Blocus ferroviaires : pas de panique… encore

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Les blocus ferroviaires qui se tiennent à l’échelle du pays depuis une semaine n’ont pas entraîné une situation de crise dans l’industrie du camionnage pour le moment mais, éventuellement, il pourrait se créer un goulot d’étranglement qui mettrait de la pression sur la chaîne d’approvisionnement.

Le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, confirme que, pour le moment, ses membres n’ont pas eu à faire face à des demandes urgentes mais, à la lumière des situations semblables qui ont eu lieu dans le passé, lorsque le goulot d’étranglement se crée, les événements se bousculent en cascade.

Vendredi dernier, l’ACQ a établi un comité d’urgence avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) afin de répondre à de possibles demandes de transport d’urgence du gouvernement.

Le 17 février, l’ACQ a averti que les blocus des derniers jours se déplacent vers l’est et commencent à se concentrer sur les passages internationaux et les autoroutes. «Pour l’instant, le Québec est moins touché à cet égard. En effet, des manifestants ont bloqué des artères majeures à Ottawa et à Toronto, ainsi que des passages internationaux, notamment le Pont des Mille-Îles qui relie l’Ontario à l’État de New York, pendant près de trois heures.»

«Nous avons convenu que nous serions disponibles pour répondre aux besoins urgents de transport de marchandises essentielles du gouvernement», a indiqué M. Cadieux en entrevue téléphonique avec Transport Routier.

Parmi les marchandises qui pourraient être appelées à être transportées en priorité par les camions, on parle de produits pharmaceutiques, de matériel médical, d’aliments à durée limitée, de chlore et de gaz naturel.

Nous avons parlé à un employé travaillant au service d’entreposage d’un transporteur qui constate que les blocus ont pour effet de créer une pénurie de conteneurs et de châssis pour les transporter, ceux-ci étant coincés chez des clients ou perdus quelque part dans une gare de triage. Résultat : l’expédition des produits périssables entreposés est retardée de plusieurs jours et les stocks s’accumulent.

Des expéditeurs qui utilisaient le ferroviaire pour certains mouvements de transport ont commencé à se tourner vers le camionnage pour livrer leurs marchandises. «C’est là que l’on réalise que le camion peut toujours sauver la mise en raison de sa flexibilité et de sa capacité à répondre rapidement aux besoins», de dire Marc Cadieux.

Les blocus auront momentanément un effet à la hausse sur les prix à la consommation. «Il doit y avoir une réorganisation logistique si on veut répondre à la demande, et il y a un prix à payer pour cette réorganisation», explique le PDG de l’ACQ. Toutefois, ces hausses ne seraient pas astronomiques, considérant que le transport ferroviaire implique des manipulations en cours de route.

«Le train n’arrête pas au magasin ou au supermarché du coin. Tout arrive au train par camion, et tout repart du train par camion. Il y a des coûts associés aux manipulations intermodales et le transport par camion limite les intermédiaires.»

Selon les statistiques de 2017, 54 pour cent des marchandises sont expédiées par camion au Québec.

Ce texte est mis à jour à mesure que de nouvelles informations nous parviennent. 

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