Dans un marché du fret au ralenti, la rétention des chauffeurs devient la priorité

C’est la fidélisation à long terme des chauffeurs, et non la réduction des coûts à court terme, qui aide les transporteurs à traverser une période de ralentissement prolongé et à se préparer à la reprise tant attendue.

Les dirigeants de Tandet Group et de Spring Creek Carriers estiment que les stratégies de rétention doivent être constantes, quelles que soient les conditions du marché, et mettre l’accent sur l’équité, la prévisibilité et la communication plutôt que sur des mesures réactives liées aux volumes de fret.

Tandet, qui emploie environ 300 chauffeurs dans ses activités de transport en vrac et par citerne, déclare que la fidélité des chauffeurs reste l’un de ses principaux atouts. Le président Scott Tilley et le vice-président des ressources humaines, Dave Miller, disent que de nombreux chauffeurs restent avec l’entreprise pendant des décennies, en formant ainsi la colonne vertébrale opérationnelle.

Vue en hauteur d’un camion-citerne de Tandet Group
(Photo : Tandet Group)

Les chauffeurs ayant cinq, dix, voire vingt ans de service nécessitent souvent peu de supervision et connaissent très bien les clients, les équipements et les procédures.

Selon M. Miller, les départs surviennent le plus souvent au début du contrat de travail d’un chauffeur, en particulier au cours des six premiers mois, lorsque les chauffeurs déterminent si le travail correspond à leurs attentes.

Un deuxième point de transition se situe entre 12 et 18 mois. Les chauffeurs qui dépassent cette étape ont tendance à rester longtemps, souvent jusqu’à la retraite.

Spring Creek Carriers exploite une flotte plus petite, avec 42 chauffeurs, et affiche un taux de roulement de personnel relativement faible. Le président Mark Bylsma estime qu’un certain taux de roulement est inévitable. Il dit que l’entreprise se concentre sur la création de conditions propices à une réussite à long terme.

Bien réfléchir avant d’embaucher

Chez Tandet, le roulement du personnel est principalement dû aux départs à la retraite, aux changements de vie ou aux départs prématurés des nouveaux employés qui découvrent que les exigences physiques du travail sur citerne ne correspondent pas à leurs attentes.

Spring Creek privilégie le recrutement réfléchi à l’expansion rapide. Le transporteur recrute lentement, dans le but de s’assurer que les chauffeurs comprennent les attentes et correspondent bien au poste. M. Bylsma indique que cette approche réduit le taux de roulement et favorise la constance, tant lorsque le marché du fret est fort que lorsqu’il l’est moins.

Les deux entreprises affirment avoir évité de réduire la rémunération ou les avantages sociaux des chauffeurs, malgré la pression économique.

Chez Tandet, les structures d’incitatifs, les uniformes, les indemnités pour les bottes et les équipements de sécurité ont été maintenus. Les chauffeurs sont rémunérés en fonction de leur activité, de sorte que la réduction des volumes de fret affecte déjà leurs revenus en raison de la diminution du nombre de kilomètres parcourus ou d’heures travaillées, explique M. Tilley, d’où l’importance de ne pas réduire davantage leur rémunération nette.

Camion et remorque de Spring Creek Carriers
(Photo : Spring Creek Carriers)

Spring Creek maintient également des structures de paie stables tout au long de l’année. Les chauffeurs reçoivent une rémunération basée sur leurs performances, qui peut inclure une indemnité kilométrique, des arrêts rémunérés, des composantes horaires, des minimums hebdomadaires garantis, une indemnité de repos et une indemnité pour temps d’immobilisation.

Des calendriers de paie hebdomadaires, des primes de sécurité et des programmes de reconnaissance font également partie du modèle.

Le soutien opérationnel joue un rôle important au sein des deux flottes. Spring Creek s’appuie sur des mécaniciens internes, des équipes douanières et des représentants du service à la clientèle des chauffeurs qui s’occupent d’une grande partie de la planification des trajets afin de réduire les perturbations sur la route. On fait par ailleurs appel à des camions et des remorques récents et à un service d’entretien à l’interne pour limiter les temps d’arrêt et améliorer la sécurité.

La flexibilité est attrayante

Chez Tandet, la flexibilité est un outil clé de rétention. Les chauffeurs peuvent travailler localement, faire du transport régional ou de longue distance, selon leurs besoins, et certains passent d’un département à l’autre au sein de l’entreprise au cours de leur carrière. D’autres préfèrent des itinéraires et des horaires prévisibles et sont pris en charge en conséquence.

Tandet n’impose pas de répartition forcée. Les chauffeurs se voient proposer des missions disponibles et peuvent les refuser, à condition que ces refus soient raisonnables. Les trajets moins attrayants sont examinés afin de déterminer si des changements opérationnels, tels que l’ajustement des horaires ou le pré-chargement, pourraient les rendre plus intéressants.

Chez Spring Creek, le personnel opérationnel travaille en étroite collaboration avec les chauffeurs afin d’aligner les kilomètres et les arrêts sur les préférences individuelles dans la mesure du possible.

Communication

La communication est un autre point commun. Tandet suit les anniversaires et les étapes importantes des chauffeurs et encourage le personnel du terminal à souligner les anniversaires et les accomplissements professionnels. Selon M. Tilley, les contacts personnels contribuent à ce que les chauffeurs se sentent liés à l’organisation au-delà des interactions quotidiennes liées strictement à la répartition.

Spring Creek met l’accent sur les conversations individuelles, en particulier pendant les périodes creuses. M. Bylsma explique que la transparence sur les conditions de transport et la cohérence des messages aident les chauffeurs à comprendre pourquoi leurs revenus peuvent fluctuer et ce que l’entreprise fait pour les soutenir.

Décisions guidées par l’équité

Les deux transporteurs indiquent que c’est l’équité, plutôt que l’égalité stricte, qui guide leur processus de prise de décision. Pendant les périodes creuses, le travail est réparti de manière à occuper autant que possible les chauffeurs, même si la charge de travail ne peut pas être parfaitement équilibrée. Pendant les périodes de forte activité, la direction planifie soigneusement les embauches afin d’éviter de surcharger les chauffeurs existants avant que des camions supplémentaires soient disponibles.

Les dirigeants des deux flottes déclarent qu’il est essentiel de conserver une base de chauffeurs expérimentés lorsque la demande de fret reprend. L’acquisition de camions et de remorques peut être en retard par rapport à la reprise du marché, ce qui rend indispensable le maintien des chauffeurs pour pouvoir réagir rapidement aux nouvelles opportunités.


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