9 choses que nous avons apprises sur les flottes privées

L’enquête de référence annuelle menée par le National Private Truck Council (NPTC) offre plusieurs informations sur la manière dont les flottes privées mènent leurs activités aux États-Unis. Et la version 2022 ne fait pas exception.

«Cette année n’a pas été comme les autres dans l’histoire de l’enquête. Elle a été marquée par des contraintes de capacité dans de nombreux domaines», conclut un rapport connexe, soulignant les difficultés à trouver des services de location, du matériel et des chauffeurs de camions.

Voici neuf choses que nous avons apprises de l’enquête, qui comprenait les réponses de 105 entreprises de camionnage membres :

(photo : iStock)

1. C’est un marché de chauffeurs

Chez les flottes privées interrogées, le taux de roulement des chauffeurs a atteint 22,5 %. C’est la première fois dans l’histoire de l’enquête qu’il dépasse 20 % – et bien pire que la moyenne de 14,25 % observée au cours des 15 dernières années.

«Je prévois un retour à un chiffre inférieur l’année prochaine», a déclaré Tom Moore, vice-président exécutif de la formation pour le NPTC, lors de la présentation des résultats, prévoyant un taux de roulement plus proche de 16-17 %. Quoi qu’il en soit, c’est toujours beaucoup mieux que les performances des flottes publiques.

«Ce taux de roulement est cohérent avec le vieillissement de la main-d’œuvre et le nombre accru de chauffeurs qui optent pour la retraite», ajoute le rapport, précisant que le chauffeur moyen est âgé de 51,6 ans. «C’est un marché de chauffeurs. Les chauffeurs n’hésitent pas à quitter une entreprise s’ils pensent pouvoir mieux gagner leur vie ailleurs.»

Il n’est pas surprenant qu’un tiers de tous les principaux défis à relever, selon les flottes interrogées, concerne les chauffeurs, notamment le vieillissement du bassin de chauffeurs, le recrutement, le taux de roulement, l’embauche, la rétention et la pénurie de chauffeurs elle-même.

2. La rémunération des chauffeurs est en hausse

Aux États-Unis, les chauffeurs de flottes privées ont gagné en moyenne 79 907 dollars l’année dernière, soit une augmentation de plus de 4 000 dollars par rapport à l’année précédente. (Tous les chiffres sont en dollars américains).

«Les chauffeurs sont devenus des agents libres, comme au baseball et au football, dans la mesure où ils peuvent exiger ces salaires», a déclaré M. Moore, précisant que 26 % des flottes interrogées ont déclaré qu’elles ajustaient les salaires plus fréquemment qu’annuellement ou en fonction des besoins. Et 57 % offrent des primes à la signature.

L’intégration d’un nouveau camionneur a coûté en moyenne 7 866 dollars, et les recruteurs ont dû examiner, présélectionner ou passer en entrevue 10 candidats pour chaque camionneur à embaucher. Il faut compter généralement 26 jours pour embaucher un candidat, et 13 jours pour effectuer la vérification des antécédents.

3. Les réseaux de distribution sont en cours de réorganisation

Environ un tiers des entreprises interrogées ont signalé une augmentation du nombre d’emplacements qu’elles desservent. «Cela signifie qu’ils se rapprochent des clients», explique M. Moore.

 Cela fait une différence dans le travail des chauffeurs.

Soixante-huit pour cent des chauffeurs qui travaillent pour les flottes privées sont maintenant chez eux tous les soirs. Parmi les chauffeurs qui sont sur la route pendant des périodes plus longues, 12 % y passent une nuit, et 20 % y passent deux nuits ou plus.

Le camion lourd moyen a parcouru 88 700 milles (143 000 km), en baisse par rapport aux 91 500 milles (147 000 km) de l’année précédente. Mais cela peut également s’expliquer par des facteurs tels qu’un contrôle plus strict des heures de service, des limites de vitesse plus basses, et le temps perdu aux quais de chargement/déchargement.

4. Les performances en matière de ponctualité sont relatives

Lorsqu’il s’agit d’évaluer le service à la clientèle, 64 % des flottes suivent les performances en matière de ponctualité, mais elles le font différemment que par le passé.

