Chevron s’attaque aux cendres sulfatées avec la Delo 600 ADF

Tout a commencé il y a plus de 15 ans avec un problème à la recherche d’une solution. Un fabricant de camions a demandé à la Chevron Product Company s’il serait possible de retirer les composés métalliques des additifs pour huile moteur et de réduire les cendres sulfatées en cours de processus. Les ingénieurs de Chevron se sont regardés, perplexes, puis ont transposé la demande en défi.

Le résultat, la nouvelle huile moteur Delo 600 ADF avec technologie brevetée Omnimax, a été présenté le 5 novembre par Chevron à son centre de technologie de Richmond, en Californie.

«En règle générale, lorsque vous commercialisez un nouveau produit et souhaitez le tester, les fabricants de moteurs ont tendance à préférer des modifications progressives», a indiqué Yu Lee Toh, directeur général de la marque, de la technologie et des équipementiers.

«C’était un défi unique pour un formulateur», a poursuivi Teri Crosby – chef de produit mondial pour Chevron Oronite. «Les exigences API typiques pour les cendres dans les moteurs de véhicules lourds sont d’environ 1 %. Nous les avons réduites de 60 %. Ce n’est pas ce qu’on peut qualifier de progressif.»

La Delo 600 ADF est formulée à 0,4 % de cendres sulfatées, ce qui permet de réduire considérablement le taux d’encrassement du filtre à particules (DPF), d’en prolonger la durée de vie utile et de rehausser l’efficacité énergétique, selon Chevron. Tout cela contribuerait en fin de compte à réduire les coûts d’exploitation des clients.

«Les cendres provoquent l’encrassement du DPF et obligent à le remplacer de façon prématurée», a expliqué Kamala Krishna, responsable de la recherche sur les procédés de technologies et services en aval chez Chevron.

«S’il y a une chose dont nous n’avions jamais vraiment parlé auparavant, c’était bien le système de post-traitement», a souligné Keith D. Shaw, directeur mondial, Services techniques et approbations OEM. «De nombreux fabricants de moteurs n’avaient aucune idée que 90 % des cendres contenues dans le DPF proviennent du lubrifiant. C’est significatif.»

Le DPF recueille jusqu’à 98 % des émissions de particules sous forme de cendres et de suie. Un cycle de régénération brûle la majeure partie de la suie du DPF, mais les cendres sont des matériaux incombustibles dérivés d’additifs lubrifiants métalliques, ce qui signifie que le DPF s’encrasse et que les propriétaires d’équipements et de parcs sont obligés de mettre les unités hors service pour les remettre en fonction, ce qui engendre des coûts de maintenance et une perte de productivité.

Si trop de suie et de cendres s’accumulent, la grande quantité de chaleur produite lors de la régénération peut endommager le DPF, les coûts de remplacement pouvant atteindre 7 000 dollars. L’encrassement du DPF augmente la contre-pression du moteur et les cycles de régénération, entraînant une consommation de carburant plus élevée.

Willem van Dam, responsable du développement des produits, a été impliqué depuis le départ. Il se souvient que le processus suscitait un certain scepticisme. Mais, dès le début, Chevron a aussi obtenu des résultats étonnamment bons, ce qui les a encouragés à continuer.

«Nous avons été mis au défi de faire plus avec moins. Il nous a fallu un certain temps pour comprendre cela», de dire M. van Dam. «Nous avons fait certaines modifications, avons retiré tous les composants métalliques et déterminé où était le problème. Nous avons dû les remplacer par des additifs contenant peu ou pas de cendres. Nous sommes arrivés à un produit qui fonctionne réellement.»

Les essais sur le terrain ont permis de valider une grande partie des avantages que Chevron recherchait depuis le défi initial et de transférer les résultats nets aux clients, lesquels auront des surprises lorsqu’ils effectueront des analyses d’huile.

«Traditionnellement, on analyse les empreintes de l’huile moteur en examinant certains composants métalliques comme le calcium et le magnésium, le zinc et le phosphore. Vous allez en voir moins et, dans certains cas, vous n’en verrez pas du tout», a indiqué Shawn Whitacre – ingénieur principal chez Chevron.

Attendez-vous aussi à quelques changements dans le nombre total de base (TBN), comme l’a expliqué M. Whitacre. «Ce que nous avons montré lors de nos tests, et c’est aussi vrai avec la plupart des huiles de lubrification modernes, c’est que le TBN traditionnel est bien moins important qu’avant, et qu’il sera probablement sans importance avec la faible teneur en cendres de la technologie de l’huile Delo 600 ADF. Les tests indiquent que vous pouvez avoir un TBN proche de zéro dans l’huile usée mais bénéficier quand même d’une protection robuste contre l’usure et la corrosion.»

M. Whitacre a expliqué que l’appellation ADF décrit les avantages constatés lors des tests sur le terrain.

«A signifie protection post-traitement (after-treatment). En réduisant de 60 % le niveau de composants métalliques dans un lubrifiant et en les remplaçant par un additif haute performance qui ne contribue pas à l’encrassement du DPF, vous pouvez prolonger considérablement le temps écoulé entre les entretiens.»

«D fait référence aux intervalles de vidange prolongés (drain intervals). Son système antioxydant est conçu pour permettre à l’huile de résister aux températures élevées que subissent les moteurs poids lourds moderne.»

Et le F représente l’économie de carburant (fuel economy).

«Au fur et à mesure que ces composants métalliques s’accumulent dans le DPF, ils occupent dans le DPF de l’espace qui serait autrement disponible pour accumuler et brûler les matières particulaires qui augmentent le nombre de régénérations, qui consomment généralement beaucoup de carburant», a déclaré M. Whitacre.

Chevron a effectué des tests sur les performances de vieillissement de la Delo 600 ADF par rapport à une huile conventionnelle ayant une teneur en cendres sulfatées de 1 %.

«L’huile Delo 600 ADF réduit considérablement le taux d’encrassement du DPF, en prolonge la durée de vie jusqu’à 2,5 fois et procure une amélioration de l’efficacité énergétique pouvant atteindre 3 %», a déclaré James Booth, responsable du secteur commercial pour Chevron.

La nouvelle huile moteur ADF Delo 600 ADF satisfait aux normes API CK4 et OEM ou les surpasse. Elle sera disponible à partir du 2 décembre, dans les viscosités 15W-40 et 10W-30. Un produit équivalent est déjà utilisé en Chine avec les moteurs au GNC.

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 25 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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