Camionneurs au grand cœur à la rescousse des sinistrés de Ste-Marthe-sur-le-Lac

0

Il était environ 20h00 le samedi 27 avril lorsque le téléphone de Marcel Soucy s’est mis à sonner frénétiquement.

Une digue de retenue des eaux du lac des Deux Montagnes avait cédé et il fallait d’urgence réunir une équipe de camionneurs artisans capables de transporter du gravier – beaucoup de gravier – afin d’ériger une digue temporaire permettant de limiter les dégâts subis par les sinistrés des inondations de Ste-Marthe-sur-le-Lac, en banlieue nord de Montréal.

L’agent d’affaires du poste de courtage de l’Association nationale des camionneurs artisans Inc. (ANCAI) de Deux-Montagnes s’est lui-même mis au téléphone pour appeler des collègues en renfort. « Ils ont réussi à trouver 35 camions », déclare fièrement Gaétan Légaré, directeur général de l’ANCAI, en entrevue à Transport Routier.

La pierre concassée a été chargée depuis la carrière Mathers de St-Eustache dans les camions remorques et camions porteurs des camionneurs artisans. « Lundi matin on était à peu près à 25 000 tonnes », précise M. Soucy. En fin d’après-midi le jeudi 2 mai, les camionneurs avaient érigé près de 65 000 tonnes de gravier.

« Nos camions sont ici 24 heures sur 24 », ajoute M. Soucy. Des chauffeurs se relaient au volant afin de respecter les règles sur les heures de service et prendre un peu de repos.

Des semi-remorques à benne basculante ont surtout été mises à contribution dans les premières heures de l’opération d’urgence. Les camions porteurs 12 roues ont pris la relève au fil de l’avancement des travaux, alors que l’espace de manœuvre se faisait plus restreint et hasardeux, en particulier de nuit.

Ce genre de situation fait partie du métier de transporteur de matières en vrac. « Il n’y a pas de surcharge parce que c’est une situation d’urgence. On a tout reconstruit le Saguenay/Lac-St-Jean au déluge de cette façon-là », témoigne le directeur général de l’ANCAI.

Le hasard a voulu que pendant que les routiers et leurs poids lourds s’activaient à bâtir une digue temporaire, un voyage à la fois à Ste-Marthe-sur-le-Lac, leurs collègues de l’ANCAI étaient réunis en congrès annuel à Laval, non loin de là. C’est ce qui a permis au président Jean-Pierre Garand de se rendre sur place dès le dimanche matin, d’être témoin du travail de ses membres sur le terrain et de leur prodiguer des encouragements.

Les camionneurs eux-mêmes tentaient de répandre l’espoir chez les sinistrés par leurs efforts de construction éclair visant à retenir les flots.

« La fierté de nos membres ici est énorme », explique Marcel Soucy. « C’est horriblement triste de voir ce qui se passe, c’est pour ça que tout le monde donne le coup de main qu’il peut donner », conclut-il avant de reprendre le boulot.

 

 

 

Partager.

Laisser une réponse