Combien de temps durera le boum des ventes de camions?

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Les carnets de commandes sont remplis pour les mois à venir et les fabricants de camions et les fournisseurs de pièces restent optimistes. Mais prudents.

Les acheteurs de matériel s’acharnent à trouver des créneaux sur les chaînes de montage, au cœur d’un des marchés de camions les plus effervescents jamais observés. Les Canadiens ont acheté 35 700 camions de classe 8 l’an dernier, soit 29 % de plus que les niveaux enregistrés en 2017, et il n’y a aucun signe de ralentissement. Les analystes de MacKay and Company prévoient même 36 800 ventes cette année.

Mais les périodes de boum ne durent pas éternellement. Les mêmes analystes de MacKay and Company prévoient que le marché canadien plongera à 26 100 camions de classe 8 en 2020, soit une baisse de 29 %. Ken Davis, consultant et ancien dirigeant d’Eaton, pense que les chiffres de vente de l’an dernier ne seront pas atteints en 2019, en raison des capacités de fabrication limitées.

Roger Nielsen, président et chef de la direction de Daimler Trucks North America, s’attend à une normalisation du marché d’ici le milieu de l’année. En 2018, les clients et les concessionnaires passaient des commandes comme si les camions étaient vendus selon le principe du premier arrivé, premier servi, a-t-il déclaré lors d’une présentation au cours de la journée Dialogue de la Heavy Duty Aftermarket Week.

Ce n’est pas le cas.

Cette exubérance a conduit le plus important fabricant de camions d’Amérique du Nord à annuler 58 000 commandes de camions jugées peu crédibles. Les commandes d’aujourd’hui sont reconfirmées deux ou trois fois avant que les camions ne soient effectivement fabriqués, pour s’assurer que les carnets de commandes restent importants.

Ces chiffres sont un indicateur clair de la santé du marché des équipements. Bill Strauss, économiste principal et conseiller économique à la Réserve fédérale de Chicago, voit l’augmentation des annulations comme un «canari dans la mine de charbon». Si les commandes disparaissent trop soudainement, les fabricants doivent s’efforcer d’ajuster leurs chaînes de production s’ils veulent éviter de submerger le marché avec du matériel non acheté.

Ventes de remorques

La croissance n’a pas été limitée aux unités motorisées. Toujours selon MacKay and Company, les 49 500 remorques achetées au Canada en 2018 représentent une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente. Cependant, le vice-président John Blodgett croit que le marché sera limité à une augmentation de 3 % en 2019, pour atteindre 51 000 unités. D’ici 2020, le marché des remorques devrait tomber à 36 100 unités, ce qui représente une chute de 28 %.

«Nous nous attendons à certains signes de ralentissement, mais le marché est aussi fort et même plus fort dans certaines catégories», a déclaré Dean Engelage, président de Great Dane, à propos de l’année à venir. «Les arriérés se prolongeront jusqu’à la fin de l’année et nous en sommes ravis. Ce fut un parcours long et sans précédent pour une industrie cyclique.»

Il prévoit une baisse de 10 à 15 % du marché pour 2020. Encore une fois, il s’agissait de sa prévision pour 2018 il y a neuf mois.

L’état général de l’économie sera le facteur déterminant.

«Nous sommes maintenant entrés dans la phase que j’appelle le boum», a déclaré Bob Dieli, président et fondateur du cabinet RDLB. «L’économie continue de se développer». C’est une bonne nouvelle, mais nous savons que, traditionnellement, les ventes de camions s’effondrent rapidement à l’approche de ce qu’il appelle des conditions de boum et de pré-sommet.

Il est temps que les entreprises se demandent comment vont leurs plus gros clients, leurs plus gros fournisseurs et leurs plus gros concurrents, a-t-il déclaré. Cela offrira un indicateur économique fort sans aucune recherche approfondie.

«Nous ne savons pas ce qui va se passer avec les tarifs et autres indicateurs économiques», d’ajouter Walt Sherbourne, vice-président du marketing chez Dayton Parts. Mais il ne s’attend pas non plus à un ralentissement soudain ou à un événement de dégringolade.

Ces temps-ci, l’une des plus grandes difficultés qu’il partage avec d’autres fabricants, c’est de trouver des personnes pour travailler dans une entreprise de fabrication. Les jeunes ne sont pas intéressés par de tels emplois, dit-il. «Nous nous rabattons sur les personnes qui ne veulent pas travailler. Elles voudront peut-être travailler un jour, mais elles ne voudront pas travailler le lendemain.»

Le marché secondaire

Les ventes et les conditions économiques favorables ne se limitent pas aux nouveaux camions et remorques. Le marché secondaire desservant les camions des classes 6 à 8 et les remorques s’élevait à 4 milliards de dollars en 2018 au Canada, et cette croissance a même pris les analystes de MacKay and Company par surprise.

En 2018, le marché a augmenté de 7,2 % par rapport aux 3,7 milliards de dollars enregistrés en 2017, a déclaré M. Blodgett. Et la croissance ne semble pas encore terminée. Cette année, il s’attend à ce que le marché des pièces de rechange pour poids lourds connaisse un taux de croissance annuel capitalisé de 4,1 % au Canada.

Le prix des pièces devrait également augmenter de 2,1 %. C’est inférieur aux augmentations de 4,4 % suggérées par les résultats préliminaires pour 2018, mais cela reste supérieur à l’augmentation de 1,2 % observée en 2017.

On ne s’attend pas à ce que la croissance s’arrête là. Les prévisions actuelles de MacKay and Company indiquent une croissance progressive de 4,1 milliards de dollars cette année dans le marché des pièces de rechange – gagnant environ 200 millions de dollars par an entre 2020 et 2022. Même lorsque les activités se seront stabilisées en 2023, le marché des pièces de rechange devrait encore augmenter de 100 millions de dollars par année.

Les concessionnaires de camions sont ceux qui prennent la part du lion. Sur la tarte de 3,964 milliards de dollars disponibles en 2018, les concessionnaires de camions représentaient 51 %. Les distributeurs de pièces pour poids lourds représentaient 17% de l’activité, les garages indépendants 13 %, les spécialistes 8 %, les distributeurs de moteurs 4 % et les distributeurs de pièces automobiles 3 %. Les autres secteurs ont obtenu 4 %.

Au sud de la frontière, le marché s’élevait à 30,054 milliards de dollars américains : 49 % pour les concessionnaires de camions, 18 % pour les distributeurs poids lourds, 7 % pour les spécialistes, 9 % pour les garages indépendants, 5 % pour les distributeurs de moteurs et 4 % pour les distributeurs de pièces automobiles. Les autres secteurs ont obtenu 8 %.

Pour le moment, la population totale de véhicules au Canada continue d’augmenter. L’an dernier, il y avait 42 000 camions de classe 6, 151 000 camions de classe 7, 351 000 camions de classe 8 et 553 000 remorques sur les routes. Mais les chiffres devraient diminuer légèrement. En 2023, selon MacKay and Company, les totaux passeront à 35 000 unités dans la classe 6, 149 000 dans la classe 7 et 353 000 dans classe 8. Le nombre de remorques devrait passer à 552 000 unités.

«L’industrie devrait vraiment apprécier cette période robuste», de conclure M. Davis.

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