Les sociétés publiques de camionnage témoignent de la situation économique canadienne

Alors que Stephen Harper, Justin Trudeau et Thomas Mulcair font campagne et débattent pour déterminer si le Canada est bel et bien en récession ou non (ou «en contraction», comme l’a formulé le chef du Parti conservateur M. Harper), le secteur du transport donne l’heure juste. Des rapports de fret transfrontalier combinés à un aperçu des résultats des plus grands transporteurs publics du Canada, pour le second trimestre, dépeignent une économie affaiblie par le déclin de l’industrie de l’énergie.

Tout d’abord, les chargements transfrontaliers en provenance du Canada ont diminué de 15 pour cent depuis l’année dernière à pareille date, et les chargements à destination du Canada ont chuté de 42 pour cent en glissement annuel.

Mullen Group Ltd. est rentable mais rapporte une chute importante de ses profits au second trimestre, alors que le secteur pétrolier continue de stagner. Les revenus nets ont totalisé 0,9 M$ ou 0,01 $ par action, une diminution de 96,5 pour cent par rapport à la même période l’an dernier. Cela dit, le déclin de l’industrie de l’énergie a été compensé par une augmentation de 36,2 M$ dans d’autres secteurs.     

«Je suis très heureux de ces résultats, compte tenu de l’état de l’économie qui continue de sous-performer», a déclaré Murray K. Mullen, président et chef de la direction. «Malheureusement, nos résultats globaux continuent d’être affectés négativement par le ralentissement des dépenses en capital et des activités de forage de l’industrie du pétrole et du gaz naturel dans l’Ouest canadien, qui demeure soumise à un stress énorme en raison des bas prix du pétrole et du gaz naturel.»

Il a indiqué que le marché actuel est «très difficile», mais a noté que l’entreprise s’est ajustée afin de minimiser les effets du ralentissement dans ses activités pétrolières. 

De son côté, la plus importante entreprise de camionnage publique au pays, TransForce Inc., a déclaré des bénéfices et des revenus plus élevés au deuxième trimestre, mais a revu à la baisse ses prévisions pour le reste de 2015. Le bénéfice net s’est établi à 61,1 M$ par rapport à 37,7 M$ un an plus tôt, alors que le revenu total a augmenté de 23 pour cent pour atteindre 1,097 G$.    

Pour les six premiers mois de l’année, les revenus nets se sont situés à 78,2 M$, par rapport à 43,3 M$ durant la même période en 2014, alors que les recettes étaient en hausse de 28 pour cent pour atteindre 2,128 G$.    

«TransForce a généré d’excellents résultats opérationnels grâce à la contribution des acquisitions ciblées réalisées l’an dernier. Cette stratégie a plus que compensé les répercussions du ralentissement économique sur le volume des activités et de la baisse des prix du pétrole, ralentissement qui a affecté nos divisions du secteur du transport de lots complets, qui servent l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que nos activités de déplacement d’appareils de forage aux États-Unis», a déclaré Alain Bédard, président du conseil, président et chef de la direction.

En ce qui concerne le trimestre actuel, il prévoit une croissance restreinte dans les principaux marchés d’exploitation de l’entreprise, en raison de l’économie nord-américaine plus lente que ce qui avait été prévu précédemment.

«Bien que l’économie soit relativement vigoureuse aux États-Unis, la baisse des prix du pétrole a causé au Canada un ralentissement économique qui risque de perdurer tout au long de 2015. Il est probable que cette situation fera plus qu’annuler le dynamisme affiché par le secteur manufacturier dans la région centrale du Canada, lequel tire parti de la dépréciation du dollar canadien», a expliqué M. Bedard.

Par conséquent, TransForce a modifié ses prévisions et s’attend maintenant à ce que le total des recettes atteigne 4,3 G$ (précédemment entre 4,4 G$ et 4,5 G$), et à ce que le bénéfice par action (BPA) ajusté de base se situe dans une fourchette de 1,97 $ à 2,12 $ (précédemment entre 2,15 $ et 2,30 $).

Un des nouveaux joueurs, Titanium Transportation Group Inc., est passé d’un bénéfice à une perte au cours du deuxième trimestre de l’année, après avoir fait l’acquisition de l’entreprise rivale Muskoka Transport Ltd. au mois de mars.   

Titanium a enregistré une perte nette de 1,36 M$, comparativement à un bénéfice de 721 000 $ au cours du deuxième trimestre de 2014, ce qui se traduit par une perte de 0,04 $ par action diluée contre un bénéfice de 0,03 $ par action diluée. Cependant, le revenu total a augmenté de 90 pour cent durant la même période, atteignant 32,4 M$. 

Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA) pour le trimestre a augmenté de 110 pour cent au cours de la dernière année, atteignant 3,4 M$.

«Titanium continue de bénéficier de la force insufflée par sa clientèle diversifiée, principalement située dans le centre du Canada, et de la croissance plus importante de l’économie américaine», a déclaré Ted Daniel, président-directeur général.

Malgré le ralentissement de son bénéfice au deuxième trimestre, Titanium indique se consacrer activement à la poursuite d’acquisitions additionnelles. 

Enfin, le transporteur de vrac Trimac Transportation Ltd. a connu une augmentation de 9,4 pour cent de son bénéfice au cours du deuxième trimestre, malgré une baisse des revenus. 

Le revenu net est passé de 3,2 M$ au deuxième trimestre de 2014 à 3,5 M$ au cours du plus récent trimestre, soit une augmentation du bénéfice de base de 0,11 $ à 0,12 $. 

«Malgré la baisse de revenus de nos opérations dans l’Ouest canadien, nous sommes très heureux de constater que l’exécution de notre stratégie d’excellence opérationnelle commence à générer des résultats positifs, y compris une augmentation du résultat net en glissement annuel et du bénéfice par action pour le trimestre en cours», affirme Ed Malysa, président et chef de l’exploitation.     

Selon Trimac, les bas prix du pétrole ont non seulement affecté le secteur du gaz et du pétrole, mais ils ont aussi eu un effet de ruissellement négatif sur plusieurs des secteurs desservis.

«Bien que l’économie canadienne ait été moins robuste que prévu, nos clients ne prévoient pas de croissance réelle pour le reste de l’année, et nous anticipons davantage de cette volatilité des revenus pour le reste de l’année», a déclaré Trimac par voie de communiqué. 

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 25 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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