«Pendant des années, l’enquête a montré que les flottes privées tentaient d’effectuer leurs livraisons dans des échéances plus en plus serrées, et un certain nombre de répondants ont même indiqué qu’ils mesuraient les fenêtres de livraison à temps à la minute près», indique le rapport. «Les flottes privées affirment [désormais] que le respect des délais de livraison est une question d’attentes individuelles des clients.» 

5. Le diesel domine toujours

Quatre-vingt-huit pour cent des flottes privées investissent dans des initiatives écologiques – 73 % d’entre elles utilisant des régulateurs de vitesse, 55 % des jupes de remorque et 54 % des technologies anti-ralenti. Tout cela a permis aux camions lourds moyens d’atteindre 6,97 milles au gallon (33,75 L/100 km).

«Il s’agit d’un accomplissement impressionnant compte tenu du fait que de nombreux répondants des flottes privées déclarent avoir été contraints de prolonger leurs cycles de remplacement du matériel en raison de l’indisponibilité du matériel», indique le rapport.

Mais les moteurs diesel dominent également le matériel.

«Les groupes motopropulseurs alternatifs ne représentent toujours qu’une fraction du marché global. En fait, seulement 8 % des répondants déclarent qu’une partie de leur flotte est alimentée par une source de carburant autre que le diesel», ajoute le rapport.

6. C’est (surtout) une affaire privée

Les flottes privées interrogées ont déclaré prendre en charge 68 % des mouvements sortants, laissant 17 % aux transporteurs pour compte d’autrui et 12 % aux transporteurs contractuels spécialisés. Le fret entrant qu’elles ont transporté a également fait un bond de 8 % pour atteindre 43 %, car les entreprises ont eu du mal à trouver des transporteurs externes ou n’étaient pas disposées à payer des tarifs plus élevés.

«Les flottes privées n’essaient pas d’être tout pour tout le monde», a déclaré M. Moore, en lien avec le rôle que jouent encore les partenaires pour compte d’autrui. «Elles se positionnent en quelque sorte dans un domaine où nous pouvons fournir ce service, cette prévisibilité, ce contrôle, et elles externalisent généralement le reste.»

La longueur moyenne des trajets est passée à 242 milles, contre 184 milles l’année dernière. Selon le NPTC, cela met en évidence la pénurie de capacité dans l’industrie du transport pour compte d’autrui et la nécessité pour les flottes privées d’étendre leur gamme de services.

7. Les données sont reines

Pour la troisième année consécutive, les flottes ont fait état de stratégies d’agrégation et de gestion des données plus larges et plus approfondies – 88 % d’entre elles déployant une technologie d’arrière-guichet. Il y a seulement huit ans, le taux n’était que de 56 %. Les systèmes de répartition sont les plus répandus : 82 % des flottes interrogées ont adopté des systèmes de répartition, 81 % des systèmes de sécurité et 74 % des systèmes de routage ou de taxation des carburants.

8. Le bilan de sécurité des flottes privées dépasse celui des flottes pour compte d’autrui

Les flottes privées rapportent 0,4 accident par million de milles, soit environ trois fois moins que la moyenne de l’industrie rapportée par la Federal Motor Carrier Safety Administration des États-Unis. Lorsque des collisions se produisaient, les flottes étaient en faute dans 20 % des cas.

M. Moore attribue cela en partie à l’adoption généralisée des technologies de sécurité active par les flottes privées interrogées, dont plus de 70 % utilisent des limiteurs de vitesse, des caméras embarquées, des systèmes d’avertissement de risque de collision, des régulateurs de vitesse adaptatifs et des systèmes d’avertissement de déviation de voie. Un autre 18 % utilise des caméras de recul, et il voit un «énorme intérêt» à améliorer la visibilité.

9. Des plans de croissance sont en cours

Soixante-seize pour cent des personnes interrogées s’attendent à ce que leur flotte s’agrandisse au cours des cinq prochaines années. Dix-sept pour cent s’attendent à ce qu’elle reste de la même taille, tandis que sept pour cent s’attendent à ce qu’elle rapetisse.

L’année dernière, les expéditions ont augmenté de 10 %, les volumes de 7 %, la valeur des expéditions de 12 % et le kilométrage de 8 %.

«Une croissance progressive», a déclaré Moore, mentionnant les chiffres. « C’est une croissance durable. »

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