Des tests capillaires élimineraient 300 000 camionneurs aux États-Unis

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WASHINGTON, D.C. – Des chercheurs de l’Université de Central Arkansas valident une étude qui suggère que les tests capillaires pour détecter la consommation de drogue pourraient forcer près de 300 000 chauffeurs de camion à quitter le métier aux États-Unis.

Les résultats, publiés ce mois-ci par le Journal of Transportation Management, se sont concentrés sur une analyse antérieure de l’Alliance for Driver Safety and Security – dont les membres comprennent certaines des plus grandes flottes d’Amérique du Nord, telles que Swift Transportation, US Xpress et JB. Hunt.

Alors que les analyses d’urine peuvent détecter la consommation de drogue d’un camionneur au cours des trois à quatre jours précédents, les tests capillaires peuvent détecter la consommation au cours des 30 jours précédents.

«Des preuves démontrent que le système actuel de test d’urine est peut-être moins efficace que nous l’espérons tous», disent les chercheurs, se basant sur des études antérieures. «Les tests d’urine ont généralement une période de rétrospective de deux à trois jours. Cela signifie qu’un camionneur pourrait s’abstenir de consommer de la drogue pendant trois jours, passer un test d’urine pré-emploi, puis recommencer à conduire et à consommer de la drogue.»

Même les camionneurs canadiens sont soumis à des programmes de dépistage de drogues obligatoires s’ils circulent sur les routes américaines, et les employeurs potentiels peuvent consulter les résultats antérieurs par l’intermédiaire du Drug and Alcohol Clearinghouse de la Federal Motor Carrier Safety Administration des États-Unis.

L’industrie du camionnage «a presque une obligation morale» de répondre à la norme d’analyse capillaire, croit Lane Kidd, directeur général de l’Alliance for Driver Safety and Security, qui se désigne également sous le nom de Trucking Alliance. Elle a financé la recherche de validation des professeurs Doug Voss et Joe Cangelosi de l’Université de Central Arkansas.

Le nombre estimé de camionneurs qui seraient retirés de la route s’appuie sur les résultats selon lesquels 0,6% des chauffeurs routiers échouent aux tests d’urine, mais 8,5% échouent ou refusent les tests capillaires.

Des directives relatives aux tests capillaires ont déjà été soumises depuis que le Congrès américain a adopté une loi habilitante en 2015, mais M. Kidd dit que la proposition est au point mort depuis qu’elle a été étendue à tous les employés fédéraux.

Les tests capillaires ont été contestés par des groupes comprenant des syndicats et des associations de liberté civile, en partie à cause de préoccupations concernant un préjugé racial.

«Des études ont indiqué que les tests capillaires pour les substances contrôlées ont un préjugé en lien avec la couleur et la texture des cheveux, en particulier pour les personnes aux cheveux plus foncés», explique la Owner Operator Independent Drivers Association (OOIDA) dans son exposé qui plaide contre les tests capillaires. « Il y a d’autres problèmes aussi avec les tests capillaires qui n’ont pas encore été résolus.  Par exemple,  les cheveux ne poussent pas à la même vitesse d’une personne à l’autre, et il faut beaucoup plus de temps pour que les métabolites apparaissent dans les cheveux que dans l’urine.»

Les chercheurs de l’Université de l’Arkansas ont examiné les taux de réussite échec des tests capillaires parmi différents groupes ethniques et ont conclu que des facteurs autres que les méthodes de test semblaient être responsables de différents taux de réussite/échec.

Certaines flottes américaines ont déjà intégré les tests capillaires dans leurs normes d’embauche, et le Drug and Alcohol Clearinghouse propose déjà un mécanisme qui pourrait être utilisé pour suivre les résultats des tests capillaires, dit M. Kidd.

La Trucking Alliance soutient que l’on peut déjouer les analyses d’urine, M. Kidd faisant référence aux produits qui sont disponibles dans certains relais routiers. «S’il n’y avait pas de chauffeurs faisant cela, il n’y aurait pas de produits disponibles dans les relais routiers.»

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