Combien le confinement nous a-t-il coûté?

0

Montréal, le 3 juillet 2020 – Des chercheurs de l’Institut économique de Montréal (IEDM) ont présenté une publication dans laquelle ils ont tenté de chiffrer l’impact réel des points de vue économique et social des mesures de confinements en lien avec la COVID-19.

«Une façon facile d’estimer les pertes d’emploi est d’analyser les données sur le chômage rendues publiques par Statistiques Canada», affirme Peter St. Onge, chercheur associé senior à l’IEDM. «Au Canada, le taux de chômage a presque triplé entre le début de la crise et avril, passant à 13,7 %.  Au Québec,il a presque quadruplé, passant à 17 %. Cela représente 820 000 emplois perdus en mars et avril », poursuit M. St. Onge.

«Il est facile de voir que le confinement est la cause de ces pertes d’emplois, puisqu’il y a eu un rebond immédiat lorsque les interdictions visant des domaines comme celui de la construction ont été levées », fait valoir Peter St. Onge. « Le Québec a déconfiné plus rapidement certains secteurs économiques associés au travail manuel, comme la construction, et a connu une baisse du chômage en mai alors que celui-ci continuait de grimper ailleurs au pays », ajoute l’économiste.

Selon les données sur l’emploi de Statistiques Canada, le Québec commence déjà à se remettre de la «dépression du confinement» plus rapidement que le reste du Canada. Les données sur l’emploi du mois de mai indiquaient une disparité entre les secteurs ouvriers rouverts rapidement par les décideurs publics, et ceux qui rouvrent trop lentement.

On comptait déjà pour 257 milliards $ de dépenses additionnelles au mois d’avril de la part du gouvernement fédéral. Le directeur parlementaire du budget parlait en mai dernier d’un déficit qui pourrait atteindre 260 milliards $ pour l’année fiscale en cours, ce qui est du jamais vu.

Le mois dernier, le Québec a ajouté 230 900 emplois, ce qui représente 80 % des nouveaux emplois nets au Canada. Le reste du pays a connu une croissance anémique de 58 700 nouveaux emplois nets, et l’Ontario en a quant à elle perdu 64 500, alors que son gouvernement garde l’économie en grande partie fermée.

 

Ce contraste montre à quel point les pertes d’emploi massives depuis mars sont attribuables presque exclusivement au confinement plutôt qu’à la COVID-19 elle-même, disent les chercheurs. En fait, l’augmentation du taux de chômage dans les pays non confinés, comme la Suède et le Japon, a été beaucoup moindre qu’ici.

Les coûts énormes du confinement s’accumulent chaque jour. En plus du chômage élevé, les déficits gouvernementaux ont explosé, sans parler de faillites, d’épargnes qui fondent et de suicides, bien que cela puisse être difficile à quantifier.

Gaël Campan, économiste senior à l’IEDM, poursuit en indiquant que «Le coût du confinement s’évalue également en observant le bilan fiscal du Canada. En effet, on comptait déjà pour 257 milliards $ de dépenses additionnelles au mois d’avril de la part du gouvernement fédéral », déclare-t-il. « Le directeur parlementaire du budget parlait en mai dernier d’un déficit qui pourrait atteindre 260 milliards $ pour l’année fiscale en cours, ce qui est du jamais vu.»

«Considérant la récente baisse de la cote de crédit du Canada, on peut s’attendre à que cela coûte cher au contribuable. En fait, le directeur parlementaire du budget a déjà sonné l’alarme en ce qui a trait à des augmentations d’impôts probables de la part du gouvernement fédéral afin de combler le gouffre budgétaire», observe M. Campan. « De telles mesures pourraient exacerber les effets à long terme de la crise sur la croissance économique et nous faire payer bien longtemps le confinement strict que nous avons connu », conclut M. Campan.

Partager.

Laisser une réponse