Carney dit avoir parlé à Trump après la menace de bloquer le pont Gordie Howe

Le premier ministre Mark Carney a affirmé que la menace du président américain, Donald Trump, de retarder l’ouverture du pont international Gordie Howe devrait être résolue à la suite d’un appel téléphonique tenu mardi entre les deux dirigeants.

«J’ai expliqué que le Canada avait financé la construction du pont à hauteur de 4 milliards de dollars et que la propriété était partagée entre l’État du Michigan et le gouvernement canadien», a déclaré M. Carney aux journalistes à Ottawa, avant la réunion hebdomadaire du Cabinet. Il a également souligné que des travailleurs ainsi que de l’acier canadiens et américains ont été utilisés dans la construction de l’ouvrage.

(Photo: Gordie Howe International Bridge Authority)

Dans un message publié lundi soir sur les réseaux sociaux, M. Trump a soutenu que les États-Unis devaient être indemnisés avant d’autoriser l’ouverture du pont, affirmant qu’il avait été construit avec «pratiquement aucun contenu américain». Il s’est aussi plaint du retrait des alcools américains des magasins de l’Ontario et a répété des affirmations trompeuses concernant le secteur laitier canadien et les relations commerciales entre le Canada et la Chine.

M. Carney a indiqué que sa discussion avec le président portait sur « une série de questions », dont Ottawa assurera le suivi dans le cadre des négociations entourant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui doit faire l’objet d’un examen obligatoire cette année.

Selon le New York Times, les menaces de M. Trump sont survenues le même jour où des responsables de la Maison-Blanche ont rencontré Matty Moroun, propriétaire de l’Ambassador Bridge et opposant de longue date à la construction du second pont.

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis sont au point mort depuis octobre, après que M. Trump se soit insurgé contre une publicité télévisée commanditée par l’Ontario citant l’ancien président Ronald Reagan pour critiquer les tarifs douaniers.

Bien que M. Trump ait affirmé lundi que les négociations allaient reprendre «immédiatement», un responsable de la Maison-Blanche a précisé que ces propos visaient uniquement les discussions concernant le pont. M. Carney a ajouté que l’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, a été mandaté pour faciliter les échanges.

Le pont reliant Windsor à Detroit devrait ouvrir cet hiver, après plusieurs retards. Sa construction a fait l’objet de négociations pendant des décennies et s’est heurtée à l’opposition soutenue de la famille Moroun.

Dans une entente conclue en 2012 sous l’ancien gouverneur républicain Rick Snyder, le Canada avait accepté d’assumer les coûts de construction, qu’il doit récupérer par les péages. Le projet avait été approuvé par l’administration Trump lors de son premier mandat, en 2017.

Les législateurs démocrates du Michigan ont rapidement condamné la menace présidentielle, tandis que certains républicains l’ont défendue. L’économie du Michigan demeure étroitement liée à celle du Canada, notamment dans le secteur automobile, fortement affecté par les tarifs sur les véhicules, l’acier et l’aluminium.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est dit convaincu que le pont ouvrira, affirmant que cela sert les intérêts américains, tout en maintenant l’interdiction de vente d’alcool américain dans la province.

À Ottawa, le ministre des Transports Steven MacKinnon a déclaré que le pont « restera debout pendant plus d’un siècle comme un monument à l’amitié et au partenariat entre le Canada et les États-Unis ».


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