COVID-19: Les pièces de remplacement demeurent disponibles

La fermeture d’usines de fabrication un peu partout en Amérique du Nord en cette période de pandémie n’occasionnera pas de ruptures de stock, et encore moins de pénuries de pièces de camions, du moins à court et à moyen termes.

Chez UAP, on a augmenté les paramètres de commandes des entrepôts dès qu’on a perçu les premiers signes qu’une pandémie sérieuse se préparait. «Nous faisons affaire avec des usines de partout en Amérique du Nord et en Asie», souligne Gaétan Delisle, vice-président, Ventes Est du Canada pour la division des pièces de véhicules lourds d’UAP. «Dès janvier, lorsque les choses ont commencé à se dégrader, des stocks additionnels étaient en route ou déjà arrivés dans nos entrepôts afin d’augmenter nos inventaires.»

Une équipe assure un suivi hebdomadaire de la situation chez les fournisseurs canadiens et américains et s’ajuste en conséquence. Par exemple, si le fournisseur principal d’une pièce connaît des ralentissements de production, on se tournera vers des sources alternatives.

Les inventaires ont été augmentés non seulement dans les centres de distribution (UAP en compte à Montréal, Mississauga, Edmonton et Vancouver), mais aussi dans les magasins Traction au cas où il y aurait des problèmes de transport.

«La pandémie fait en sorte que le volume de ventes a légèrement diminué, mais nous avons augmenté nos inventaires. Pour nous, il n’y a aucune inquiétude en ce qui a trait à l’approvisionnement à court ou à moyen terme», assure Gaétan Delisle.

Il n’est pas exclu qu’un type de pièce pourrait devenir plus difficile à trouver, si par exemple un fabricant qui possède 90 pour cent du marché devait interrompre sa production. Mais si on parle de freins ou de systèmes pneumatiques, par exemple, il n’y a pas de ruptures de stock à craindre. «On garde toujours quatre ou cinq mois d’inventaire de ces pièces. Même s’il n’y avait pas d’approvisionnement pendant trois mois, nous pourrions quand même fournir le marché et, en plus, présentement, les commandes continuent à entrer normalement», de dire M. Delisle, qui ajoute qu’une cellule de crise a été mise en place pour assurer que les clients ne manquent de rien.

Claude-André Pouliot, président de Makpec, constate aussi un ralentissement dans le marché des pièces de rechange, principalement parce que la clientèle est limitée aux transporteurs qui offrent des services essentiels. Mais il n’entrevoit pas lui non plus de problèmes du côté de la disponibilité des pièces.

«Par exemple, Firestone, qui fabrique des ballons de suspension, a annoncé la fermeture de son usine au Mexique, mais son centre de distribution reste ouvert. Stemco, avec qui nous faisons davantage affaire, demeure ouvert. Bendix a aussi fermé son usine au Mexique, mais les centres de distribution demeurent ouverts. Nous n’avons pas connu de difficultés en matière d’approvisionnement pour l’instant», explique M. Pouliot.

La durée des mesures d’urgence va dicter la suite des choses. «On ne sait pas quelles usines vont fermer. Mais comme le camionnage fait partie des services essentiels, la plupart des fabricants avec qui nous transigeons restent en opération.»

Le centre de distribution que Macpek a construit en 2018, à Saint-Augustin-de-Desmaures, lui procure une bonne marge de manœuvre. «Nous avons un bon coussin en ce qui a trait aux inventaires avant que nous ayons à placer de nouvelles commandes», explique le président de Macpek.

Lorsqu’il a commencé à entendre parler de pandémie, Jean-Robert Fontaine, directeur de flotte au Groupe Boutin, a fait des vérifications chez ses fournisseurs et a augmenté un peu ses stocks de pièces pour s’assurer de se rendre à l’automne sans manquer de rien.

En février, il a commandé un conteneur de pneus… qui n’a finalement jamais été livré! «Je n’ai pas pris de chance et, le mois dernier, j’ai passé des commandes chez des fournisseurs en fonction de mes besoins et de leurs inventaires», de dire M. Fontaine.

Il est plus difficile, voire impossible, de faire affaire avec certains sous-traitants en raison de la pandémie. «S’il y a un bris avec une bâche de remorque, on ne peut pas la faire réparer», indique-t-il.

L’approvisionnement en pneus de camions ne posera pas de problème au cours des prochaines semaines.

Après avoir procédé à une fermeture temporaire et progressive de ses installations de fabrication en Amérique du Nord et en Amérique latine, Bridgestone a annoncé qu’elle reprenait ses activités de fabrication le 13 avril. Par communiqué, le directeur exécutif des Solutions commerciales de Bridgestone Canada, Darious Naylor, a assuré que la compagnie «est très bien positionnée pour répondre à vos besoins d’approvisionnement en cette période difficile. Notre stock de pneus est très solide et la chaîne d’approvisionnement est complète, ce qui nous place en bonne position dans un avenir rapproché. De plus, nous avons la possibilité d’augmenter la production de pneus rechapés Bandag, au besoin.»

Michelin a commencé à faire des fermetures temporaires et partielles à ses trois usines en Nouvelle-Écosse. Ces fermetures partielles varient selon l’usine mais, à l’heure actuelle, moins de 500 employés ont été touchés dans toutes les installations en Nouvelle-Écosse. «Michelin a pris des précautions importantes à l’intérieur de ses usines pour nous permettre de poursuivre nos opérations en toute sécurité. Ces précautions comprennent des restrictions de voyage, un auto-dépistage, un nettoyage accru dans toutes les usines, des mesures de distanciation sociale et des heures de début et de fin décalées, entre autres actions», nous a indiqué Nicolle Vuotto, des communications de Michelin Amérique du Nord (Canada) par courriel.

Melissa Monaco, vice-présidente, Communication Amériques pour The Goodyear Tire & Rubber Company, nous a fait parvenir la déclaration suivante : «Compte tenu de la baisse continue de la demande du marché résultant de la propagation rapide de COVID-19 dans la région des Amériques, Goodyear a temporairement suspendu ses activités dans toutes les usines de fabrication dans cette région jusqu’à nouvel ordre. Nous surveillons étroitement les signaux de demande du marché, les niveaux des stocks et des approvisionnements ainsi que les opérations d’entreposage et de distribution afin de poursuivre la livraison des produits Goodyear.»

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 25 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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