DTNA prévoit construire la plus grande usine de camions aux États-Unis dans le cadre de la modernisation de son réseau de production

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Daimler Truck North America (DTNA) prévoit construire ce qui deviendra sa plus grande usine de fabrication de camions aux États-Unis. Selon ses dirigeants, cette décision est moins liée au contexte tarifaire actuel qu’à la volonté de préparer l’entreprise à des décennies d’évolution technologique et de croissance future.

Cette nouvelle usine, dont le démarrage de la production est prévu à la fin de 2029, permettra d’accroître la capacité de production nord-américaine de l’entreprise tout en intégrant les systèmes de production les plus avancés et les plus flexibles de son réseau, ont indiqué aujourd’hui les dirigeants de DTNA à un petit groupe de journalistes spécialisés dans le camionnage. L’entreprise n’a pas encore choisi l’emplacement de la future usine. Elle évalue actuellement plusieurs sites en fonction de la disponibilité de la main-d’œuvre, de l’accès à la chaîne d’approvisionnement, des infrastructures de transport et du climat d’affaires.

(Photo : DTNA)

«Il s’agit d’un investissement à long terme dans nos clients, notre réseau de production et l’avenir du transport en Amérique du Nord», a déclaré John O’Leary, président et chef de la direction de DTNA, lors de la présentation du projet aux médias. «Une usine conçue spécialement à cette fin nous offre une page blanche pour accroître notre capacité de production et intégrer de la flexibilité à nos activités dès le premier jour.»

Bien que cette annonce survienne dans un contexte de tensions commerciales persistantes et de tarifs douaniers qui touchent le secteur manufacturier nord-américain, M. O’Leary a insisté à plusieurs reprises sur le fait que ces facteurs n’étaient pas à l’origine de cette décision.

«Je ne peux pas dire que les droits de douane sont complètement ignorés», a-t-il reconnu. «Mais plusieurs autres facteurs sont beaucoup plus importants.»

Il a plutôt présenté cet investissement comme l’aboutissement de plusieurs années de planification.

«Si vous restez immobile… vous mourez», a affirmé M. O’Leary. «Nous investissons continuellement dans nos produits… mais nous devons aussi moderniser nos usines de temps à autre, car c’est vraiment là que la magie opère.»

Une usine conçue pour la flexibilité

Plutôt que de simplement accroître sa capacité de production, Daimler voit cette nouvelle usine comme une occasion de repenser la façon dont les camions sont fabriqués.

Plusieurs des usines actuelles de l’entreprise ont été conçues il y a plusieurs décennies, ce qui rend difficile leur adaptation aux technologies de fabrication d’aujourd’hui.

«Il est très difficile de vider complètement une usine pour ensuite la réaménager avec de nouvelles technologies», a souligné M. O’Leary. «Il est beaucoup plus facile de partir de zéro avec une nouvelle usine.»

Jeff Allen, vice-président principal des opérations chez DTNA, a indiqué que la nouvelle usine sera conçue autour de systèmes de fabrication numériques qui permettront à l’entreprise d’adopter rapidement les nouvelles technologies à mesure qu’elles émergent.

«Nous concevons absolument cette usine de manière à offrir un maximum de flexibilité afin de pouvoir nous adapter à tout ce que l’avenir pourrait nous réserver», a expliqué M. Allen.

Cela comprend des systèmes de production alimentés par l’intelligence artificielle, des technologies d’automatisation avancées, des systèmes d’inspection de la qualité par vision artificielle et des procédés de fabrication adaptables.

«Des technologies comme l’intelligence artificielle, l’automatisation… et les systèmes de vision permettent d’adapter et d’intégrer de nouvelles technologies beaucoup plus rapidement et facilement dans une usine construite à partir de zéro», a fait part M. Allen.

Bien que les robots humanoïdes aient suscité beaucoup d’intérêt dans l’industrie, les dirigeants ont indiqué qu’ils n’occupaient pas encore une place centrale dans les projets de l’entreprise.

