Détails et réactions de l’industrie au tunnel Québec-Lévis

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C’est acquis : Québec aura son troisième lien et il s’agira d’un tunnel. Beaucoup de travail reste cependant à faire avant de pouvoir préciser les spécifications du projet.

« Toute la question de la conception, le nombre de voies, la configuration des tubes et tout ça, ce sont des éléments qui restent à définir », indique Guillaume Paradis, porte-parole du ministère des Transports du Québec, en entrevue à Transport Routier lorsque questionné sur les voies où les camions seraient autorisés à circuler ou pas.

Toutefois, on sait d’ores et déjà que la profondeur du fleuve St-Laurent à cet endroit dictera certains éléments techniques du projet. « C’est un tunnel qui devrait avoir des pentes assez importantes », ajoute M. Paradis. Les croquis de l’étude de faisabilité que Polytechnique Montréal a préparée en 2016 pour le MTQ (en jaune ci-dessous) illustrent d’ailleurs très bien cette situation.

Cela signifie que le déglaçage sera un élément crucial pour les camions qui devront grimper ou descendre ces dénivelés en période hivernale. Des approches plus longues auraient peut-être permis d’adoucir ces pentes mais on devine que cela aurait ajouté aux coûts déjà importants du projet, notamment pour les expropriations qui auraient été nécessaires.

Autre élément technique que confirme M. Paradis : le tunnel de Québec sera foré, et non pas déposé sur le lit du fleuve comme c’est le cas du tunnel Hippolyte-Lafontaine à Montréal. L’emploi d’un tunnelier, un imposant engin de forage, sera ainsi nécessaire.

Le transport hors normes sera évidemment limité par le gabarit de l’ouvrage, qui reste aussi à déterminer de façon précise.

D’autres types de camionnage seront également affectés par le fait qu’on ait opté pour un tunnel plutôt que pour un pont conventionnel. « On sait déjà que le transport de matières dangereuses sera fort probablement interdit pour des raisons de sécurité tout à fait évidentes », indique le porte-parole du MTQ, ajoutant toutefois : « On aura toujours le pont Pierre-Laporte qui ne sera pas très loin pour les gens qui transportent du hors normes ou des matières dangereuses. »

L’industrie satisfaite, malgré quelques bémols

« Tout ce qui vient améliorer la fluidité du transport est bénéfique pour nous », a d’abord réagi Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ).

Il se dit néanmoins déçu que la nature de ce troisième lien y interdira certaines formes de transport. « Le tunnel n’était pas nécessairement l’infrastructure qu’on privilégiait, en raison des restrictions imposées à certaines matières, dont les matières dangereuses », déclare M. Cadieux.

Le porte-parole de l’ACQ dit avoir été informé de la position de certains transporteurs qui estiment que les sommes allouées à la construction du tunnel auraient pu être utilisées à meilleur escient, pour l’entretien du réseau routier existant par exemple.

M. Cadieux précise à cet égard que le ministre des Transports François Bonnardel a assuré que l’investissement dans le troisième lien ne viendrait pas compromettre les autres chantiers routiers.

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