie dans les provinces de l’Atlantique», d’ajouter M. Picard.  

D’ici 2016, indique M. Kenney, «Le gouvernement pourrait décider… d’éliminer le volet des travailleurs faiblement qualifiés [du programme], mais nous essayons de le faire de manière prudente en modérant les coûts d’ajustement, évitant ainsi de provoquer des dégâts majeurs pour des milliers d’entreprises.»

M. Picard a ajouté que «des efforts sont en cours à travers le Canada pour attirer des chauffeurs» et que dans les provinces de l’Atlantique, l’APTA travaille à la promotion de l’industrie et à l’élimination des barrières au financement, mais il souhaiterait que le camionnage soit reconnu comme un métier spécialisé.

«Il s’agit d’un moment critique pour notre industrie, car la moyenne d’âge des chauffeurs augmente chaque année», a-t-il souligné. 

«L’industrie du camionnage préférerait embaucher des Canadiens qualifiés comme chauffeurs de camion; aucune entreprise de camionnage n’inclut dans son plan d’affaires l’emploi de travailleurs étrangers temporaires pour développer ses activités. Il s’agit d’une pratique coûteuse qui comporte plusieurs obstacles, alors les entreprises qui utilisent le programme ne le font que lorsqu’elles ont épuisé leurs ressources pour attirer des Canadiens qualifiés», de conclure M. Picard. 

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