«Les robots humanoïdes font partie de ces technologies dont beaucoup de gens parlent», a déclaré M. O’Leary. «Selon les meilleures informations dont nous disposons, leur utilisation à grande échelle est encore loin.»

Se préparer au prochain cycle du marché

Cet investissement témoigne également de la confiance de Daimler envers la demande à long terme de camions en Amérique du Nord, malgré plusieurs années difficiles dans le secteur du transport de marchandises. M. O’Leary a souligné que l’industrie a traversé une récession du transport de marchandises d’une ampleur historique au cours des trois dernières années, mais que les conditions du marché s’améliorent.

«Nous commençons à observer une reprise assez marquée», a-t-il déclaré. «Les commandes sont en hausse.»

M. O’Leary a indiqué que le carnet de commandes de DTNA pour 2026 est rempli à 95% et que les premières commandes pour 2027 sont encourageantes. Il a toutefois précisé que la nouvelle usine n’est pas construite pour répondre à la demande actuelle.

«Il s’agit d’une industrie cyclique», a affirmé M. O’Leary. «Les signaux actuels de la demande ne sont pas ce qui motive la construction d’une usine qui ne sera achevée qu’en 2029.»

L’entreprise veut plutôt s’assurer de disposer de la capacité de production nécessaire pour réagir rapidement, peu importe où en sera le marché lors du prochain cycle. M. Allen a souligné que cette flexibilité est particulièrement importante compte tenu des fluctuations bien connues des volumes de production dans l’industrie.

«Lorsque le marché atteindra un sommet, nous devrons être prêts, et nous devrons l’être rapidement», a-t-il déclaré.

Plus de production aux États-Unis, sans pour autant délaisser le Mexique

Interrogé à savoir si la nouvelle usine témoigne d’un virage plus large de la production du Mexique vers les États-Unis, M. O’Leary a indiqué qu’elle permettra à Daimler d’accroître sa capacité à fabriquer des camions aux États-Unis, sans toutefois présenter cette décision comme une stratégie de relocalisation.

«La majorité de notre production se fait au Mexique, bien que cette majorité ne soit pas très importante», a-t-il indiqué. La nouvelle usine «nous donnera certainement la possibilité d’ajuster la production entre les deux pays et d’accroître la proportion de camions fabriqués aux États-Unis».

Il a toutefois réitéré que les tarifs douaniers ne constituaient pas la principale motivation derrière cette décision.

«Ce n’est vraiment pas une question de tarifs», a-t-il expliqué. «Il s’agit surtout de notre volonté de disposer des usines les plus modernes et les plus performantes qui soient, car nous savons que cela nous permettra ultimement d’avoir la meilleure structure de coûts possible.»

Selon lui, cela permettra de réduire le coût total de possession pour les clients, tout en améliorant la qualité des produits et le respect des délais de livraison.

«Lorsque les clients commandent un camion, ils en ont besoin à une date précise», a souligné M. O’Leary. «Si vous le livrez deux semaines plus tard, ce n’est pas une bonne chose.»

(Photo : DTNA)

Des milliers d’emplois à la clé

La nouvelle usine fabriquera des véhicules complets, plutôt que seulement des châssis ou des véhicules partiellement assemblés. M. Allen a indiqué qu’elle emploiera «des milliers» de travailleurs lorsqu’elle fonctionnera à pleine capacité, bien que Daimler n’ait pas encore dévoilé ses prévisions en matière d’emplois ou de capacité de production.

La construction devrait commencer plus tard cette année, une fois l’emplacement définitif choisi. L’entreprise n’a pas non plus dévoilé le montant de l’investissement, précisant que ces détails seront communiqués à une étape ultérieure du projet.

DTNA exploite actuellement des usines de production en Caroline du Nord et en Caroline du Sud, tandis que son siège social, ses activités d’ingénierie et son centre d’essais récemment inauguré sont situés à Portland, en Oregon. Les dirigeants ont souligné que ces installations continueront de jouer un rôle central dans les activités nord-américaines de l’entreprise.

«Cette usine vise à compléter notre réseau de production existant», a affirmé M. O’Leary. «Nos usines actuelles demeurent essentielles à notre réussite.»


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